Macro-économie / Taux / Allianz Trade / El Nino / europe
Macro-économie / Taux
Allianz Trade / El Nino / europe
La facture climatique sera lourde dès cette année / El Niño ne devrait rien arranger
Le meilleur n’est pas encore à venir. En tout cas pas tout de suite, principalement en raison de l’arrivée prochaine du très redouté El Niño. Bien que ce dernier ne soit jamais exactement le même que ce soit en termes de durée ou bien encore d’intensité, les données compilées à l’occasion de son apparition en 2023-2024 donnent un ordre d’idée de l’ampleur des dégâts possibles. Un travail auquel se sont livrées les équipes d’Allianz Trade, lesquelles ont procédé à un calibrage en fonction des réponses thermiques des différents pays à cette occasion.
Les chiffres sont éloquents, la facture totale d’El Niño serait cette fois de l’ordre de 451 milliards de dollars. Ce qui représente pas moins de 0,24 % du PIB prévu pour les 144 économies considérées. À eux seuls, les trois géants chinois, américains et indiens devraient supporter près de 60 % des pertes brutes, là où les Vingt-Sept États membres de l’Union européenne devraient limiter les dégâts. La perte nette attendue serait de 24 milliards de dollars, ou 0,09 % du PIB. Même son de cloche pour les ménages, la pondération effectuée via le PIB à parité de pouvoir d’achat permet d’obtenir « des hausses moyennes de 0,42 point de pourcentage (pp) de l’inflation globale et de 0,65 pp de l’inflation alimentaire. [Là où] les hausses correspondantes pour l’UE-27 sont respectivement de 0,31 pp et 0,50 pp". Un ensemble de données essentielles pour les auteurs, lesquels refusent de cantonner les coûts aux seuls dommages aux actifs physiques et autres sinistres assurés.
Prévenir
Une illustration de ce que chez Allianz Trade, on qualifie de « fossé croissant en matière d’adaptation ». Certains pays supportent en effet des pertes particulièrement élevées rapportées à leur PIB, celles de la Jamaïque ont ainsi atteint - en 2025 - 39,4 % en utilisant cet outil de comparaison. Là où les pertes absolues les plus importantes étaient enregistrées aux États-Unis, à 118,5 milliards de dollars, ce qui représente uniquement 0,4 % du PIB. Un triptyque semble caractériser les pays encaissant le mieux les aléas ; il serait composé de mécanismes d’intervention clairs, de financements préétablis et enfin de systèmes de prévention.
Pas de quoi empêcher l’Europe d’avoir payé un lourd tribut cette année. Le constat est implacable, la région devra attendre plusieurs mois avant de pouvoir disposer d’un état des lieux sur les conséquences, et ce, tout particulièrement sur les perturbations de l’activité économique. Pour l’heure, au-delà des vagues de chaleur déjà évoquées précédemment, ayant coûté 0,46 % de leur PIB, les 30 pays considérés voient les deux tiers des pertes estimées se concentrer dans trois économies. Il s’agit de l’Italie, de l’Allemagne et de la France, et ce serait en grande partie la conséquence de l’humidité. Les auteurs expliquent que « la vague de chaleur plus humide en Italie est associée à une perte de croissance estimée plus importante que les conditions plus chaudes mais plus sèches observées en Hongrie. »
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