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GTT paie en Bourse le creux de ses commandes de 2025 / Son carnet de commandes frôle pourtant les records
Une sanction boursière brutale. GTT a enregistré ce lundi la plus forte baisse du SBF 120, son titre cédant 12,6 %, à 179,40 euros, en fin d’après-midi, en réaction à la publication vendredi soir d’un chiffre d’affaires trimestriel inférieur aux attentes. Le groupe conçoit les systèmes de confinement à membranes qui équipent les cuves des méthaniers, ces navires qui transportent le gaz naturel liquéfié (GNL) à très basse température. Entre juillet et septembre, ses revenus ont reculé de 13,3 %, à 182,8 millions d’euros, environ 7 % sous le consensus. GTT a pourtant enregistré 80 commandes en neuf mois, dont 71 méthaniers, contre 27 un an plus tôt. Soit la deuxième meilleure performance commerciale de son histoire.
Le contrecoup d’un début 2025 sans commandes
Une envolée des commandes qui ne se traduit pas encore dans les revenus. GTT perçoit en effet des redevances sur sa technologie, comptabilisées au fur et à mesure de la construction des navires. Or, les méthaniers commandés cette année ne seront livrés qu’entre 2028 et 2030. Les revenus d’aujourd’hui reflètent donc les commandes d’hier. Et comme les commandes avaient été peu nombreuses début 2025, moins de navires sont aujourd’hui en construction. S’y ajoute un phénomène ponctuel : certaines livraisons qui avaient été avancées reviennent à leur calendrier contractuel initial, pour un impact inférieur à 2 % du chiffre d’affaires sur neuf mois. « Personne ne parle de renégociations, de reports ou de quoi que ce soit de ce genre », a insisté François Michel, le directeur général, évoquant « un effet de stock ».
Mais le marché espérait aussi un signal plus favorable pour la fin de l'année. Après un premier semestre solide, certains analystes espéraient voir GTT privilégier le haut de ses fourchettes annuelles, comprises entre 740 et 780 millions d’euros de chiffre d’affaires et entre 490 et 530 millions d’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Le groupe s’est contenté de les confirmer. « Le contexte géopolitique est très incertain, et nous préférons donc maintenir aujourd’hui les objectifs 2026 », a justifié son dirigeant, alors que la circulation dans le détroit d’Ormuz reste perturbée. Le rythme des commandes a lui aussi nettement ralenti au troisième trimestre, avec 15 méthaniers contre 56 au premier semestre.
Des usines de GNL qui attendent leurs navires
Une faiblesse à court terme qui contraste avec la solidité du carnet de commandes. Évalué à 1,85 milliard d’euros, celui-ci figure parmi les plus élevés de l’histoire de GTT. Le groupe a déjà sécurisé 655 millions d’euros de revenus pour 2027 et 603 millions pour 2028, contre respectivement 542 et 286 millions fin 2025, relève le bureau d’analyse financière Oddo BHF. Et le potentiel commercial est loin d’être épuisé. Depuis janvier 2025, les décisions d’investissement dans de nouvelles usines de liquéfaction portent sur 135 millions de tonnes de capacité annuelle, et ces installations auront besoin de méthaniers pour exporter leur production. Or, seules 21 des 71 commandes reçues cette année sont liées à ces projets, dont les besoins sont estimés à plus de 250 navires par Oddo BHF.
Reste une inconnue : le calendrier de ces futures commandes. Les promoteurs des projets de liquéfaction peuvent en effet attendre jusqu’à trois ans après leur décision d’investissement pour commander les navires. « Nous pourrions en recevoir cent comme nous pourrions n’en recevoir aucune », a prévenu François Michel, qui assure néanmoins ne constater « aucun ralentissement dans la dynamique des discussions ». « L’accélération des commandes depuis le [second semestre] 2025 permet d’anticiper une inflexion de l’activité en 2027 », estime Oddo BHF, qui prévoit une progression de l’Ebitda de 5 % en 2027, avant une accélération à plus de 10 % en 2028. Les analystes d’UBS voient, de leur côté, cette dynamique se prolonger jusqu’à la fin de la décennie, avec des bénéfices susceptibles de dépasser les prévisions actuelles du marché, grâce à la hausse des commandes de méthaniers.
Une succession désormais achevée
GTT a également annoncé vendredi le départ, le 16 novembre, de Philippe Berterottière de la présidence du conseil d’administration. La nomination de Catherine Ronge achève ainsi la succession organisée au sommet du groupe après l’arrivée de François Michel à la direction générale début 2026.
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