Macro-économie / Taux / Allianz Trade
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Allianz Trade
Les exportateurs ne baissent pas les bras / L’épée de Damoclès de la géopolitique demeure
Encore sur de bons rails. Les différents exportateurs interrogés dans le cadre du Global Survey d’Allianz Trade n’avaient pas encore tiré un trait sur leurs prévisions pour l’année en cours. Aylin Somersan Coqui, CEO d’Allianz Trade, explique que « moins d’un quart des entreprises s’inquiète des répercussions du conflit sur l’énergie et le transport maritime ». La dirigeante voit deux explications à cette position minoritaire, l’essentiel des firmes a soit « confiance en leurs mécanismes d’adaptation, soit elles s’attendent à ce que le conflit soit de courte durée ».
Une position pouvant naturellement être révisée au fil du temps alors que le conflit se prolonge. Le risque géopolitique et politique est déjà quant à lui devenu la principale menace pour les entreprises – citée par près de 65 % des répondants - détrônant celle qui était reine en 2025 à savoir la complexité et la concentration des chaînes d’approvisionnements. Ano Kuhanathan, responsable de la recherche sectorielle chez Allianz Trade, souligne également la différence majeure entre « un choc en 2022 où on avait des craintes sur l’approvisionnement, là elles sont plutôt sur les prix ». Une donne à laquelle n’échappent pas les entreprises tricolores, celles-ci sont même largement plus positives que le reste du monde en étant près de 8 sur 10 à tabler sur une hausse de leur chiffre d’affaires à l’export cette année.
Hexagone
Le responsable de la recherche sectorielle chez Allianz Trade note que les firmes françaises se sont montrées particulièrement agiles récemment pour éviter les écueils. Les réactions à la guerre commerciale en témoigneraient avec 63 % d’entre elles qui se sont tournées vers de nouveaux marchés, 58 % qui ont diversifié leurs fournisseurs et 58 % qui ont réacheminé leurs produits grâce à des marchés tiers. Les axes d’efforts pour l’avenir sont en droite ligne, avec 29 % des firmes françaises qui font de leur renforcement sur les marchés existants une priorité – contre 22 % avant le début du conflit en Iran –, 22 % comptent quant à elle se développer sur de nouveaux marchés et enfin 21 % « envisagent de construire de nouvelles installations à l’étranger ».
Des pratiques de reroutage qui se répandent largement. Chez Allianz Trade on explique que près « d’un quart des exportations chinoises vers les États-Unis ont transité par l’Inde et l’ASEAN en 2025 ». L’enquête dévoile également que 80 % des entreprises ont modifié leurs routes logistiques depuis Liberation Day. Une volonté facilitée par les mesures de libéralisation, lesquelles ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis plus de 10 ans. Pas moins de 93 % des entreprises espèrent pouvoir profiter des différents accords de libre-échange pour se développer. L’économiste souligne que cette augmentation n’arrive pas à enrayer pour l’heure la hausse du coût de la complexité des chaînes de valeurs, cette dernière aurait doublé depuis 2017 et la facture serait de près de 5 milliards de dollars en 2025.
Détérioration
Le conflit au Moyen-Orient frappe en effet déjà le portefeuille des entreprises. Chez Allianz Trade on explique que « les délais de paiement s’allongent et la part des entreprises payées dans les 30 jours est passée de 10 % à 7 % depuis le début du conflit, tandis que celle des entreprises à plus de 70 jours est passée de 15 à 24 % ». Pas d’amélioration dans un avenir proche à en croire les attentes des répondants, 43 % d’entre eux expliquant s’attendre à ce que les conditions de paiement se détériorent. Une progression de 5 points de pourcentage par rapport au début du conflit, même constat pour le risque de non-paiement qui progresse de 6 points de pourcentage pour atteindre désormais les 40 %.
Les évènements des derniers temps orientent également les choix des exportateurs, ces derniers ne sont plus que 13 % à considérer les États-Unis tel un marché en croissance. À l’inverse ce sont l’Europe et l’Asie qui intéressent les entreprises, celles-ci y cherchant à la fois stabilité et ouverture des marchés.
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