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La lumière se fait sur la canicule peu à peu / Les données de la Banque de France sont précieuses
Canicule et sécheresse n’auront pas réussi à venir à bout de la maigre croissance tricolore. La mesure des effets par le PIB demeure néanmoins imparfaite par nature, étant donné qu’elle ne prend pas en compte l’ensemble des coûts économiques et se cantonne à mesurer un flux de production. Il faut donc y ajouter les différentes destructions de patrimoine naturel et physique, les auteurs rattachés à la Banque de France mettent l’accent sur les conséquences des incendies sur ce plan.
La principale certitude repose sur les dégâts provoqués à l’agriculture hexagonale. L’exploitation des données de l’Agreste, le service de statistique publique de l’agriculture, indique de fortes baisses de rendement pour plusieurs cultures, dont font partie le maïs et le fourrage. Il est d’ailleurs rapporté que l’Insee a commencé à intégrer les différentes pertes agricoles à compter de fin août, les économistes se sont servis des modèles de la Banque de France pour réaliser leurs propres projections. Celles-ci « suggèrent un recul d’environ 6 % de la valeur ajoutée agricole sur l’année, soit un impact sur la croissance annuelle du PIB de -0,1 point de pourcentage. »
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L’impact attendu est donc moindre que celui observé en 2003, une année durant laquelle un hiver froid et un printemps sec avaient amplifié les dégâts de la canicule. La diminution de la valeur ajoutée agricole avait alors été de 15,4 % sur un an et avait eu un impact d’autant plus grand que le poids de l’agriculture était alors de l’ordre de 1,7 % du PIB contre 1,2 % en 2025.
Les conséquences ne sont pas les mêmes dans d’autres secteurs et encore plus suivant les géographies et la temporalité. C’est particulièrement le cas dans le secteur de l’énergie, où les auteurs font valoir que « les fortes chaleurs jouent à la fois sur la demande et sur les conditions de production. Les besoins accrus de climatisation et de refroidissement ont soutenu la consommation et la production d’électricité en juin et juillet. » Quelques jours après, le son de cloche était tout autre puisqu’en août la production a diminué en France en raison de sa composante nucléaire. Divers incidents ont conduit à réduire la puissance, voire à arrêter momentanément différents réacteurs.
Une production qui a également souffert dans les travaux publics, l’Insee expliquant qu’au troisième trimestre 2026, pas moins de 33 % des entreprises qui ont déclaré rencontrer des goulots de production en lien avec des conditions climatiques défavorables. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2018. Néanmoins l’impact est considéré par les auteurs comme étant « difficile à quantifier car il coïncide avec la période post-élections municipales, généralement marquée par une baisse de l’activité. »
Agilité
L’exploitation de l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France – jusqu’à 8 500 entreprises interrogées – a également permis aux auteurs de comprendre la réaction du secteur privé à ce choc. Le premier effet probant est celui d’une forte adaptation de l’organisation des entreprises, qui ont dû procéder à des changements d’horaires, voire à des fermetures. Des décisions majoritairement prises dans l’industrie et le bâtiment pour préserver les conditions de travail des employés ou bien en raison de contraintes matérielles. Pas pour autant de quoi affecter l’activité sur le long terme, étant donné que le retard engendré peut bien souvent être rattrapé.
La difficulté d’interpréter les effets de la chaleur estivale tient également à leurs conséquences à plus long terme. Certaines mettraient du temps à se matérialiser ou bien le feraient par d’autres canaux. On remarque déjà que « plusieurs entreprises de services aux entreprises signalent un ralentissement des commandes de leurs clients, qui préfèrent probablement réduire et reporter des dépenses » ou encore que le télétravail a de nouveau le vent en poupe.
Certains rares gagnants apparaissent néanmoins, au vu de la forte hausse de la demande de produits frais et de boissons ou encore de l’appétit pour l’installation de climatiseurs. Même son de cloche pour le transport et l’entreposage, autant de secteurs qui « ont également légèrement bénéficié de besoins de réapprovisionnement plus fréquents. » À l’opposé le tourisme et l’hébergement-restauration ont quant à eux enregistré un ralentissement conséquent de leur activité.
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