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Macro-économie / Taux / BCE / Christine Lagarde / europe

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BCE : Christine Lagarde se défend d’avoir effectué une hausse des taux préventive / Une décision présentée comme sensée à moyen terme

Pour la première fois depuis l’été 2023, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs en lien avec l’accroissement du prix des hydrocarbures. Alors que d’aucuns estiment ce mouvement précipité, Christine Lagarde, présidente de la BCE, indique qu’il a du sens dans un vaste panel de scénarios.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Photo par KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Photo par KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Une première depuis septembre 2023. La Banque centrale européenne (BCE) a augmenté ses taux d’intérêt directeurs en réponse à un nouveau choc énergétique, cette fois-ci en provenance du Moyen-Orient. Le principal instrument de conduite de la politique monétaire qu’est le taux d’intérêt de la facilité de dépôt s’établit ainsi désormais à 2,25 %.

Une décision liée au fait que la BCE a relevé ses prévisions d’inflation en zone euro pour les années à venir. En effet, elle s’attend à ce qu’elle atteigne en moyenne 3 % en 2026, 2,3 % en 2027 et 2 % en 2028. Lors de sa conférence de presse, Christine Lagarde, présidente de l’institution de Francfort, a indiqué que par rapport aux projections de mars, les services de l’Eurosystème avaient revu à la hausse leur projection centrale pour l’inflation en 2026 et 2027, en raison d’une trajectoire plus élevée des prix de l’énergie, qui, dans une certaine mesure, devrait alimenter la hausse des prix des produits alimentaires, des biens et des services.

Certains observateurs jugent que la BCE a réagi de manière prématurée à ce choc en raison des faibles retombées, jusqu’à présent, sur les prix à la consommation (hors énergie). Cette hausse des taux, prise à l’unanimité du Conseil des gouverneurs, est qualifiée ainsi de « préventive ». Christine Lagarde a jugé ce diagnostic erroné pour plusieurs raisons. « Le choc énergétique s’avère plus durable que ce que les experts en géopolitiques attendaient et nous commençons à voir qu’il se diffuse de plus en plus dans l’économie à travers des effets évidemment directs mais aussi indirects », a-t-elle déclaré.

D’autre part, la Française a rapporté que la BCE n’avait pas seulement mis à jour son scénario central à propos de l’inflation à horizon 2028 mais aussi ses projections plus défavorables tandis qu’elle a aussi dévoilé un nouveau scénario dit favorable. Or, « la décision que nous avons prise aujourd’hui d’augmenter les taux directeurs de 25 points de base est pertinente dans l’ensemble de ces scénarios. Sans elle, l’inflation se situerait au-dessus de sa cible à moyen terme », a-t-elle fait valoir.

Sans surprise, la banquière centrale a refusé de donner des indications quant au prochain mouvement de taux d’intérêt. "Le Conseil des gouverneurs ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière", a-t-elle déclaré, indiquant que ses décisions en la matière seront fondées sur son évaluation "des perspectives d’inflation et des risques qui les entourent, compte tenu des données économiques et financières disponibles, de la dynamique de l’inflation sous-jacente et de la force de la transmission de la politique monétaire".

Pour Carsten Brzeski, économiste chez ING, l’avertissement selon lequel les pressions inflationnistes s’étendent à un plus grand nombre de secteurs, ainsi que l’accent mis sur les effets indirects de plus en plus larges de la hausse des prix de l’énergie sous-entend que la hausse des taux d’aujourd’hui n’est probablement pas la dernière. "Une seconde hausse des taux en juillet ou en septembre est devenue plus probable", estime-t-il. De son côté, Mark Wall, chef économiste Europe chez Deutsche Bank, juge que la hausse de taux en septembre sera la dernière."Certes, les risques pesant sur l’inflation sont orientés à la hausse, mais les risques pesant sur la croissance sont, eux, orientés à la baisse", justifie-t-il.

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