Macro-économie / Taux / Chine / France
Macro-économie / Taux
Chine / France
Des importations chinoises dont la France est de plus en plus friande / L’accès à des intrants à coût réduit profite à certains
Une guerre commerciale qui ne détourne pas les flux d’exportations chinoises de la France et du Vieux continent. Bien au contraire puisque dès lors que les portes du marché américain se referment, il faut rapidement trouver de nouveaux débouchés pour Pékin pour exporter ses surcapacités de production qui ne peuvent s’écouler dans le seul marché domestique. Les chiffres de la Banque de France font état d’une hausse en volume de 5 points pour la part de la Chine au sein des importations françaises de biens industrielles entre 2017 et mi-2025.
Une double lame se dessine même à en écouter Mélanie Coueffé, économiste à la Banque de France. Celle-ci explique qu’il est à craindre que la concurrence chinoise devienne de plus en plus forte. Dans une étude publiée par l’institut d’émission, elle distingue deux canaux à travers lesquels cette hausse se répercute à l’économie, que ce soit sur le marché national avec un afflux d’importations provenant de Chine ou encore à l’export avec une concurrence accrue des producteurs chinois pour s’accaparer les parts de marché. Une mauvaise nouvelle qui concerne également nombre d’autres pays de la zone euro.
Hétérogène
À l’inverse, certains secteurs trouvent leur compte dans une baisse du prix des importations leur permettant de diminuer leurs coûts de production et de soutenir leur compétitivité. Une hypothèse à creuser pour les intrants intermédiaires utilisés dans les processus de fabrication sur le sol tricolore, on compte notamment parmi ceux que la France consomme le plus les équipements électriques, les produits informatiques et électroniques, les machines, les produits métalliques, les produits chimiques ou encore les produits en caoutchouc-plastique.
L’économiste expose que pas moins de « 25 % des équipements électriques importés pour servir d’intrants intermédiaires proviennent de Chine ». Des équipements qui sont largement mobilisés dans leurs process par la construction, l’automobile, la fabrication de machines et équipements, ainsi que l’agriculture. Autant de gagnants potentiels de la hausse du nombre d’importations d’intrants en provenance de Chine ou d’ailleurs à moindre coût. D’autres secteurs sont quant à eux tout autant concernés mais cette fois-ci ont davantage à craindre qu’à espérer.
Encaisser
Le mal est en partie déjà fait, l’exposition somme toute limitée de l’industrie française à la concurrence chinoise s’explique notamment par le fait que sur de nombreux segments les importations tricolores ne concurrencent pas la production domestique. L’économiste explique qu’environ la moitié des importations françaises de produits électroniques grand public, de téléphones et équipements de communication, d’ordinateurs, d’appareils ménagers et d’articles de sport, jeux et jouets provient de Chine et que cela concerne essentiellement des « biens désormais peu fabriqués en France. »
De quoi néanmoins limiter les velléités d’investissement de la part d’acteurs industriels nouveaux ou cherchant à se diversifier tant la forte compétitivité chinoise laisse peu de place à de futures initiatives. D’autant plus qu’ils peuvent avoir en tête les difficultés auxquelles font face les fabricants de produits métalliques et les entreprises de la chimie. Les premiers devant affronter à la fois la hausse des coûts de l’énergie et ainsi que le ralentissement de certaines branches clientes, dont font partie l’automobile et la construction. L’industrie chimique connaît, elle, à la fois une hausse de ses coûts de production et de la concurrence internationale. Des dynamiques dans lesquelles à chaque fois les exportations chinoises ne sont pas étrangères.
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