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politiques publiques; Europe; production horaire

Macro-économie / Taux / Allianz Trade / France / PIB

Macro-économie / Taux
Allianz Trade / France / PIB

Ces vagues de chaleur qui plombent l’économie / Dépasser les 30 degrés engendre de fortes pertes pour le PIB

La France n’aura pas attendu l’été pour connaître des journées entières de températures élevées. Au-delà du désagrément passager, ces épisodes ne sont pas une bonne nouvelle pour le produit intérieur brut tricolore. Allianz Trade a révélé ces derniers jours ses estimations de la perte engendrée par ce type d’évènements – entre 30 et 35 °C -, il s’avère que la production horaire diminuerait alors d’environ 1,3 dollar par degré supplémentaire.
35 degrés. Photo par JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
35 degrés. Photo par JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

L’économie mondiale ne semble pas à l’abri d’un coup de chaleur. En compilant les cinq années les plus chaudes de chaque pays entre 2014 et 2024 et en imaginant qu’elles s’enchaînent d’ici à 2030, Allianz Trade est parvenu ces derniers jours à estimer les pertes potentielles en termes de PIB pour la période 2026-2030. Un scénario qui verrait les pertes cumulées de PIB implicites être non négligeables – entre 5 et 7 % - pour une série de pays de premier plan.

Les économies souffrant le plus vont en effet de l’Espagne – 120 milliards de dollars – au Japon – 354 milliards – en passant par l’Allemagne - 131 milliards – et la France – 240 milliards. Le Vieux continent présente en effet des faiblesses structurelles face aux températures élevées, les équipes d’Allianz Trade expliquant que le parc immobilier urbain y est à la fois dense, conçu pour retenir la chaleur et que pour ne rien arranger le taux de pénétration de la climatisation est uniquement de 19 % en moyenne en Europe – là où il est de 90 % aux États-Unis.

 

Cordons de la Bourse

 

Une mauvaise nouvelle non pas uniquement pour les particuliers ou le secteur privé, mais pour les États. Alors même qu’ils voient déjà les transferts indexés sur l’inflation, les coûts de santé et la réparation d’urgence des infrastructures faire grimper la facture des dépenses publiques. Le scénario d’Allianz Trade verrait la perte de production économique - en raison de la chaleur - réduire drastiquement les recettes fiscales. Annuellement la France serait amputée de 1,8 % de celles-ci, l’Espagne de 1,3 % à l’instar de l’Italie et enfin l’Allemagne s’en sort un peu mieux et ne perdrait que 0,7 %.

Les dégâts ne s’arrêtent pas là, la période verrait les soldes budgétaires se détériorer de près de 0,5 % du PIB par an en moyenne. Rome et Madrid risquant « de dépasser (à nouveau) le plafond de déficit de Maastricht une fois les pressions liées à la chaleur prises en compte ». La France, alors même qu’elle afficherait déjà un déficit prévu de −4,9 % du PIB, « fait face à une pression supplémentaire liée à la chaleur de 2,2 % ». Les économistes déplorent que pour l’heure les politiques européennes face à la chaleur consistent essentiellement dans une indemnisation des pertes, plutôt qu’à leur prévention effective.

 

Décalage

 

Les pertes liées au climat avaient quant à elles atteint un total de 46 milliards d’euros en 2022, alors même que la proportion assurée n’avait que peu progressé. Ce qui s’explique par le fait que les dommages sous « forme de surmortalité, de pertes d’heures de travail, de pression sur le système de santé et de contraintes sur les infrastructures – [sont] des canaux que les contrats d’indemnisation ne sont pas conçus pour gérer ». Les ménages sont l’angle mort de ces politiques, voyant l’essentiel du parc immobilier européen être mal adapté à des étés plus chauds.

Ce qui signifie qu’une part non négligeable de leur patrimoine peut se déprécier ainsi que leurs conditions de vie. Les équipes d’Allianz Trade n’y voient pas de fatalités pour autant et expliquent que « la mobilisation d’une part même modeste et bien ciblée – par le biais d’incitations à la rénovation, au refroidissement passif et à une couverture paramétrique abordable – pourrait combler une partie du déficit que les budgets publics ne peuvent à eux seuls couvrir ». Cependant ce n’est pas une solution magique pour autant, étant donné que les ménages souffrant le plus de la situation sont rarement ceux qui ont le plus de ressources financières pour y remédier.

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