Macro-économie / Taux / FAO / agriculture / catastrophes naturelles
Macro-économie / Taux
FAO / agriculture / catastrophes naturelles
Le coût faramineux des catastrophes pour l’agriculture mondiale / Elle a payé un lourd tribut depuis plus de 30 années
Sécheresses, inondations ou vagues de chaleur marines et insectes ravageurs. Rien ne semble avoir épargné l’agriculture mondiale durant plus de 30 ans. Les chiffres communiqués par L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l’agriculture (FAO) font froid dans le dos, avec sur la période allant de 1991 à 2003 des catastrophes qui auraient anéanti pas moins de 4,6 milliards de tonnes de céréales, 2,8 milliards de tonnes de fruits et légumes et 900 millions de tonnes de viande et de produits laitiers. Soit l’équivalent d’une diminution par habitant de l’ordre de "13 à 16 % des besoins énergétiques moyens ".
Le moins qu’on puisse dire est que le directeur général de la FAO, QU Dongyu, possède une grande confiance dans la capacité des technologies numériques à changer la donne. Il commente le nouveau rapport de l’institution en exposant qu’elles "révolutionnent déjà la façon dont nous surveillons les risques, fournissons des avertissements précoces et soutenons la prise de décision des agriculteurs". Sur le plan concret, il se félicite de voir que ce sont près de 9,1 millions d'agriculteurs qui accèdent à l'assurance paramétrique par le biais de plateformes numériques et des systèmes mis en place pour prévenir les populations de l’apparition des catastrophes. Il considère qu’il s’agit d’un "changement fondamental de la réponse réactive à la réduction proactive des risques".
Hétérogène
L'Asie est sans aucune doute la grande perdante sur la période avec près de 47 % des pertes mondiales - près de 1 530 milliards de dollars en valeur absolue - en raison d’une part d’une géographie particulièrement exposée aux sécheresses et aux tempêtes mais également de son rôle prépondérant dans la production agricole. Les Amériques ne sont pas en reste avec 22 % des pertes mondiales - 713 milliards de dollars - principalement en raison de sécheresses chroniques et de fortes variations de températures.
Paradoxalement il se pourrait bien que ce soit l’Afrique qui paye le prix le plus cher, malgré des pertes absolues plus faibles. La FAO exposant qu’elle perdrait 7,4 % de son PIB agricole à cause des catastrophes naturelles, ce qui constitue la charge relative la plus importante de toutes les régions. En effet, il est expliqué qu’au sein des économies "où l'agriculture représente une part importante de l'emploi et des revenus, ces pertes ont eu de graves conséquences sur la sécurité alimentaire et la stabilité rurale ". Une problématique qu'on retrouve également chez les petits États insulaires. Les pertes sont là encore disproportionnellement élevées sur le PIB agricole.
Anticiper
D’autres phénomènes sont également relatés par le rapport tels que des vagues de chaleur marines qui "ont causé 6,6 milliards de dollars de pertes entre 1985 et 2022, affectant 15 % des pêcheries mondiales ". Pour contrecarrer ces désastres sur le plan économique et humain, il est largement fait le pari du numérique à la FAO. Les mérites d’outils émergents tels que l'intelligence artificielle, la télédétection, la connectivité mobile ou encore les drones sont loués tant ils "permettent désormais des informations hyperlocales en temps réel qui améliorent l'alerte précoce, les services de conseil, les mécanismes de transfert des risques et l'action anticipative".
Une salle intégrée de surveillance des risques et de situation de la FAO a ainsi vu le jour au siège romain du groupe, permettant d’améliorer la surveillance et de coordonner les réponses au plus vite. Cependant ses équipes ne sont pas dupes, un large partie de la population mondiale reste non connectée à internet - 2,6 milliards de personnes - alors même qu’il s’agit de populations parmi les plus vulnérables de par leur situation en zone rurale.
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