Feuilleton de l'été / Darmet / wansquare / Allianz Trade
Feuilleton de l'été
Darmet / wansquare / Allianz Trade
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade
Une vocation vite trouvée. Il n’a rapidement pas fait de doute pour Maxime Darmet que son futur s’écrirait en tant qu’économiste. Celui qui fait aujourd’hui profiter Allianz Trade de ses talents, a eu très tôt la conviction que cette voie peu connue, lui permettrait « d’associer l’étude des sociétés et de l’humain avec la rigueur mathématique ». Ce ne sont pas ses années d’études à Dauphine puis à la Sorbonne qui le feront changer d’avis, bien au contraire, explique-t-il à WanSquare.
Celui qui se veut le plus cartésien possible nous confie que « lorsqu’on a cette envie de comprendre le monde, l’économie permet de concilier les sciences sociales avec les mathématiques. Un garde-fou précieux pour cadrer les choses et ne pas s’égarer ». Un écueil dont n’est pas davantage exonérée l’économie qu’une autre science. L’économiste établi d’aujourd’hui assume d’avoir « un côté utopiste de se dire qu’on va avoir une influence sur le débat public de par notre production ». Il fonce alors très vite vers le monde professionnel, envisage un temps de faire une thèse avant d’y renoncer, en raison d’une appétence moindre pour les aspects purement théoriques.
Premières armes
L’époque est moins à la multiplication des stages et autres années de césure en vogue de nos jours, le jeune étudiant commencera ainsi par un passage à la Banque de France avant d’embrayer sur bail de plusieurs années au ministère des Finances. Une expérience formatrice qu’il « recommande à tout économiste en herbe, j’ai énormément appris lors de ces quatre années passées à Bercy. J’ai eu l’occasion d’apprendre auprès de hauts fonctionnaires avec un très haut niveau d’analyse, tout en ayant l’impression d’être utile pour mon pays ».
Des années passées au cœur du réacteur qui lui permettront également de consacrer du temps à l’enseignement, une pratique qu’il considère comme « encouragée dans la fonction publique, on n’hésite pas à nous laisser notre lundi matin ou notre vendredi après-midi à cette fin ». De quoi ravir celui qui apprécie « tout particulièrement de faire passer ses idées, c’est vraiment gratifiant de pouvoir enseigner la rigueur et l’analyse. J’ai eu l’occasion de retrouver ce plaisir avec Allianz Trade récemment et je m’évertue toujours d’essayer de combler l’écart entre la théorie et la pratique ». Un de ses regrets est de voir des matières être enseignées de façon trop théorique et sans assez de liens avec le réel.
Frontières
Néanmoins n’étant pas fonctionnaire et n’ayant pas le souhait de passer les concours en interne, le voici qui traverse la Manche quelques mois après le Brexit. Il en profite pour passer dans le privé chez Fitch Ratings, il y occupera le poste d’économiste et découvrira un nouvel univers à plus d’un titre. Ce sera avant tout un endroit avec « moins de contrainte et moins stratifié qu’à Bercy. Lorsqu’on peut écrire une note pour un ministre, ça fait l’ascenseur avant de lui être envoyé alors que dans le privé les règles sont bien plus fluides ».
Pas question pour autant de renier les choix du passé, c’est également une question de maturité, nous expose-t-il. Maxime Darmet explique que c’était « le bon moment pour moi d’aller vers le privé. J’étais prêt à être en lien avec les médias, à être plus facilement publié en mon nom propre ». Il a néanmoins fallu digérer un changement de temporalité, puisque l’économiste a dû s’adapter pour passer « d’un endroit où il fallait produire des notes pour des ministres, où les moindres détails devaient être peaufinés, à une nouvelle forme de pression avec une forte culture de l’instant ».
Pas de changement de métier fondamentalement, mais un changement d’environnement à appréhender. Dont la découverte de Londres, une « place financière super dynamique et sans commune mesure avec Paris. Le marché du travail y est certes plus flexible mais c’est au prix d’une concurrence exacerbée. On comprend très vite que c’est beaucoup plus dur de s’y distinguer, alors qu’ici à Paris l’environnement est presque familial ». Alors occupé à suivre différents pays asiatiques, il finira au bout de quatre ans par voir ses vœux s'exaucer et s’envolera pour Hong Kong, s'épargnant les nombreux allers-retours dont il était coutumier.
Bercail
Un an plus tard sonnera l’heure d’un retour à Paris à la fois pour des raisons personnelles et professionnelles. Il souligne le plaisir qu’il a eu à interagir avec les hauts fonctionnaires des pays émergents, « ce sont des gouvernements qui accordent une importance extrême au fait d’être bien noté ». Il demeure cependant marqué par sa rencontre avec Sri Mulyani Indrawati, cette ancienne de la Banque mondiale qui a dirigé le ministère indonésien des Finances, et il a encore en mémoire le niveau intellectuel et de maîtrise de ses sujets de celle-ci comme de nombreux autres hauts fonctionnaires rencontrés au fil des années.
Le voilà alors de retour en France pour suivre l’Hexagone, mais également les États-Unis et le Royaume-Uni. Sitôt le pied posé sur le tarmac de l’aéroport, il s’attelle à se remettre à jour sur un pays qu’il n’a plus suivi depuis plusieurs années. Bien qu’il constate une nette détérioration de la situation, celui qui avait connu « une France où François Hollande venait d’arriver à l’Élysée et d’un certain état de grâce du pouvoir en place. Il ne faut pas pour autant tout jeter aujourd’hui, on a fait des progrès sur le marché du travail et, jusqu’en 2025 du moins, la réforme des retraites ». Malheureusement par bien des aspects, il considère que « cela fait longtemps que la France n’a plus les bonnes politiques structurelles. Elles ne font pas souvent rêver et sont souvent décriées et pourtant on peut en voir rapidement les bénéfices lorsqu’elles sont mises en place, comme par exemple sur l’emploi des seniors ».
Bonne parole
Cette situation sensiblement détériorée ne décourage pas pour autant celui qui assume que « l’hubris de l’économiste soit quelque part d’apporter sa pierre à l’édifice, que ce soit en expliquant la réalité du fonctionnement des salaires ou venant remettre les choses en place sur d’autres sujets traités de façon caricaturale ». Maxime Darmet explique aujourd’hui que son fonctionnement chez Allianz Trade est inspiré du monde anglo-saxon, étant donné « qu’il n’a jamais eu de poste de manager. C’est très français de lier ce type de responsabilité à la progression d’une carrière, je me considère avant tout comme un expert ». Ce qui ne l’empêche pas pour autant de ne pas hésiter à donner beaucoup de conseils pour encadrer ses collègues un peu plus jeunes.
Un fonctionnement qu’il juge naturel, tant il a bénéficié de cela dans sa carrière. Il insiste sur la plus-value d’être cadré dans son analyse puisque cela évite de s’égarer rapidement. À l’inverse ce qui le change depuis un peu plus de quatre ans est la liberté de ton, après un temps en ministère où seules quelques figures importantes ont le droit à la parole publique et un passage en agence où il ne pouvait pas exprimer de recommandations de politiques économiques. Voici qu’il découvre une autre façon de faire. Il savoure d’être encouragé à donner son opinion, que ce soit dans les médias, auprès des entreprises ou des différentes parties prenantes comme le Sénat qui peut par exemple le solliciter.
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