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Banques; stress test; Banque de France

Macro-économie / Taux / France / acpr / BCE

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France / acpr / BCE

Les banques tricolores avancent sur les risques liés au climat et à l’environnement / Elles ne sont pas au bout de leurs peines pour autant

Un écosystème hexagonal qui prend peu à peu forme, entre attentes de supervision désormais définies par l’ACPR et Francfort et évolutions des pratiques dans les établissements bancaires français. Les risques liés au climat et à l’environnement semblent effectivement dorénavant mieux pris en compte, cependant les équipes de la Banque de France constatent que ces avancées sont encore hétérogènes et demandent à être généralisées.
Incendies en Europe. Photo par MURAT KOCABAS / AFP
Incendies en Europe. Photo par MURAT KOCABAS / AFP

Des encouragements plutôt que des félicitations. La prise en compte du changement climatique et de la dégradation de la nature associée est de mieux en mieux prise en compte par les banques françaises, en lien avec les avancées des autorités de supervision. On se félicite chez Jules Rostand et Sarah Kaber, économistes à la Banque de France, des avancées permises par un trio bien particulier. Celui-ci étant composé à la fois d’une injonction - depuis 2026 - à élaborer un plan de transition prudentiel, à laquelle s’ajoutent de plus longue date le renforcement de la supervision ainsi que le développement d’outils prospectifs.

On retrouve parmi ces derniers les stress tests et autres scénarios utilisés par différents établissements bancaires. Les résultats ne se sont pas fait attendre puisque la revue thématique sur les risques liés au climat et à l’environnement menée entre 2022 et 2024 par la Banque centrale européenne (BCE) a permis de constater les progrès de certains des établissements les plus significatifs. Les deux auteurs notent que cette revue était assortie de sanctions potentielles et « a permis d’enregistrer des progrès notables : alors qu’en 2022 aucun grand établissement bancaire français ne présentait de pratiques jugées avancées, plus d’un tiers étaient considérées comme telles fin 2024. »

 

Passer la seconde

 

Néanmoins tout n’est pas idyllique, que ce soit en termes de pratiques en matière de stratégie, de gouvernance ou d’intégration dans la gestion des risques. Sur la question de la classification des contreparties, seuls certains établissements auraient développé afin de tenir compte de l’impact du risque climatique sur leur risque de crédit et en « tenant compte de leur profil d’émissions de CO₂, de leur sensibilité aux risques (approches sectorielle et géographique) et de leur capacité d’adaptation. » Un constat nuancé partagé à Francfort où le constat de retards pris par certains établissements dans leur évaluation des risques, a entraîné des astreintes financières pour la période où ces banques ont manqué à leurs obligations. Deux grandes banques européennes ont été concernées, une telle mesure peut aller jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires journalier moyen de la banque et ce sur une durée maximale de 6 mois.

On insiste chez les auteurs sur la nécessité de mettre en place une meilleure quantification du risque et ce tout particulièrement au vu du risque de dégradation du PIB mondial à l’horizon 2050. Les différents scénarios de long terme du réseau pour le verdissement du système financier s’en font l’écho en évoquant tant les risques physiques, que les différents coûts d’ajustement associés à une transition désordonnée. Sans oublier pour autant d’évoquer les effets dévastateurs d’une succession de chocs climatiques extrêmes, pouvant provoquer des pertes « allant jusqu’à 7,4 % sur une année en France dans le cas d’une combinaison de vagues de chaleur, sécheresses et feux de forêts à l’échelle du continent. »

 

Anticiper

 

La réalisation de tels scénarios entraînerait des conséquences des plus concrètes pour les différentes banques, les exposant à une potentielle hausse marquée des probabilités de défaut d’une part non négligeable de leurs contreparties. La littérature pèche à ce sujet malheureusement et on attend chez Jules Rostand et Sarah Kaber que les travaux actuels portant sur les risques climatiques au sens strict - donc à même de produire une estimation basse des risques environnementaux – soient enrichis par la production en cours. Engagée tant par les banques centrales que par les superviseurs, celle-ci vise à couvrir un champ plus large de risques financiers liés à la dégradation de la nature. Relatant ce qui est fait en France, où il est expliqué « que les premières tentatives de quantification menées depuis 2021 devraient progressivement s’affiner, avec le lancement en juillet 2026 de la Chaire ‘Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature’. » Pas de quoi exonérer les différents établissements de poursuivre leurs efforts.

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