WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Équilibre; métiers; Oséo

Feuilleton de l'été / Bpifrance / wansquare / Sciences Po / Grenoble

Feuilleton de l'été
Bpifrance / wansquare / Sciences Po / Grenoble

exclusif Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Marie-Claire Dur, directrice du marketing et du soutien commercial à la direction du Conseil de Bpifrance

EXCLUSIF. Marie-Claire Dur n’aura pas eu besoin de changer de maison pour vivre de nombreuses aventures, celle qui œuvre chez Bpifrance depuis plus d’une décennie aura été sur la brèche sur bien des sujets. Aucun poste n’aura été de tout repos pour elle, qu’il s’agisse des questions de financements en plein Covid qui ont occupé ses nuits, du métier très bancaire du leasing, ou encore de ses fonctions actuelles de directrice du marketing et du soutien commercial, à la direction du conseil.
Marie Claire Dur. DR
Marie Claire Dur. DR

C’est peu dire que Marie-Claire Dur est une femme de défi. Avec près de 8 postes en 13 ans chez Bpifrance, celle-ci cherche constamment de nouveaux challenges à relever et confie à WanSquare "être heureuse que régulièrement lorsqu’il faut structurer une activité ou en développer une on pense à moi". Elle était pourtant loin d’avoir été bercée dans cet environnement, la mère de deux enfants se rappelant "le saut dans l’inconnu de mon arrivée en classe préparatoire, je ne viens pas du tout d’une famille qui connaît le monde du supérieur". De quoi nourrir en elle "une envie d’ascension sociale durant ma jeunesse, avant de comprendre que c’était surtout de m’accomplir dont j’avais besoin".

Elle se tourne alors à l’issue du lycée vers une prépa hypokhâgne B/L, qui lui paraissait " la voie idéale pour intégrer une école de commerce ou Sciences Po. J’ai toujours aimé la politique ". Elle va pourtant n’y rester qu’une année "très formatrice, mais extrêmement liberticide également. J’ai très vite rejeté un schéma qui ne me correspondait pas". Direction les concours pour intégrer les différents Sciences Po que compte l’Hexagone, elle jette alors son dévolu sur Grenoble après avoir un temps postulé à l’École du Louvre. Elle se rappelle avoir "pensé devenir commissaire-priseur et de la quantité astronomique de connaissances réclamées par l’examen pour y rentrer ".


La bonne voie

 

Marie-Claire Dur ne semble pas regretter un seul instant d’avoir posé ses valises en Isère, elle se remémore un enseignement de grande qualité durant son cursus ainsi que la proximité de la montagne. "C’est un univers qui m’est très important. À cette époque j’ai également eu l’opportunité d’effectuer un échange à Singapour où j’ai été très heureuse". Les souhaits de l’étudiante d’alors s’affinent peu à peu et lui valent " de décrocher une alternance chez Oséo, j’avais l’envie d’avoir un rôle impactant et ça me semblait être l’endroit idéal pour cela. Pour cela j’ai pu bénéficier du soutien du patron de la CPME de Seine-et-Marne où j’avais fait mon stage auparavant".

Une période où elle a "vraiment appris les rudiments du métier en y étant analyste risque, c’était très formateur tout en étant d’une extrême bienveillance". Une expérience qui se passe tellement bien qu’elle rejoindra définitivement cette maison - qui fusionnera avec d’autres entités pour former Bpifrance en 2013 - à l’issue de son alternance. Ce sera pour des postes en front, successivement en la qualité de chargée d’affaires pour du financement de court et de long terme. Avec à chaque fois "des acquis fondateurs auprès des dirigeants dans une période où le CICE battait son plein".

 

Bifurquer

 

Elle décide alors de se rapprocher du monde politique, de ses cabinets et du Trésor et va prendre en charge le développement des produits de financement. Elle y aura pour mission " de venir à côté des banques pour obtenir un effet multiplicateur. On venait avec des prêts adossés à des fonds de garantie dotés par le ministère pour permettre aux dirigeants d’utiliser leurs garanties à d’autres fins. On était alors dans une époque budgétaire plus facile qu’aujourd’hui et on a pu monter un certain nombre de prêts bien particuliers, comme sur le tourisme ou l’industrie par exemple". Le temps est également à la montée en compétences sur le volet juridique et à la découverte du management. Bien que la tâche ne soit pas aisée, elle s’appuie sur un bon accompagnement ainsi que son expérience de chargé d’affaires pour y faire face.

