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Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Asie centrale / europe / croissance

Macro-économie / Taux
Banque Mondiale / Asie centrale / europe / croissance

Une croissance plus faible qui pourrait s’en remettre à l’IA / La Banque mondiale y voit une solution possible face au défi démographique

Des chiffres de la croissance loin d’être prometteurs en Europe et en Asie centrale. La Banque mondiale délivre dans son dernier point économique le message d’une croissance dans la zone attendue à 2,2 % cette année, une diminution par rapport aux 2,6 % enregistrés en 2025. Une dynamique maussade pour l’ensemble de la région qui paradoxalement aurait mieux résisté que prévu aux perturbations touchant les matières premières.
IA. Photo par RABIA AYDOGDU / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
IA. Photo par RABIA AYDOGDU / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

Un salut pouvant venir de l’intelligence artificielle. Le soutien de celle-ci serait bienvenu tant en Europe centrale et orientale qu’en Asie centrale à en croire la Banque mondiale. Pour celle-ci, les économies en développement de la région arriveraient à résister pour l’heure grâce à un cocktail bien particulier, mêlant sobriété dans la consommation d’énergie, demande intérieure solide et renforcement des politiques publiques. Ce qui n’est pas considéré comme une solution d’avenir, tant il s’agit plus de faire le dos rond face à une conjoncture dégradée que de relancer la machine durablement.

Les solutions existent pourtant à en croire Antonella Bassani, vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Europe et l’Asie centrale, laquelle considère qu’il est possible d'affronter la baisse de la population en âge de travailler attendue dans les prochaines années, notamment en améliorant la productivité. Elle considère qu’une des façons d’y parvenir serait pour ces pays d’exploiter « le potentiel de l’intelligence artificielle en renforçant les compétences fondamentales en matière d’éducation et de gestion, tout en préparant le marché du travail et les institutions de protection sociale à cette mutation profonde. » L’IA ne serait donc pas l’apanage des seules économies avancées et au contraire devrait largement bénéficier aux économies en développement.

 

Deux vitesses

 

Toutes les économies de cette vaste région du monde ne sont néanmoins pas logées à la même enseigne, puisque là où l’Asie centrale signe la croissance la plus rapide, près de 5,8 % en 2026, ce qui est nettement supérieur à d’autres géographies. La Pologne se distingue ainsi en Europe centrale avec une croissance qui arrive à se maintenir à 3,6 %, là où l’Ukraine souffre encore des dégâts de l’invasion russe et verrait sa croissance ralentir à 1,2 %. Il faut dire que la croissance est pour le moins atone dans l’Union européenne et qu’une grande partie de ses membres voit ses habituelles forces économiques vaciller. C’est notamment le cas de celles liées à l’automobile.

De quoi d’autant plus l’exposer à une série de risques baissiers dans les semaines à venir et de nature particulièrement variée. Ils vont en effet de perturbations commerciales additionnelles à une hausse supplémentaire des coûts de l’énergie concomitante ou non avec une hausse de ceux des transports et des engrais. L’ombre du resserrement des conditions de financement plane également sur l’ensemble des économies, tout comme celle d’une météo défavorable. Sans oublier que lorsque tout va bien au sein de ses frontières, il est possible que ses principaux partenaires commerciaux marquent le pas.

 

Capable

 

Pour autant, la Banque mondiale pense que l’ensemble des pays examinés ont les moyens de s’emparer des opportunités offertes par l’IA. Lorsqu’il faut compter les atouts présents, elle relève qu’il y existe à la fois une couverture mobile quasi universelle, des coûts énergétiques compétitifs et enfin un véritable vivier de talents techniques. Malheureusement le tableau comporte également des ombres à même de freiner l’adoption de l’IA. Il est notamment question d’un manque de compétences fondamentales en matière d’éducation et de gestion, d’une absence de données intégrées et interopérables et enfin de capacités informatiques insuffisantes.

Des difficultés à assimiler l’IA que la Banque mondiale retrouve malheureusement dans les différentes données à sa disposition. Alors même qu’un salarié sur cinq – essentiellement des jeunes et des personnes ayant un niveau d’études élevé – occupe un poste fortement exposé à l’IA, il s’avère que seulement une entreprise sur dix a recours à l’IA et bien souvent pour des tâches élémentaires.

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