Contes de campagne / Yves de Kerdrel
Contes de campagne
Yves de Kerdrel
Contes de campagne
Une coalition de papier
Emmanuel Macron appelle à une grande coalition allant de Lisnard à Glucksmann pour éviter un duel Le Pen-Mélenchon. Sur le papier, l’addition fait 25 %. Encore faudrait-il que les électeurs obéissent aux appareils.
Emmanuel Macron a trouvé la parade au duel Le Pen-Mélenchon. Il suffit que tous les autres s’entendent. Un proche du chef de l’État a fait savoir aujourd’hui à l’AFP que les forces allant de David Lisnard à Raphaël Glucksmann devaient travailler ensemble, dans une logique de coalition, quitte à trouver plus tard « un mode de départage ». Il s’agirait, en somme, d’une fusion dont le banquier conseil qu’est resté Emmanuel Macron depuis son passage chez Rothschild, n’a été mandaté par personne.
Sur le papier, le raisonnement tient. Additionnez Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard, et le socle commun pèse un quart des suffrages. De quoi doubler Jean-Luc Mélenchon et ses 18 % pour s’inviter au second tour. Ajoutez Raphaël Glucksmann et cette coalition de papier pourrait talonner Marine Le Pen.
Mais Emmanuel Macron a encore une fois oublié qu’une élection n’est pas un tableur Excel. Qui ira expliquer à un électeur de David Lisnard qu’il doit voter Raphaël Glucksmann, ou à un sympathisant de Gabriel Attal que Bruno Retailleau est désormais son champion ? Les voix ne se cèdent pas comme des actions. Elles ne s’échangent pas comme des créances. Pire que cela, les électeurs ont pris l’habitude de se moquer des manœuvres d’appareils et de garder leur bulletin pour eux. N’en déplaise au locataire de l’Élysée, mais les Français sont restés des « Gaulois réfractaires » comme il les a lui-même définis il y a quelques années. Ils aiment user de leur liberté de vote. Ce qui est un signe de vitalité.
Il est savoureux de voir que l’idée d’une grande coalition émane d’un Président de la République qui n’a pas réussi à en construire une. Depuis deux ans et une dissolution ratée, Emmanuel Macron a nommé trois Premiers ministres successifs sans qu’aucun ne parvienne à réunir « le cercle de la raison ». Cela ne l’empêche pas d’en prescrire une à des candidats dont le seul point commun est aujourd’hui de vouer son bilan aux gémonies. L’Élysée précise d’ailleurs, beau joueur, qu’il ne sera « pas sur la photo ». Voilà enfin une idée présidentielle qui fera l’unanimité, de David Lisnard à Raphaël Glucksmann !
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
du même auteur
Contes de campagne / Yves de Kerdrel
Contes de campagne / Le bloc central se mange lui-même
04/11/2026 - 18:00
Contes de campagne / Yves de Kerdrel
Contes de campagne / Le joker à 40 milliards d'Attal
03/11/2026 - 18:00
de la semaine
Contes de campagne / Yves de Kerdrel
Contes de campagne / Le bloc central se mange lui-même
04/11/2026 - 18:00
Contes de campagne / Yves de Kerdrel
Contes de campagne / Le joker à 40 milliards d'Attal
03/11/2026 - 18:00
Contes de campagne / Yves de Kerdrel
Contes de campagne / Le calendrier de la République ne se négocie pas avec les casseurs
02/11/2026 - 14:25