Rien ne pouvait cependant la préparer aux bouleversements engendrés par le Covid. Une époque où "on est passé de trois à six mois pour construire un produit et ce à raison de cinq à six par an, à devoir en sortir quinze en six mois". Une tâche à effectuer à effectifs constants bien entendu et qui sera logiquement des plus éprouvantes, la jeune mère de famille confiant que "mes deux enfants sont devenus des experts du droit européen à force de m’entendre être en visio en permanence, je dormais 3 à 4 heures par nuit pour tenir le rythme et je suis très fière de ce qu’on a réalisé pour limiter la casse".

 

Nouvelle fois

 

Cependant, il n’était pas possible de faire comme si rien ne s’était passé et ne se voyant pas reprendre au rythme précédant le Covid, elle prend une fois de plus une nouvelle voie. Il s’agira du leasing, un tout autre métier qu’elle qualifie "de pur bancaire et très technique, on était au début du lancement de la banque du climat chez Bpifrance et on avait alors beaucoup d’actifs dans le transport. La Business Unit avait perdu 50 % de ses niveaux d’avant pandémie, c’était un challenge passionnant pour un premier poste de directrice et on l’a relevé. On a opéré un retour à la normale en un an et dépassé ces niveaux dans la foulée". Sitôt cette mission accomplie à la tête d’une petite équipe de cinq personnes, elle s’en va déjà vers la suivante qui la dépaysera à nouveau.

Elle se rappelle "qu’il fallait faire vite pour pourvoir ce poste à la direction du Conseil, je n’avais jamais fait de conseil et uniquement un peu de marketing. Ça fait deux ans que je m’attache à sécuriser la croissance et structurer les équipes". Désormais au nombre de 17, les membres de sa direction s’attachent à compléter "l’ADN de Bpi qui reste d’être un guichet physique, le marketing c’est assez récent chez nous. Cependant il nous faut nous adapter aux changements de mode de consommation qui touchent aussi les dirigeants d’entreprises, on arrive désormais à entrer en contact avec des entrepreneurs qui n’étaient pas du tout dans notre spectre".

 

Valeurs

 

Un nuage noir demeure cependant bien présent ces dernières semaines ; comme l’ensemble de la sphère publique, les équipes de Marie-Claire Dur n’échappent pas à une situation budgétaire pour le moins contrainte. De quoi "générer une certaine frustration lorsque certains projets sont arrêtés", pas de quoi saper le moral longtemps pour la mère de famille qui confie " voir mon métier bouleversé par l’IA, il a plus évolué en six mois que durant les dix-huit précédents". De quoi susciter des questionnements chez elle, l’enjeu étant "de discerner ce qu’on doit préserver à effectuer nous-même et les tâches où l’IA apporte une forte valeur ajoutée".

Pour y parvenir elle peut compter sur l’état d’esprit qui règne parmi ses équipes et plus largement chez BPI, "c’est très appréciable de constater qu’on a tous les mêmes buts et qu’on est d’accord là-dessus". Un côté humain et familial qu’elle a pu expérimenter à de nombreuses reprises, confiant à WanSquare : "j’ai été nommée manager pendant un congé maternité et ai pu à chaque fois m’absenter pendant neuf mois sans qu’on ne me redise rien, bien au contraire ". Une ambiance bienveillante qui ne serait rien "sans la stricte hygiène individuelle qu’il faut entretenir entre vie professionnelle et personnelle et que j’essaye d’inculquer à mes équipes". Chez elle, cela a conduit à des choix forts, puisqu’elle a choisi d’habiter à plus d’une heure de transport de la capitale, plaçant au-dessus de tout "ce sas de décompression de vivre proche de la nature et d’offrir l’opportunité à mes enfants de vivre dans la campagne en Seine-et-Marne".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article