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Banque Mondiale / Investissements / Conflit Russie-Ukraine
Le coût de la reconstruction de l’Ukraine n’en finit plus de croître /
Kiev voit la facture grimper avec la prolongation du conflit
Un conflit qui n’en finit plus et fait grimper les coûts associés. L’Ukraine porte déjà les stigmates de l’invasion déclenchée par son voisin en 2022, son Produit intérieur brut (PIB) étant aujourd’hui inférieur à son niveau d’avant-guerre. Les négociations pour mettre un terme à cet affrontement n’ont pas pour l’heure permis de déboucher sur un cessez-le-feu et d’arrêter les dégâts engendrés au quotidien.
Le retour au PIB de 2022 s’annonce pour le moins lointain, au vu du rythme de croissance actuel pour le moins ténu, 2 % attendu en 2025, même dans l’hypothèse d’un arrêt des combats dès cette année. Une situation dans laquelle la Banque mondiale considère que la croissance serait de 4 % en 2027 puis de 4,5 % en 2028. La première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko, en perspective de ce « coût total de la reconstruction et du redressement de l’Ukraine [qui] est désormais estimé à près de 588 milliards de dollars sur les dix prochaines années », explique que cette somme est de l’ordre de trois fois le PIB nominal projeté pour 2025.
Préparer
À défaut d’avoir une prise sur l’issue du conflit, la Banque mondiale suit de près les besoins liés à la reconstruction et au redressement de chaque secteur. Les chiffres qu’elle dévoile cette semaine sont la cinquième édition de ce jeu de données. Lequel revient sur les sommes nécessaires à long terme, expliquant qu’il ne faudrait pas moins de 96 milliards de dollars à destination du secteur des transports, un peu moins pour celui de l’énergie – 91 milliards de dollars – tout comme le logement – 90 milliards de dollars. Ne sont pas en reste pour autant le secteur du commerce et de l’industrie – avec plus de 63 milliards de dollars nécessaires - et le secteur agricole – nécessitant plus de 55 milliards de dollars.
Les conséquences directes du conflit sont également documentées, qu’il s’agisse des quelque 28 milliards de dollars permettant d’opérer la gestion des risques liés aux explosifs et du déminage ou des dommages directs infligés Ukraine qui ont désormais atteint plus de 195 milliards de dollars. Permettant de quantifier l’impact de la dernière année de conflit, l’évaluation des dommages en date de février 2025 n’évoquant quant à elle qu’une somme de l’ordre de 176 milliards de dollars. Une date depuis laquelle nombre de besoins sectoriels ont augmenté notamment dans le secteur des transports (+ 24 %) et dans celui de l’énergie avec une hausse de 21 % des infrastructures endommagées voire détruites.
Partenaires
Le défi de la reconstruction du pays oriente sans nul doute la réflexion de ses dirigeants, lesquels auront besoin de partenaires aux reins solides pour obtenir les financements nécessaires. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, se montre pressant ces dernières semaines, déclarant ce mardi qu’il "est important pour nous d’avoir une date claire de notre accession à l’Union européenne ». Les propos de Marta Kos, commissaire européenne à l’Elargissement, n’ont pas dû lui déplaire celle-ci martelant que « nous reconstruirons l’Ukraine en un pays membre de l’UE fort et moderne. Grâce à des réformes audacieuses et au cadre d’investissement pour l’Ukraine, outils essentiels pour mobiliser des investissements massifs, nous transformerons la dévastation en prospérité et poursuivrons le chemin de l’Ukraine vers l’UE ».
La Banque mondiale compte également être de la partie, Anna Bjerde, directrice générale des opérations du groupe, expliquant que ce dernier est « fermement engagé à soutenir le redressement et la reconstruction de l’Ukraine et à contribuer à l’épanouissement du peuple ukrainien en lui offrant des emplois, des perspectives et l’espoir d’une économie résiliente, moderne et compétitive ». Un soutien pour le moins précieux, étant donné que pour l’heure, seuls 20,3 milliards de dollars ont été engagés par Kiev et ses partenaires pour procéder à des réparations urgentes pour l’économie.
La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué que l’Union européenne allait finir par accorder un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine "d’une façon ou d’une autre" et ce malgré l’opposition hongroise à ce projet.
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