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Macro-économie / Taux / Rexecode / Bpifrance / recrutement / demande

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Les TPE-PME encaissent le conflit au Moyen-Orient / Le manque de visibilité freine néanmoins leurs investissements

Un manque de visibilité au niveau national associé à des turbulences géopolitiques qui n’empêchent pas les TPE-PME d’être une immense majorité - 88 % - à considérer que leur trésorerie est suffisante pour leur permettre d’absorber l’impact du conflit au Moyen-Orient. Ce n’est pas le seul chiffre du baromètre Bpifrance Rexecode qui montre que les entreprises tricolores sont résilientes. Malgré la difficulté de la conjoncture elles sont une grande majorité à avoir su se préparer pour le passage à la facturation électronique. C’est essentiellement du côté des investissements que le bât blesse, seuls 42 % des dirigeants de TPE-PME ont prévu d'en faire cette année.
PME Française. Photo par MATHIEU PRUDHOMME / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
PME Française. Photo par MATHIEU PRUDHOMME / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

Une situation pour le moins paradoxale. Au moment de commenter les résultats du baromètre TPE/PME Bpifrance Rexecode 3e trimestre 2026, Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, explique constater que les « ménages sont ceux qui souffrent le plus de la crise au Moyen-Orient, tout particulièrement ceux avec un faible revenu ainsi que les gros rouleurs. Tandis qu’a contrario l’économie résiste plutôt bien et les dernières prévisions de la Banque de France sont à cet égard plutôt rassurantes». Une conséquence de la capacité à répercuter les hausses de prix. Les entreprises sont aujourd’hui uniquement un tiers à ne pas arriver à le faire. Un chiffre qui a nettement diminué par rapport à il y a quelques années.

Impossible néanmoins de faire fi des mauvaises nouvelles sur le front de la croissance, où la faiblesse de la demande - actuelle et future - est aujourd’hui citée par près de 64 % des dirigeants tels le principal frein à la croissance - gagnant 3 points sur le trimestre. Bien loin devant les difficultés de recrutement, relevées par près de 36 % des dirigeants et qui sont en net repli par rapport à la moyenne 2018-2025 de 49 %. Un symptôme de la fin de la rétention de main-d’œuvre pratiquée par un certain nombre de firmes. Une tendance perdure également sur les douze derniers mois, le nombre important de dirigeants – 92 % - à déclarer un impact négatif de l’incertitude en termes de politique économique sur leur activité. Ils sont même 58 % à considérer qu’il est fort.

 

Retard

 

Les conséquences ne se font pas attendre du côté des investissements. La minorité de dirigeants de TPE-PME qui ont prévu d’en effectuer – 42 % - montre, pour Sabrina El Kasmi, responsable du Pôle Conjoncture-Macroéconomie de Bpifrance, « une tendance plutôt peu dynamique, la destination des investissements est plutôt en direction de la modernisation ou du renouvellement des équipements. L’introduction de nouveaux produits est quant à elle bien en dessous de sa moyenne de long terme, c’est le reflet qu’on freine les projets qu’on peut retarder. » Reste à savoir si le retour d’un horizon dégagé en France et en Europe pourra débloquer la situation et à quelle échéance. Pour l’heure « les dirigeants sont moins nombreux à escompter une résorption de ces difficultés d’ici un an (24 % contre 36 % en avril dernier), et à l’inverse plus nombreux à anticiper qu’elles perdureront au-delà (32 %, + 5 points). »

Nul retard possible en ce qui concerne la facturation électronique. Sabrina El Kasmi explique que les résultats du baromètre montrent que l’essentiel des PME-TPE sont « prêtes pour recevoir les factures électroniques et dans les délais pour la plupart». Un constat qui s’accompagne d’attentes loin d’être dithyrambiques puisque « 48 % n’anticipent pas de bénéfice, étant donné que la mise en place de cette pratique a engendré des difficultés pour une majorité de dirigeants. Il ressort en particulier des verbatims des quelque 80 % de dirigeants à avoir eu des problèmes sur le sujet que les solutions s’avèrent assez coûteuses. » Chez Bpifrance, on explique que les trois quarts des entreprises interrogées ont besoin d’accompagnements pour cette transition et qu’elles n’en voient pas immédiatement l’intérêt.

 

Maturité

 

À l’inverse, le quart d’entre elles qui a déjà mis en place la facturation électronique avant la date butoir se montre dans un tout autre état d’esprit. Dans l’ensemble les bénéfices attendus seraient pour un tiers des répondants à attendre du côté des gains de temps – plusieurs réponses pouvaient être apportées –, l’économiste explique que les convictions « sont moins prononcées sur les effets positifs sur les retards de paiement – 18 % -, certains y voient quand même une possible réduction des coûts -16 %. » La balance entre les bénéfices et les coûts du nouveau système devrait mettre plusieurs mois a minima à s’équilibrer.

Une période face à laquelle seraient nettement mieux armées les entreprises exportatrices, Philippe Mutricy nous confiant « qu’à travers nos différentes enquêtes, on voit bien que les entreprises les plus diversifiées géographiquement ont de meilleures perspectives. Elles ont un atout indéniable qui est une meilleure répartition des risques et peuvent bénéficier de la croissance là où elle est sur la planète. » Une disposition loin d’être anodine lorsqu’on sait que l’essentiel des pays émergents – mis à part le Moyen-Orient – et les États-Unis ont aujourd’hui un rythme de croissance plus élevé que l’Europe.

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