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obligations; géopolitique; économie

Macro-économie / Taux / vénezuela / Donald Trump / Etats-Unis

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L’incertitude au Venezuela rajoute un soupçon de risque géopolitique / Les implications pour l’économie sont multiples

Le sort du régime vénézuélien ne saurait être résumé à ses seules implications pour l’or noir, quand bien même les réserves y sont conséquentes – cependant force est de constater que les marchés financiers ne s’affolent pas pour l’heure. Les analystes soulignent néanmoins que le surcroît d’instabilité s’ajoute à un environnement mondial déjà dégradé.
Drapeau du Venezuela. Photo by Mauro Ujetto / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Drapeau du Venezuela. Photo by Mauro Ujetto / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Une nouvelle pièce dans la machine. C’est peu dire que l’économie internationale est déjà largement sujette à l’incertitude, qu’elle provienne des niveaux de dettes publiques élevés, des conflits armés ou commerciaux. L’année qui vient de commencer n’échappera pas à cette donne et ce sans nécessairement qu’une violente crise survienne.

C’est notamment la thèse de John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, qui a récemment répondu aux questions de WanSquare, celui-ci expliquant cette semaine que "le contexte international reste instable, avec une multiplication des zones de friction (le Venezuela en est une) et une normalisation des conflits de basse intensité", autant de raisons qui lui font croire que l’issue de la crise au Venezuela pourrait bien contribuer à "perturber les chaînes d’approvisionnement, les flux énergétiques et les décisions d’investissement".

 

Lueurfcité

 

Certains acteurs mettent cependant en avant des évolutions potentiellement bénéfiques, c’est le cas de Hakan Kaya, Senior Portfolio Manager chez Neuberger Berman. Lequel souligne qu’une possible "fin de la pression militaire vénézuélienne sur le Guyana constitue un facteur favorable à la stabilité du développement offshore et à la fiabilité de l’offre régionale". Cependant, l’expert s’interroge également sur le sort réservé au pétrole extrait au Venezuela, en écho aux importants investissements à consentir pour y relancer la production et constate que l’importance accordée à la souveraineté énergétique est susceptible d’y jouer un rôle essentiel. Il relève en effet que "cette concurrence pour sécuriser des volumes physiques et des stocks pourrait soutenir la demande structurelle et renforcer l’attrait de l’investissement pétrolier à long terme ".

Ce n’est cependant pas la seule façon d’apprécier les conséquences de l’arrestation de Nicolás Maduro, les équipes d’AllianzGI considéraient en début de semaine qu’il ne pouvait pas être éludé le regain d’intérêt possible des investisseurs pour le risque politique dans les marchés émergents. Parmi les acteurs intéressés au premier plan par des changements à Caracas, on retrouve les détenteurs d’obligations souveraines vénézuéliennes. Leur situation est peu enviable à en croire les équipes de Natixis CIB, lesquelles jugent que les perspectives d’un début de remboursement restent "incertaines, du moins à court terme. La cessation des paiements par le Venezuela sur ses obligations internationales n’était pas un événement soudain ou isolé ; elle était l’aboutissement d’un effondrement économique, institutionnel et politique prolongé qui a atteint un point d’inflexion décisif à la fin de 2017".

 

Longue attente

 

Pour autant, elles considèrent que la probabilité que ces investisseurs revoient leur argent a augmenté ces derniers jours, la plus grande lueur d’espoir pour ces acteurs serait que "les États-Unis lèvent les sanctions contre le Venezuela grâce à la coopération du gouvernement dirigé par Mme Rodríguez ". Un tel scénario ayant comme conséquence que "la probabilité de remboursement des détenteurs d’obligations augmenterait considérablement", puisqu’il est rappelé qu’au-delà de l’inflation conséquente, d’une économie en récession ou encore d’une production pétrolière en diminution, c’est bel et bien à compter d’août 2017 que "les sanctions financières américaines ont fortement limité la capacité du gouvernement à émettre de nouvelles dettes, à refinancer ses obligations existantes ou à engager légalement ses créanciers dans une restructuration complète, fermant ainsi les derniers canaux de gestion des liquidités".

Conduisant par la suite le Venezuela à échouer à effectuer les paiements de coupons en temps voulu sur plusieurs obligations souveraines et conduisant le pays en défaut technique dès lors que les délais de grâce ont expiré. Une partie du sort des fonds associés est probablement dans les mains de la Maison Blanche, bien que les économistes de Natixis CIB avertissent que "le gouvernement américain n’est pas intéressé par le lancement d’un processus à long terme de reconstruction des institutions vénézuéliennes", ce qui est loin d’être insignifiant.

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