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Zone euro : une croissance qui vient en très grande partie d’ailleurs / Les travailleurs étrangers y ont contribué massivement depuis 2019
La croissance de la zone euro peut remercier l’immigration. Alors que le Produit intérieur brut (PIB) des Vingt pays la composant a progressé de près de 5 % depuis la fin 2019 (jusqu’à fin 2024), quatre économistes de la Banque centrale européenne (BCE), Oscar Arce, Agostino Consolo, António Dias da Silva et Marco Weissler, se sont essayés à en trouver la source en analysant le marché de l’emploi et en effectuant une distinction entre l’évolution de la situation pour les travailleurs "nationaux" et étrangers.
"Nous nous concentrons exclusivement sur la dynamique de la main-d’œuvre des travailleurs étrangers et sur l’impact direct probable sur la croissance économique. Nous n’analysons pas les autres conséquences économiques et sociales de l’immigration ", préviennent les chercheurs.
Et elle aurait joué un grand rôle. En effet, certes, le taux d’emploi des travailleurs "nationaux" a progressé mais il n’a fait que légèrement sur-compenser la légère contraction de la population en âge de travailler. Il ressort en fait que près de 90 % de la croissance trouverait son origine dans l’immigration à travers deux facteurs.
D’une part, la population d’âge actif (nombre de participants au marché du travail rapporté à la population en âge de travailler) des travailleurs étrangers a fortement augmenté. Bien qu’elle ne représente qu’environ 9 % de la main-d’œuvre totale en 2022, elle est à l’origine de la moitié de la croissance de la main-d’œuvre au cours des trois dernières années, ce qui équivaut à 3,1 millions de travailleurs supplémentaires. D’autre part, le taux d’emploi (nombre de personnes en emploi rapporté à la population en âge de travailler) des travailleurs étrangers a lui aussi connu un bond depuis 2019.
"Les travailleurs étrangers ont contribué à élargir l’offre de main-d’œuvre, à atténuer les pénuries de main-d’œuvre et à soutenir la croissance économique, le tout dans un contexte de tensions sur les marchés du travail", soutiennent les chercheurs.
Une hétérogénéité significative se fait jour entre les différents pays de la zone euro quant à l’importance de la contribution des travailleurs étrangers à la croissance.
Les pays ayant des taux d’activité relativement plus faibles - comme l’Italie - ont connu une augmentation de la croissance économique soutenue par des taux d’activité plus élevés des nationaux. Dans ces pays, les travailleurs étrangers n’ont pas contribué de manière substantielle à l’emploi et donc à la croissance de la production. "En revanche, dans les pays à fort taux d’activité qui connaissent un déclin de leur population en âge de travailler - comme l’Allemagne - les travailleurs étrangers ont contribué à atténuer les effets du vieillissement de la population et de la diminution de la main-d’œuvre nationale", indique l’étude.
En France et aux Pays-Bas, les travailleurs étrangers ont également apporté des contributions notables, bien que moins importantes - en termes relatifs - qu’en Allemagne et en Espagne.
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