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Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / créations d'emplois / catastrophes naturelles

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Banque Mondiale / créations d'emplois / catastrophes naturelles

Catastrophes naturelles : cette facture sociale monstrueuse / Une dizaine de millions d'emplois annihilés tous les ans

Selon une étude de la Banque mondiale, les catastrophes naturelles effacent chaque année l’équivalent de dizaines de millions d’emplois à temps plein dans le monde. Un choc économique et social particulièrement lourd pour les pays en développement, où la croissance démographique et la vulnérabilité climatique accentuent les risques.
Photo par - / CN-STR / AFP
Photo par - / CN-STR / AFP

Le coût des catastrophes naturelles ne se mesure plus seulement en bâtiments détruits ou en routes endommagées. Les pertes économiques liées aux aléas climatiques et géophysiques ont atteint 318 milliards de dollars en 2024, contre 112 milliards en 2015. Ces chiffres impressionnants sont aussi synonymes de destructions massives d’emplois.

Une étude de la Banque mondiale a mesuré l’impact mondial des catastrophes naturelles en « équivalents emplois à temps plein » (JEL). Les résultats montrent qu’en moyenne, les catastrophes soudaines (inondations, tremblements de terre, tempêtes, submersions marines et tsunamis) provoquent chaque année l’équivalent de 9,4 millions d’emplois à temps plein perdus dans 132 pays.

Les inondations représentent à elles seules 4,3 millions d’emplois perdus chaque année, devant les séismes (3,7 millions). L’Inde et la Chine enregistrent les pertes les plus élevées, avec environ 1,2 million d’emplois équivalents détruits chaque année dans chacun de ces pays.

Les tremblements de terre arrivent en deuxième position avec 3,7 millions d'emplois équivalents perdus chaque année. Bien que plus rares, ils provoquent des destructions massives de bâtiments, d'équipements productifs et de logements, entraînant des interruptions d'activité parfois longues. En Turquie, par exemple, 91 % des pertes d'emplois liées aux catastrophes sont attribuées aux séismes.

Les tempêtes tropicales et les vents extrêmes génèrent environ 600 000 emplois équivalents perdus chaque année, tandis que les submersions marines et les ondes de tempête représentent 500 000 pertes supplémentaires. Les tsunamis, plus rares mais potentiellement dévastateurs, sont responsables d'environ 400 000 emplois équivalents perdus par an.

L’étude indique que le marché du travail n’est pas seulement mis en danger par des catastrophes ponctuelles mais aussi par des risques structurels comme la chaleur extrême.

Selon les données du Lancet Countdown reprises dans l’étude, l’exposition aux fortes chaleurs a entraîné en 2024 la perte de 640 milliards d’heures de travail potentielles dans le monde, soit un manque à gagner estimé à 1 100 milliards de dollars de revenus du travail.

Les chercheurs estiment que les vagues de chaleur ont provoqué l’équivalent de 79,7 millions d’emplois à temps plein perdus chaque année entre 2015 et 2024. En 2024, année la plus chaude jamais enregistrée, ce chiffre aurait atteint près de 90 millions.

L’agriculture concentre près de 70 % des pertes dans les pays en développement. Lorsque les températures dépassent les seuils physiologiques supportables, les travailleurs réduisent leur cadence, interrompent leur activité ou cessent temporairement de travailler, ce qui affecte directement leur productivité et leurs revenus.

L’étude met également en évidence une forte inégalité face aux conséquences économiques des catastrophes naturelles. Les pays à revenu faible ou intermédiaire subissent la majorité des pertes. Faute de systèmes de protection sociale robustes, d’assurances accessibles ou de capacités budgétaires suffisantes, leur redressement après une catastrophe est plus lent et plus difficile.

L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud figurent parmi les régions les plus touchées. Haïti détient le triste record de l’intensité des pertes d’emplois liées aux catastrophes, avec un volume équivalant à 7,6 % de sa population active occupée.

Et à l’intérieur des pays, les ménages les plus pauvres supportent également une part disproportionnée du choc. Dans plusieurs régions du monde, les 20 % les plus modestes concentrent jusqu’à un tiers des pertes d’emplois liées aux catastrophes, tandis que les populations les plus aisées disposent davantage de ressources pour se protéger, se reloger ou reconstruire leurs activités.

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