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La croissance mondiale tient le choc / Le FMI met en avant le rôle de l'IA dans la résilience
Un vent porteur bienvenu. Alors qu’elle doit éviter de nombreux écueils allant des conflits commerciaux à ceux armés, en passant par des marges budgétaires restreintes, la croissance mondiale peut compter sur quelques alliés robustes, argue le Fonds monétaire international (FMI). Parmi lesquels on retrouve un nouveau venu, en la personne de l’intelligence artificielle (IA). Au moment de présenter les deux grands facteurs de soutien à la croissance, l’IA figure effectivement dans le duo.
Son rôle dans l’essor de l’investissement constaté l’an passé est remarqué. À tel point qu’elle est jugée responsable d’avoir déclenché cette dynamique et grâce à cela ni plus ni moins que d'avoir réussi à « dynamiser l’activité mondiale et soutenir les échanges internationaux. » Les raisons expliquant cet appétit pour l’IA et justifiant ces investissements ne sont un secret pour personne et certainement pas pour le FMI. Ce dernier expose que la thématique est pour l’heure portée « par l’anticipation de rendements et de revenus réels plus élevés, qui s’est traduite dans les valorisations boursières. »
Temporalité
Reste à savoir si ce soutien d’un nouveau genre arrivera à durer dans le temps. Deniz Igan, cheffe de la division de recherche du FMI, explique que le soutien massif à la croissance du commerce mondial que constitue l’IA - responsable de près de la moitié de celle-ci ces dernières années – pourrait s’arrêter soudainement. Un environnement possible notamment si « les attentes concernant les bénéfices et gains de productivité du secteur étaient révisées à la baisse, freinant l’investissement et durcissant les conditions financières ».
Le temps long inquiète également concernant le deuxième soutien conséquent à la croissance, constitué par la réorientation des approvisionnements en énergie. Celle-ci a permis d’absorber le choc sur les marchés en mêlant une augmentation de la production énergétique dans d’autres pays, des prélèvements sur les stocks et un recours accru aux énergies renouvelables. En y ajoutant une pincée de sobriété énergétique, cela permet pour l’heure d’amortir le choc et c’est bien cela qui inquiète le FMI. Ses équipes expliquent qu’en l’absence de ces différents mécanismes d’ajustement, il lui semble inévitable que « la perturbation du secteur pétrolier aurait, à elle seule, considérablement réduit la croissance mondiale en 2026. »
Un scénario qui est loin d’être exclu pour les mois et années à venir, dès lors que les flux d’approvisionnements ne reviennent pas à la normale et que les mécanismes d’amortissement s’érodent au fil du temps. Les limites de la résilience pourraient donc être touchées dans un avenir proche, au fur et à mesure que les stocks disponibles s’amenuisent, rendant de plus en plus probable le fait que de nouveaux chocs géopolitiques puissent « se propager rapidement par les prix et des perturbations des approvisionnements. »
Préparer
D’autant plus qu’il semble à la cheffe de la division de recherche qu’il faille serrer la ceinture du côté de la dépense publique. La bonne conduite à tenir serait un subtil « équilibre entre les besoins immédiats liés à l’inflation - la sécurité alimentaire et énergétique - et la nécessité de préserver la stabilité à moyen terme ». Un constat particulièrement valable pour la France, dont la croissance est révisée à la baisse par rapport aux chiffres communiqués en juillet dernier. Désormais c’est 0,4 % qui est attendu pour 2026 et 0,7 % l’an prochain.
L’Hexagone comme d’autres pays doit également prendre garde à la nouvelle structure de croissance érigée par l’IA. Celle-ci voit les gains être concentrés sur un petit nombre d’entreprises, de secteurs et de pays. Ce qui se traduit déjà par une résistance variable à un environnement dégradé. De quoi inspirer une stratégie à trois bandes aux équipes du FMI, celle-ci s’articulant entre diversification technologique et géographique, des relations commerciales variées et non redondantes ou encore des précautions dans le domaine de l’énergie, de l’eau et de l’alimentation. Autant de thématiques sur lesquelles il est suggéré à chaque pays d’anticiper afin d’être en mesure d’absorber les chocs à venir.
Tout ne repose pas seulement sur les choix futurs des seuls gouvernements. Le rapport sur la stabilité financière publié par l’institution explique ainsi que le ver pourrait bien déjà être dans le fruit. Une des craintes présente dans la publication se trouve ainsi être « une résurgence de l’inflation ou la présence d’inquiétudes budgétaires pourrait faire grimper brutalement les rendements des obligations souveraines, ce qui pourrait avoir de vastes répercussions sur l’ensemble des marchés financiers. » Concomitamment, l’apparition de cybermenaces n’est pas à négliger et est loin de concerner uniquement la sphère publique. Le système financier est donc menacé sur bien des fronts et d’autant plus que le FMI avertit que là où les « fonds spéculatifs contribuent au bon fonctionnement des marchés durant les périodes calmes », il se pourrait bien que tant leur recours à l’effet de levier que leur exposition à des positions concentrées puissent exacerber les tensions sur les marchés, avec des répercussions sur les courtiers principaux. Une crainte particulièrement forte en ce qui concerne les pays émergents.
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