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Allianz Trade / Intelligence artificielle / USA
Une vague bleue qui rebat les cartes / L’heure est au compromis à Washington
Une défaite sans appel. Le parti républicain sort largement affaibli des élections de mi-mandat, une séquence historiquement peu favorable au pouvoir en place. L’ampleur de la défaite est conséquente, alors même qu’une grande partie des sièges remis en jeu concernait des États traditionnellement enclins à voter républicain. De quoi rendre concrètes les craintes sur l’intelligence artificielle exprimées avant le verdict des urnes.
Celles-ci concernent notamment le pouvoir à disposition des différents États, les équipes d’Allianz Trade expliquant qu’ils sont à même de « contrôler les autorisations, l’implantation des sites et les tarifs des services publics. » De nombreux postes de gouverneurs ont également changé de camp et rebattent les cartes à ce sujet, d’autant plus que 79 % des Américains souhaitent une réglementation de l’IA – d’après l’enquête Allianz Pulse – et que 71 % d’entre eux ne veulent pas de centres de données dans leur communauté – selon Gallup. Une thématique qui a inévitablement pesé durant la campagne et s’est traduite dans les résultats.
Incertain
Les données dont se fait l’écho Allianz Trade font état d’une opposition locale qui « a bloqué ou retardé près de 200 milliards de dollars de projets au premier semestre 2026. » L’État de New York ayant quant à lui instauré le premier référendum à l’échelle d'un État. Les résultats des dernières heures ont déjà placé près de 47 GW de capacité prévue pour les centres de données dans des juridictions désormais démocrates. Une situation qui fait redouter aux économistes un déploiement plus lent et plus coûteux, lequel « pèserait à la fois sur la croissance et sur les valorisations boursières. »
En l’absence pour l’heure de remise en cause des résultats, la véritable incertitude concerne désormais la question budgétaire. Les vues selon lesquelles ce succès serait positif pour les finances publiques sont plus nuancées ce mercredi. Les projections partagées par Allianz Trade font état d’un « déficit fédéral [qui] pourrait se creuser, passant de -6,2 % du PIB en 2026 à -6,6 % en 2027. » Une hausse qui traduirait un compromis contentant les deux camps sur le plan des dépenses, le scénario évoqué est celui d’une année 2027 durant laquelle « les républicains pourraient obtenir environ 90 milliards de dollars de dépenses supplémentaires en matière de défense pour reconstituer les stocks de munitions […], tandis que les démocrates pourraient obtenir une augmentation des dépenses hors défense et reporter certaines coupes budgétaires dans les programmes de la santé et de l’aide alimentaire prévues par le « One Big Beautiful Bill » (OBBB), ce qui se traduirait par une politique budgétaire légèrement plus accommodante (0,2 % du PIB). »
Long terme
Les différentes échéances associées au plafond de la dette et au financement sont également présentes dans un avenir proche, puisqu’elles doivent survenir entre le dernier trimestre de l’année 2027 et le premier de 2028. Il est d’autant plus difficile d’envisager modérer la hausse du déficit, que les administrations successives ont procédé à de telles coupes dans les dépenses discrétionnaires, qu’il n’y a aujourd’hui plus de marge de manœuvre importante disponible à y trouver.
Des inquiétudes partagées par Andrea Tueni, responsable des activités de marchés chez Saxo Banque, lequel considère que ces négociations budgétaires et les tensions possibles l’année prochaine sont à même de constituer de nouvelles sources de volatilité. La possibilité d’une modération budgétaire lui semblait néanmoins perceptible dans les réactions immédiates du marché avec des rendements des obligations du Trésor et le dollar qui se sont orientées à la baisse, dans un premier temps. L’expert avertit cependant que « la persistance des déficits publics et les risques inflationnistes pourraient ainsi limiter la baisse des rendements à long terme. »
Gagnants
Une mauvaise nouvelle pour les uns ne l’est pas pour tout le monde. Quelle qu’en soit l’ampleur, si les rendements américains viennent à reculer et que l’exposition aux actifs américains se réduit voici que certains en tireront profit. Pour Andrea Tueni, c’est avant tout « susceptible de soutenir certaines devises internationales et les marchés émergents, en améliorant leurs conditions de financement. » Les craintes évoquées précédemment concernant l’intelligence artificielle ne sont pas vues négativement par ses soins, il considère que cela pourrait au contraire contribuer à une diversification des portefeuilles et améliorer la capacité à absorber une future rotation des marchés.
Le virage démocrate pris par le Congrès va également entraîner des conséquences sur les procédures de confirmation des nominations à des postes clés. Chez Allianz Trade, on confie que ce sera notamment pour le poste vacant à la Fed en janvier 2028, à leurs yeux, cela est de nature à apaiser les inquiétudes associées à l’indépendance de l’institution. Thomas Hempell, Head of Macro & Market Research chez Generali Investments, rappelle quant à lui que ce « nouveau Congrès ne siégera qu’en janvier ; par conséquent, le raz‑de‑marée démocrate pourrait théoriquement accélérer le programme de Trump. »
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