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exclusif Comment Euronext a choisi le successeur de Stéphane Boujnah / Une décision surprise, appuyée par les membres indépendants de son conseil de surveillance

EXCLUSIF. S’il était connu que l’actuel patron d’Euronext quitterait ses fonctions en mai 2027, le nom dévoilé lundi de son successeur, David Knibbe, était moins attendu. Alors que le sommet de la gouvernance du groupe ne comptera plus d’incarnation française à l’avenir, ce sont les membres indépendants du conseil de surveillance qui auraient fait bloc, en majorité, pour appuyer cette nomination externe. Deux raisons auraient conduit à cette décision, arrêtée en coulisses.
02/11/2026 - 18:20
(Photo de Benjamin Polge/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP)
(Photo de Benjamin Polge/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP)

Euronext a trouvé le successeur de Stéphane Boujnah, non sans déjouer les pronostics. C’est par un communiqué, publié lundi matin, que l’opérateur boursier a fait savoir qu’il prévoyait de proposer la nomination de David Knibbe comme directeur général et président du directoire du groupe lors de sa prochaine assemblée générale. Elle se tiendra le 20 mai 2027. David Knibbe, Néerlandais, est le directeur général de l’assureur NN Group depuis 2019. Il sera installé à Paris, aura un contrat de droit français et reprendra ainsi les rênes de la direction d’Euronext, qui étaient tenues depuis 2015 par Stéphane Boujnah.

Cette nomination a fait l’objet de négociations serrées au sein du conseil de surveillance du groupe, présidé par l’Italien Piero Novelli, dont il s’agit des prérogatives… mais sans aucune concertation avec Stéphane Boujnah. Selon nos informations, ce dernier n’a été aucunement impliqué dans le processus et n’a été informé du nom de son successeur que la semaine dernière.

Le départ de Stéphane Boujnah ne constitue pas une surprise. La décision de l’actuel patron d’Euronext de quitter ses fonctions en 2027 était connue depuis quelque temps. Il avait d’ailleurs préparé deux candidats internes à sa succession : le Français Camille Beudin, responsable de la diversification du groupe et son directeur financier, l’Italien Giorgio Modica. Ils ont tous deux participé aux entretiens et autres procédures de recrutement lancés en février dernier et confiés au cabinet de chasseur de têtes Egon Zehnder.

 

Revirement en juin dernier

 

De sources concordantes, Camille Beudin était donné grand favori au mois de juin. Mais c’est alors que le conseil de surveillance aurait commencé à soulever la question du choix entre la continuité ou le changement à la direction du groupe. Les tractations ont ainsi repris, avant que le dénouement ne se joue la semaine passée. Une clause datant de la création d’Euronext il y a vingt-cinq années et stipulant que la direction générale du groupe devait être tournante en termes de nationalité, a été avancée pour que le choix se porte sur un candidat néerlandais. Elle avait, jusqu’alors, toujours été occupée par un Français. Sur recommandation du comité des nominations le choix du « supervisory board », ayant examiné plusieurs candidatures « au regard des priorités stratégiques et des ambitions de long terme du groupe », s’est donc finalement porté sur un profil externe non attendu. Cette nomination a été approuvée avec sept votes pour et trois contre, et un bloc presque unanime du côté de ses membres indépendants.

Le conseil de surveillance d’Euronext compte en effet 10 membres, dont deux Français. Trois sont non-indépendants et ont été proposés par les actionnaires de référence du groupe : Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (8,08 % du capital), Francesca Scaglia (directrice des risques de la Cassa Depositi e Prestiti italienne, 8,08 % du capital) et Koen van Loo (directeur général de la Société Fédérale des Participations et d’investissement belge, 5,34 % du capital).

 

Une déception

 

Cette nomination laisse nécessairement un goût de déception au camp français, ayant été mobilisé pour que la gouvernance opérationnelle du groupe reste sous pavillon tricolore. Euronext est classé comme l’une des participations stratégiques de la Caisse des Dépôts, car contribuant à la souveraineté financière du pays. La majorité de ses effectifs et de ses centres de décision reste installée dans l’Hexagone.

Stéphane Boujnah quittera en tout cas Euronext sur un bilan prolifique. Au cours de ses plus de dix ans de mandat, le groupe a complètement changé d’échelle, sur le plan géographique comme de ses activités. Sa conquête européenne, menée à renfort d’acquisitions de places boursières, s’est accompagnée d’une vaste diversification de ses activités, également soutenue par la croissance externe pour faire de sa plateforme un marché réellement intégré et réduire sa dépendance aux volumes de transaction. Une transformation qui a fait ses preuves sur le plan des résultats financiers. Au dernier relevé, cet été, le groupe signait son onzième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres, tant du côté de l’activité, de la progression de sa marge d’Ebitda que de son bénéfice net. Une ascension également remarquée sur les marchés, puisqu’Euronext a été consacré par son entrée au CAC 40 en septembre 2025. À la suite de l’annonce faite ce lundi matin, le titre Euronext a reculé tout au long de la séance, pour clôturer sur une baisse de près de 3,5 %. Le choix du nouveau directeur général n’a pas convaincu les investisseurs.

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