WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Trump; incertitude; Lecornu

Macro-économie / Taux / Banque de France / croissance / PIB

Macro-économie / Taux
Banque de France / croissance / PIB

La Banque de France ne s’inquiète pas pour la croissance / Sa dernière enquête de conjoncture ne remet pas en cause sa prévision pour 2025

Réalisée avant la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, la dernière enquête de conjoncture en date de la Banque de France ne contient pas de rupture majeure pour l’économie tricolore. On y retrouve des chefs d’entreprise qui sont particulièrement attentifs au climat politique hexagonal et à la guerre commerciale lancée par Donald Trump. Certains secteurs sont plus sensibles à cette dernière que d’autres, pas de quoi pour l’heure remettre en cause la prévision de croissance de 0,7 % - pour la France en 2025 - établie par l’institut d’émission.
Banque de France. Photo by Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Banque de France. Photo by Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une enquête qui porte les stigmates de la situation politique. La scène internationale et nationale imprègne fortement le dernier retour mensuel à la Banque de France de quelque 8 500 dirigeants d’entreprises. L’indicateur d’incertitude mis à jour chaque mois demeure élevé expliquent les équipes de l’institut d’émission.

Pas de révolution en ce qui concerne la prévision de croissance annuelle du Produit intérieur brut hexagonal, celle-ci étant aujourd’hui "largement acquise" explique Olivier Garnier, directeur général en charge des statistiques, des études économiques et des relations internationales à la Banque de France. Pour appuyer ce constat, il peut s’appuyer sur une activité qui continuerait de croître au troisième trimestre et ce de l’ordre de 0,3 %. Ce qui était déjà le rythme enregistré lors du trimestre précédent et implique qu’il faudrait " une grosse surprise à la hausse ou à la baisse au quatrième trimestre" pour bouleverser le 0,7 % de croissance attendu en 2025.

 

Incertitude

 

Les dirigeants tricolores n’en demeurent pas moins sensibles à la conjoncture, c’est notamment le cas des secteurs de l’agroalimentaire et des machines et équipements. Ces derniers faisant remonter les conséquences délétères de la hausse des droits de douane américains sur leur activité. Interrogé entre le 26 septembre et le 3 octobre, l’ensemble des répondants donne un aperçu du paysage économique français ; on y retrouve leur perception que " l’activité continue de progresser en septembre dans les services marchands et plus modérément dans l’industrie, tandis qu’elle se replie dans le bâtiment après plusieurs mois de hausse ".

Leurs anticipations ne sont pas à une reprise soudaine de l’activité, en raison notamment de carnets commandes considérés comme dégarnis dans l’industrie et le bâtiment. Les difficultés d’approvisionnement demeurent logiquement basses - 8 % en moyenne - dans la plupart des secteurs, malgré une légère remontée que ce soit dans les équipements électriques ou les produits informatiques-électroniques-optiques, et demeurent élevées dans l’aéronautique.

 

Marge de manœuvre

 

Un certain nombre d’indicateurs laissent à penser que la croissance est bridée dans l’Hexagone, notamment en raison d’un taux d’utilisation des capacités de production pour l’ensemble de l’industrie reste inchangé à 76 %, ce qui est considéré comme "sensiblement en deçà de sa moyenne de long terme (77,2 %)". Les difficultés de recrutement demeurent quant à elles et concernent encore 17 % des entreprises, diminuant d’un point par rapport au mois dernier et connaissent une pointe à 23 % dans le bâtiment.

La situation de trésorerie n’est guère brillante et voit le solde d’opinion dédié redevenir négatif dans l’industrie. On explique du côté de la Banque de France qu’il "reste inférieur à sa moyenne de long terme dans tous les secteurs industriels" et qu’il "est particulièrement bas dans les équipements électriques, les machines et équipements, l’agroalimentaire et le bois-papier-imprimerie ". Le constat est moins évident dans les services, où si la situation de trésorerie demeure légèrement positive, est mise en avant une forte hétérogénéité entre sous-secteurs. L’enquête de conjoncture statuant qu’elle " très satisfaisante dans la location automobile et l’édition, et satisfaisante dans le travail temporaire. En revanche, elle est jugée dégradée en programmation-conseil, restauration et conseil de gestion". Denis Le Bossé, président du Cabinet ARC, confiait récemment à WanSquare que pour nombre d’entreprises françaises le réflexe de sécuriser leur trésorerie était une priorité, au vu du climat d’instabilité que connaît l’Hexagone.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article