Macro-économie / Taux / Céline Dion / Concert / PIB
Macro-économie / Taux
Céline Dion / Concert / PIB
Le retour de Céline Dion profitera à la croissance tricolore / Le nombre de spectateurs étrangers reste une interrogation
Un cinquième des retombées des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris. C’est le chiffrage effectué par les équipes de Natixis CIB des gains pour le PIB français des différents concerts de Céline Dion en 2026. Cet impact positif serait donc de l’ordre de 0,02 à 0,03 point de PIB pour cette année, avant qu’un léger contrecoup ne survienne début 2027. Hadrien Camatte, économiste senior France, Belgique et zone euro chez Natixis Corporate & Investment Banking, est revenu pour WanSquare sur les différentes hypothèses ayant aidé à construire cette estimation.
La note recherche signée de son nom, ainsi que ceux de Leslie Huynh et Théa Bartoletti, se veut le plus proche possible du réel. L’économiste explique « ne pas aimer les choses extrêmes, nos résultats ne se veulent pas sensationnalistes ». Pour y parvenir il a fallu compiler le maximum de données possibles tout en devant se résoudre à poser certaines hypothèses. Notamment sur la part de touristes étrangers, un point sur lequel il a été « choisi de se situer entre les 30 % avancés par la région Ile de France et au moins 50 % constatés lors de la venue d’Adele en Allemagne, on reste conscient que le fait que Paris soit le seul lieu des concerts peut changer la donne ». La demande a d’ailleurs été au rendez-vous avec plus de 9 millions d’inscrits pour obtenir des places pour les mois de septembre et d’octobre, pour quelque 480 000 places disponibles qui ont rapidement trouvé preneur. Des tickets dont le prix moyen reste difficile à quantifier malgré une réglementation française limitant la volatilité.
Retombée du concert
Les comparaisons avec les événements récents ne sont pas aisées pour autant, nous confie Hadrien Camatte, les publics n'étant pas forcément les mêmes. L’économiste considère à ce titre que « la clientèle attendue devrait être à la fois plus âgée et plus aisée. De quoi lui permettre de rester quelques jours à Paris pour assister au concert et de la rendre plus à même d’aller dans des hôtels plus qualitatifs. » Une possibilité contribuant à ce que la fourchette de l’impact sur l’activité soit comprise entre 570 millions d’euros et 1 milliard d’euros pour 2026. Le spécialiste de la conjoncture française explique que ce milliard d’euros « correspond à peu près à un gros paquebot qui sort des chantiers de l’Atlantique » en termes de contribution au PIB, soit deux années de travail environ.
La situation géopolitique actuelle pourrait venir chambouler quelque peu les calculs effectués, la plupart des compagnies aériennes ayant dû augmenter les prix de leurs billets voire supprimer certains vols face à l’envolée du prix du kérosène. L’économiste de Natixis CIB explique que la France reste « particulièrement attractive pour les touristes américains et canadiens par exemple. Pour ces derniers il est parfois moins cher de se rendre en France pour venir voir un concert, que de se déplacer dans leur propre pays et cette même logique vaut également pour les stations de ski. » Une question de pouvoir d’achat à laquelle il faut ajouter le fait qu’à l’instar des Printemps arabes, « on peut s’attendre à ce que le tourisme disparaisse provisoirement dans les pays du Golfe et ce en faveur d'un tourisme plus régional. Ce qui profiterait notamment à la France et à l’Italie et à l’Espagne, on voit également que Chypre commence à souffrir de la situation géopolitique ».
Capitaliser
La France semble donc à même de pouvoir tirer profit de ses atouts dans le monde de l’évènementiel et ce durablement. D’autant plus qu’Hadrien Camatte considère que la temporalité des concerts va permettre d’éviter une grande partie des effets d’éviction connus des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, un déroulement avec plusieurs concerts en fin de semaine ou le week-end « évitera de perdre la clientèle d’affaires comme ce fut le cas en 2024, les dates perlées permettront également de mieux répartir la charge dans le temps ». Le signal envoyé par cette résidence à Paris est quant à lui considéré comme éminemment positif, tant la compétition mondiale pour attirer de tels événements fait rage.
L’attractivité de l’Hexagone ne se cantonne d’ailleurs pas à la musique, les événements sportifs tels que les marathons ou les trails attirant de nombreux touristes sur le sol français sans oublier les JO d’hiver dans les Alpes françaises en 2030. La clientèle pourrait être déçue en cas d’annulation, une hypothèse qui n’est pas à exclure selon les équipes de Natixis CIB. Ces dernières expliquant que l’éventail des possibles va d’un report de quelques jours à une annulation pure et simple.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

