Macro-économie / Taux / Chine / Donald Trump / droits de douane
Macro-économie / Taux
Chine / Donald Trump / droits de douane
Un 9 juillet qui ne serait qu’un accélérateur de frictions commerciales / La pause en vigueur demeure coûteuse pour la Chine et les Etats-Unis
Un jeu perdant-perdant. Ce n’est pas une surprise tant la politique commerciale menée par Donald Trump, le président américain, suscite la désapprobation des économistes cependant les scénarios dessinés par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) sont instructifs sur plusieurs plans. L’application des droits de douane réciproques annoncée le 2 avril aurait un impact similaire sur les deux rives du Pacifique où l’activité économique serait amputée de près de 1 % du PIB sur le moyen terme.
L’écart bien que réel demeure ténu avec les conséquences de la pause actuelle, de quoi accréditer les travaux selon lequel l’incertitude demeure néfaste pour l’économie au même titre que le niveau des droits de douane. Les auteurs - avec Antoine Bouët le directeur du CEPII en chef de file – considèrent la séquence comme un "répit en trompe-l’œil" et arguent que "même sans retour aux 'droits de douane réciproques', le niveau moyen de protection tarifaire reste nettement supérieur à celui observé avant le 20 janvier ". L’optimisme n’est pas de mise et ils ne font pas de ce mercredi l’alpha et l’oméga des relations avec Washington ; les échanges commerciaux avec l’autre côté de l’Atlantique semblant voués à devenir tant plus coûteux que plus difficiles.
Entre deux feux
C’est peu dire que Donald Trump ne porte pas le Vieux continent dans son cœur, néanmoins les chiffres communiqués par le CEPII évoquent des "conséquences macroéconomiques [qui] resteraient limitées pour les pays européens". Ce sont certains secteurs bien précis qui feraient les frais du conflit commercial, notamment les véhicules et pièces détachées en Allemagne et les équipements de transport dans l’Hexagone avec des baisses d’activités respectives de 14,1 % et 8,5 % dans le cas où la pause n’est plus à l’ordre du jour.
De l’autre côté du Rhin on peut s’attendre à voir le PIB baisser de près 0,9 % si toutes les mesures du 'Liberation Day' sont mises en œuvre. A en écouter les équipes du CEPII cette mauvaise nouvelle provient essentiellement "des surcharges tarifaires américaines relativement élevées sur les véhicules et les pièces détachées (+ 25 pp) et de l’importance de ce secteur dans l’activité allemande : 10,8 % de la valeur ajoutée totale des biens en Allemagne, contre 3 % en France, 3,5 % en Italie". Un maintien de la pause ne serait pas aussi mirobolant étant donné que l’activité du secteur automobile en Allemagne serait attendue en recul de près de 8,3 %.
Structurel
Une exposition considérablement moins importante à l’économie américaine permet à l’Europe de limiter les dégâts comparés à des nations comme le Mexique. Les équipes du CEPII rappellent que le marché américain représente entre 6 et 11 % des exportations de biens des pays de l’Union européenne contre 80 % pour le Mexique. L’avenir n’est pas au beau fixe néanmoins avec tant pour ce pays que la Corée du Sud et le Mexique la perte d’un "accès privilégié au marché américain pour être finalement sanctionnés par des droits de douane moyens compris entre 10 % et 20 %". Même son de cloche pour l’Hexagone avec des importations à destination des États-Unis qui sont pour l’heure taxées à 13 % en moyenne, bien loin des 3 % précédemment anticipées.
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