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Chroniques / Jean-Baptiste Noé

Chroniques
Jean-Baptiste Noé

Chronique
Donald Trump en Chine
par Jean-Baptiste Noé

La visite de Donald Trump en Chine marque la clarification du partage du monde. Deux chefs d’État, deux pays pour un monde partagé entre deux influences.

16/05/2026 - 08:25 Lecture 5 mn.

La Chine est la véritable obsession de Donald Trump et des États-Unis. La Russie est, pour eux, un pays périphérique, important dans son rôle de livreur d’hydrocarbures, mais qui n’est plus en état de peser sur la marche du monde. En revanche, depuis son renouveau industriel et technologique, c’est bien Pékin qui intrigue, fascine et inquiète, car c’est ce pays qui est aujourd’hui en mesure de concurrencer les États-Unis.

 

Un océan et des tensions

 

Un océan sépare les deux pays, les États-Unis ayant aussi une projection asiatique, soit directement, par ses bases militaires, soit par ses alliés depuis 1945. Dans les rapports tendus et complexes entre Chine et États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan ne peuvent pas être oubliés.

Les griefs entre les deux pays sont importants. Les États-Unis reprochent à la Chine de disposer d’une monnaie trop faible, ce qui concurrence le dollar et les exportations. Washington reproche aussi à Pékin de ne pas lutter assez durement contre les trafics de drogue, et notamment le fentanyl, qui détruit une partie de sa population. À ces griefs anciens s’ajoute, depuis janvier, la crise en Iran et dans le golfe persique.

La Chine est la première concernée, puisque les hydrocarbures qui transitent par le détroit d’Ormuz sont essentiellement achetés par Pékin, puis par les autres pays asiatiques, dont l’Inde. Ce détroit, d’un point de vue des hydrocarbures, n’alimente pas l’Europe ou les États-Unis, mais d’abord la Chine. Xi Jinping et l’ensemble de l’économie chinoise se retrouvent ainsi victimes directe d’une guerre dont ils n’ont pas voulu, mais dont ils subissent pleinement les conséquences. De quoi tendre davantage les relations entre les deux pays.

 

Contrats « fantastiques »

 

Après deux jours de rencontres, Donald Trump s’est montré tout sourire. Il a assuré avoir signé des accords commerciaux « fantastiques », selon ses propres termes. Le commerce d’abord. Donald Trump se présente en grand VRP de l’Amérique. À défaut de pouvoir résoudre la guerre en Ukraine et de mettre un terme au feu dans le golfe persique, il assure les Américains d’avoir travaillé pour l’industrie du pays. Qui dit contrat dit marchés et donc emplois. « Il en est ressorti beaucoup de positif », a même assuré le président américain, qui estime avoir ainsi bien utilisé ses deux jours passés en Chine.

Il n’est pas certain que le message soit reçu de la même façon aux États-Unis. L’industrie automobile américaine est de plus en plus concurrencée par les voitures chinoises, auxquelles s’ajoute le fait que les autres constructeurs asiatiques, notamment Toyota, sont toujours dans la course à la puissance mondiale.

Les industries américaines, que ce soit dans le textile ou l’informatique, dépendent de la Chine pour la fabrication de ses produits. Si des usines ont pu être délocalisées ailleurs en Asie, notamment au Vietnam et aux Philippines, la prétention de Pékin de vouloir asseoir un contrôle sur le continent asiatique, notamment via sa monnaie – le renminbi – et son système financier, menace la chaîne logistique américaine.

Les années qui s’ouvrent vont être de plus en plus complexes dans les relations sino-américaines. Deux outils vont jouer un rôle crucial, celui de la monnaie et celui des hydrocarbures. Il n’y a pas d’économie sans énergie ni d’échanges sans monnaie. Le contrôle de ces deux outils, et des systèmes financiers qui les accompagnent sont donc essentiels pour maintenir son aura mondiale.

À ces deux outils va s’ajouter le contrôle territorial. Celui du golfe persique et du Moyen-Orient, pour les hydrocarbures, celui des franges asiatiques, pour les chaînes de production logistique. La diplomatie américaine vers la Chine s’accompagne ainsi d’une diplomatie active vers les autres pays d’Asie du Sud. Enfin, le troisième élément clef est celui de la robotisation. Sa maîtrise est essentielle pour gagner des gains de productivité, pour pallier le vieillissement de la population et le manque de main-d’œuvre. C’est autour de ces trois éléments que se joue le bras de fer actuel entre Pékin et Washington.

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