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Macro-économie / Taux / cae / France

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Cet effort sur l’éducation qui pourrait redresser la France / Le Conseil d’analyse économique propose de transformer l’école

Un programme ambitieux de près de 4 milliards d’euros qui doit permettre à la France de rattraper le retard accumulé ces dernières années. Le Conseil d’analyse économique constate que rien qu’en mathématiques, c’est l’équivalent d’une année d’apprentissage qui a été perdue depuis le milieu des années 1990. En mettant à profit les économies dégagées par la baisse de la démographie, il serait possible d’y remédier. Une piste parmi d’autres pour concilier le redressement du modèle productif et social hexagonal avec celui de nos finances publiques.
Salle de classe. Photo par ELISE CABANE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Salle de classe. Photo par ELISE CABANE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Une première en plus d’une décennie. Voici que l’ensemble des membres du Conseil d’analyse économique (CAE) vient de signer collectivement une note, ce qui ne s’était plus produit depuis 2014, destinée à proposer une stratégie économique de rupture pour la France. Un travail pour le moins volumineux avec pas moins de huit focus donnant naissance à quarante recommandations détaillées. Pas de quoi être exhaustif pour autant à les écouter. Il faut dire qu’il est fait le choix de retenir deux priorités : d’une part, renforcer la résilience de l’Hexagone face à tout type de choc – climatique ou commercial – et, d'autre part, relancer le moteur productif et social français.

De quoi expliquer la large part des propositions consacrées au retard français en termes d’éducation, un sujet définitivement cher aux membres du CAE. Certains ayant déjà proposé un plan d’action pour rattraper le retard français. Il est à nouveau question de financer cet effort par le dividende offert par la démographie française déclinante. Un gain estimé à quelque 5 milliards d’euros en 2035, qui permettrait donc de financer un programme estimé à 4 milliards d’euros par an. Lequel conjuguerait à la fois meilleure formation des enseignants, des fonds alloués au tutorat ou encore une réduction substantielle de la taille des classes.

 

Ambition

 

Comme il y a quelques semaines, c’est un plan sur dix ans qu’il est proposé de mettre en œuvre. L’objectif d’une telle articulation étant à la fois de regagner une année d’apprentissage en fin de collège et de réduire d’un quart les écarts entre milieux sociaux. Cependant cet effort massif ne saurait faire l’économie d’un volet de la politique publique consacré à la relance de la productivité. Régulièrement mise en avant tel le cœur de l’explication du décrochage tricolore, une proposition suggérée par les membres du CAE est celle de « faire de la diffusion technologique une politique publique à part entière, notamment auprès des PME et des ETI. »

Le succès de France 2030 inspire également les économistes, lesquels considèrent qu’il faut bâtir un programme appelé « France 2040 ». Ce dernier serait doté de près de 6 milliards d’euros par an pendant dix ans et se concentrerait sur les questions liées à l’IA, à la transition énergétique ou encore aux technologies duales. Des ambitions qui n’exonèrent pas la France de se lancer dans le chantier de la dette, une stabilisation de cette dernière est ainsi recommandée à l’horizon 2032 avec pas moins de la moitié de l’effort budgétaire total – 125 milliards d’euros – à engager lors des deux premières années. Le choix a été fait par le CAE de ne pas se prononcer sur les mesures à retenir, mais d’en proposer pas moins de 150, chacune assortie d'un chiffrage afin de nourrir le débat public. Pas une mince affaire puisqu’il est conseillé d’y adjoindre un effort de défense porté vers 3,5 % du PIB en 2035.

 

Rediriger

 

Reprenant des arguments maintes fois mobilisés par la littérature scientifique, les chercheurs s’attaquent également aux trappes à bas salaire. Un rapide rappel historique permet de constater que la moindre compétitivité française en termes de coût du travail au niveau du Smic appartient au passé. Désormais c’est le contraire puisque l’Hexagone est extrêmement bien positionné dorénavant. De quoi justifier un redéploiement conséquent des quelque 77 milliards d’euros par an d’allègements généraux de cotisations. Le choix retenu par le CAE étant celui d’une désindexation progressive « des allègements au niveau du SMIC et de réorienter les moyens vers les jeunes en difficulté d’insertion, les seniors et les personnes durablement éloignées de l’emploi. »

Plusieurs ruptures majeures sont également proposées, allant d’une mise en œuvre d’une Allocation sociale unifiée, laquelle contiendrait la hausse de la pauvreté et serait mieux ciblée que les aides actuelles. Les autres virages concernent l’anticipation du marché carbone européen ETS 2, laquelle pourrait permettre d’allouer des fonds à la compensation directe des ménages vulnérables via ce ‘dividende carbone’. Enfin un plaidoyer en faveur d’une politique commerciale européenne renouvelée est formulé ; les économistes y encouragent largement Bruxelles à se saisir de l’instrument anti-coercition, à faire usage des instruments de défense commerciale ou encore à faire preuve de finesse dans l’usage des droits de douane.

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