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Banque Mondiale / Dette

Cette dette publique qui n’en finit plus de grossir / Les pays en développement supportent un fardeau de plus en plus lourd

Le rythme de croissance de l'emprunt extérieur des pays en développement n’avait plus été aussi rapide - 5,5 % en 2025 - depuis 2021. Le rapport sur la dette internationale 2026 du groupe de la Banque mondiale explique que c’est près de quatre fois supérieur à la moyenne enregistrée sur la période allant de 2022 à 2024. Un coût à supporter qui inquiète l’institution, tant il met en péril des investissements en capital humain.
06/11/2026 - 09:00
Banque mondiale. Photo par CELAL GUNES / ANADOLU AGENCY / ANADOLU VIA AFP
Banque mondiale. Photo par CELAL GUNES / ANADOLU AGENCY / ANADOLU VIA AFP

L’heure n’est pas - encore - à la cure d’amaigrissement pour les pays en développement.  C’est le moins qu’on puisse dire alors que leur dette extérieure a atteint les 9 400 milliards de dollars à la fin de l'année dernière. Certes, la Banque mondiale explique que leur accès au financement international s’est quelque peu amélioré, pour autant il leur reste très coûteux d’y avoir recours. De quoi faire légitimement naître des craintes quant aux arbitrages budgétaires à effectuer pour les décideurs publics de ces pays.

Une autre évolution majeure s’est également produite à en croire Haishan Fu, statisticienne en chef du Groupe de la Banque mondiale et directrice du département des données sur le développement. Laquelle s’attarde sur le rôle clé joué par les créanciers privés, ces derniers ayant été nettement plus sollicités par les pays en développement en raison d’émissions obligataires d’entités publiques qui « ont progressé de près de 35 % pour atteindre leur plus haut niveau en cinq ans, soit 251 milliards de dollars. » Un volume conséquent auquel ils ont grandement contribué.

 

Nœud gordien
 


Un signal inquiétant pour la statisticienne. Elle considère certes que « le retour des prêts privés vers les pays à revenu faible et intermédiaire est une bonne nouvelle, mais ces derniers empruntent davantage, paient plus et, dans bien des cas, consacrent moins de ressources au développement à long terme. » L’analyse des actions gouvernementales souligne une meilleure répartition des remboursements via de nouvelles émissions obligataires visant les titres arrivant à échéance, toutefois cela ne s’accompagne pas d’une réduction du montant de leur dette. Ces différentes opérations s’effectuant bien souvent à des taux d’intérêt plus élevés.

Les premières données à disposition pour l’année 2026 évoquent ainsi que dès « la mi-août, plus de 10 pays avaient déjà dépassé leur volume d’émissions de toute l’année 2025, tandis que plusieurs autres effectuaient leur retour sur les marchés internationaux. » Loin d’être une bonne nouvelle lorsqu’on sait que l’an passé les pays admis à recevoir des prêts de l’Association internationale de développement (IDA) du Groupe de la Banque mondiale ont dû supporter « un taux d'intérêt moyen de 8,2 % — le plus élevé depuis 1989 — sur les nouveaux engagements auprès de créanciers privés et de 9,4 % sur les nouvelles obligations. »

 

Diverger

 

En revenant quelques années en arrière, on observe que le différentiel entre les taux payés par ces mêmes Etats aux créanciers publics et à ceux émanant du privé s’est largement élargi. Il est devenu de l’ordre de 5,5 points de pourcentage en 2025, là où il n’était encore que de 3,4 points de pourcentage en 2016. Les autres pays s’en tirent bien mieux, ceux ayant « uniquement des prêts non concessionnels de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) du Groupe de la Banque mondiale ont emprunté à un taux moyen de 5,5 % sur leurs nouvelles obligations, contre 5,8 % l’année précédente. »

Une situation épineuse et coûteuse qui explique que les pays en développement aient versé pas moins de 436 milliards de dollars de plus au titre du service de la dette entre 2022 et 2025, qu’ils n’ont perçu de nouveaux financements sur la même période. Une mauvaise nouvelle qu’on explique largement par les mouvements de change du côté de la Banque mondiale ; ses équipes faisant valoir que « sur la hausse de 303 milliards de dollars de la dette publique et garantie par l'État, plus d'un quart tient à l’affaiblissement du dollar américain, qui a accru la valeur en dollars de la dette libellée dans d’autres devises. »

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