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Macro-économie / Taux / IA / Rexecode / France

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IA / Rexecode / France

Quand l’IA menace la France d’un nouveau déclassement / Les Etats-Unis ont déjà pris une longueur d’avance

Un wagon de retard qui pourrait bien devenir un train. Déjà en train de décrocher par rapport aux États-Unis, la France et le reste du continent ont tout intérêt à capitaliser sur les quelques atouts numériques dont ils disposent et rapidement s’ils ne veulent pas prendre un retard irrémédiable. Chez Rexecode, on préconise une batterie de mesures afin de rapidement mettre l’Europe tout entière en ordre de marche.
IA. Photo par MATTEO DELLA TORRE / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
IA. Photo par MATTEO DELLA TORRE / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Agir maintenant ou rester définitivement dans le rétroviseur. L’équation n’est pas des plus complexes en ce qui concerne l’IA, l’analyse de son avènement par Rexecode rejoint ce point de vue. Les auteurs d'un rapport réalisé par le cabinet expliquent que le moindre retard pris que ce soit dans l’adoption ou l’insertion dans les nouvelles chaînes de valeur permises par l’IA « est porteur d’un risque majeur de déclassement économique et stratégique. » La réponse proposée, à adopter au plus vite, insiste l’intérêt de réformes structurelles « visant à assouplir le marché du travail par davantage de flexibilité ». Tout comme sur l’importance de l’effort de formation, visant à « fluidifier la réallocation du capital des activités déclinantes vers les acteurs qui adoptent l’IA. »

Les économistes s’attachent à expliquer qu’il n’y a pas de fatalisme à avoir, notamment en ce qui concerne les secteurs d’activité déclinants. Ces derniers seraient susceptibles de ne pas être condamnés dès lors qu’ils arrivent à se réinventer. Même message concernent les effets de l’IA sur le marché du travail, considérés comme étant de second ordre et essentiellement le signe d'une recomposition de la main-d’œuvre qu’il faudrait accompagner et non pas freiner. Ce qui n’exonère pas les décideurs d’agir, bien au contraire.

 

Dérouler

 

La politique suggérée se décline en plusieurs volets, le premier d’entre eux étant la concentration des moyens publics sur les segments où l’Europe a un avantage comparatif réel. Cela doit s’accompagner d’une politique de la concurrence adaptée pour éviter toute dépendance du Vieux continent. Un des aspects les plus épineux concerne le fait d’arriver à diminuer les coûts de restructuration des entreprises à des fins de restauration de « l’agilité critique sans déconstruire le modèle social » pour autant.

Le dernier aspect concerne la réflexion autour des données européennes, qu’il s’agirait de penser « comme un actif monnayable plutôt que gratuit ou interdit. » De quoi donner un coup de fouet aux fleurons européens. Plutôt que de se lamenter, Rexecode prend le parti de rappeler qu’à eux seuls, « quatre acteurs européens comptent parmi les 50 premiers mondiaux du logiciel d’entreprise » ou encore que « les acteurs européens à leadership français représentent 52 % de la part de marché mondiale en nombre d’ordinateurs quantiques en 2024. »

 

Double peine

 

Ne pas se lancer dans de telles manœuvres signifierait vraisemblablement pour l’Europe de devoir subir un déclassement tant économique que stratégique. On parle ni plus ni moins que de nouvelle révolution industrielle, à même « de réorganiser en profondeur les chaînes de production, avec à la clé des gains de productivité potentiellement massifs. » De quoi pénaliser les pays ne prenant pas ce train, avec des niveaux de vie et de développement inférieurs à la clé. On ne fait ainsi pas de faux-semblants chez Rexecode et on parle d’un coût de l’inaction, qui « se chiffrera en points de PIB par habitant cumulé sur deux décennies. » Les prévisions à l’horizon 2045 de Rexecode font état d’une croissance annuelle du PIB par habitant deux fois plus rapide aux États-Unis (+ 1,7 %) sur la période qu’en France et en zone euro (+ 1,0 %), et quatre fois plus rapide en Chine (+ 4,1 %).

De quoi déboucher sur un écart de croissance cumulé entre les États-Unis et la France de près de 20 points et avec la Chine de près de 100 points d’indice en 2045. Si l’Europe ne peut guère se reposer sur ses lauriers, c’est que sa présence dans l’IA est cantonnée à quelques segments minoritaires en valeur. L’Europe pèserait uniquement « là où le capital industriel installé et la profondeur de la recherche fondamentale comptent : lithographie, ERP, quantique, mathématiques appliquées. Elle pèse beaucoup moins là où la valeur s’est déplacée depuis vingt ans : calcul accéléré, cloud, modèles de fondation à grande échelle, plateformes grand public. »

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