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Macro-économie / Taux / agriculture / Investissements / Monde

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Un futur de l’agriculture gourmand en investissement / Une nécessité pour être en mesure d’affronter les chocs à venir

L’avenir du secteur agricole est soumis à caution à en croire la FAO, cette dernière table certes sur un revenu agricole brut moyen par actif en progression de 9 %, à l’échelle mondiale, d’ici 2035. Cependant, cette projection demeure soumise à de nombreux aléas, au premier rang desquels on trouve les effets néfastes d’un choc de l’énergie perdurant dans le temps, tout comme un déficit d’investissement perturberait la trajectoire imaginée pour l’heure.
Photo par JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Photo par JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Une décennie de tous les dangers. Tout en se gardant de sombrer dans un pessimisme excessif, les perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2026‑2035 ouvrent le champ des possibles, le scénario central demeure celui d’une production mondiale attendue en hausse de 13 % sur la période. Néanmoins, les prévisionnistes voient le revenu agricole progresser à un rythme plus faible, malgré les gains de productivité attendus.

Une dynamique pouvant également souffrir de nombreux écueils, à commencer par la variabilité intrinsèque de la situation environnementale et de la conjoncture économique. Ce qui fait dire aux équipes de la FAO qu’elles estiment qu’il y a « encore une chance sur quatre de voir ce revenu baisser de 3 % ». Un des dangers les plus concrets à court terme étant le cas où « l’augmentation de 33 % observée sur les prix de l’énergie au premier semestre 2026 devait se maintenir pendant la seconde partie de l’année, la production mondiale de céréales diminuerait de 0.9 % en 2027, et davantage encore – 1.7 % – dans les pays à faible revenu ».

 

Prévenir plutôt que guérir

 

Pour se prémunir de ces aléas, il faudrait veiller à ne pas avoir trop la tête dans le guidon à en croire Qu Dongyu, le directeur général de la FAO. Ce dernier expliquant que « la résilience, ce n’est pas surmonter le dernier choc en date ; c’est se préparer au choc qui suivra ». Il exhorte les décideurs à investir largement ; que ce soit dans la diversification des couloirs commerciaux, la constitution de réserves régionales d’intrants agricoles critiques ou encore dans les infrastructures. Le dirigeant considère qu’il est encore possible de basculer d’un état de vulnérabilité à un état de préparation, de quoi permettre de parer à tout danger pour la sécurité alimentaire.

Une situation qui verrait probablement les prévisions de la FAO se confirmer, telle que celle d’une production mondiale de céréales attendue à un niveau record de 3.22 milliards de tonnes en 2035. Cette croissance est expliquée principalement par des « rendements en hausse de 0.9 % par an, tandis que les surfaces consacrées aux cultures céréalières ne devraient gagner que 0.1 % par an, soit moins de la moitié du rythme de progression observé durant la décennie précédente ». Une progression d’autant plus importante qu’il est attendu qu’au sein des pays à revenu élevé, la croissance de la consommation de viande soit en net ralentissement. Ouvrant la voie à une recomposition de la consommation.

 

Diversifier

 

Tout n’est pas ramené uniquement à l’alimentation, qu’elle soit humaine ou animale. La FAO s’intéresse également de près aux biocarburants tant cette source d’énergie est précieuse en sa qualité de « substitut renouvelable aux carburants de transport d’origine fossile ». La consommation mondiale de biocarburants est attendue en hausse de 1,4 % par an lors des dix années à venir. Le secteur doit cependant composer avec une « baisse de la demande de carburants causée par l’accélération de l’adoption des véhicules électriques et par l’affaiblissement des incitations publiques. Cela vaut particulièrement pour l’Union européenne, où la consommation de biocarburants devrait diminuer ».

De quoi expliquer que les principaux pays producteurs, tels que le Brésil ou l’Indonésie, vont essentiellement satisfaire leur demande nationale. La question de la dépendance énergétique pousse de plus en plus de pays à chercher des sources d’approvisionnement les moins à risque possibles, même les États-Unis – un des plus grands producteurs d’énergie au monde – ont désormais pris le virage du gazole à base de biomasse.

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