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Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Ajay Banga

Macro-économie / Taux
Banque Mondiale / Ajay Banga

Un prix Nobel débarque à la Banque mondiale / Michael Kremer va en devenir le chef économiste

Un déménagement de plusieurs centaines de kilomètres pour occuper un des plus prestigieux postes d’économiste au monde. Voici que Michael Kremer vient d’être appelé à quitter l’Université de Chicago, où il enseignait, pour devenir le chef économiste du Groupe de la Banque mondiale. La suite d’une carrière qui l’a vu obtenir le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, en 2019, en raison de ses travaux sur la pauvreté mondiale.
Michael Kremer. Photo par JOHN LAMPARSKI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Michael Kremer. Photo par JOHN LAMPARSKI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Son nom est nettement moins connu que celui de sa corécipiendaire Esther Duflo. Il a en effet remporté avec elle et Abhijit Banerjee le prix Nobel d’économie en 2019, pour leurs travaux sur l’approche expérimentale de la lutte contre la pauvreté mondiale. Michael Kremer avait par la suite poursuivi sa carrière académique dans le prolongement de ces travaux. Ses fonctions à la Banque mondiale ont également compris le poste de vice-président principal de l’économie du développement.

Il quitte donc son poste de directeur du laboratoire d’innovation du développement à l’Université de Chicago, où il était professeur. Chez la Banque mondiale, on explique que le choix s’est porté sur son nom tant pour la qualité de sa recherche que pour sa capacité à « traduire ses résultats en programmes qui ont atteint des centaines de millions de personnes, de l’élargissement de l’accès aux vaccins et des programmes de santé scolaire au soutien aux petits agriculteurs. » Parmi la liste de ses accomplissements, on retrouve la proposition, avec son épouse Rachel Glennerster, une économiste britannique ayant notamment œuvré pour le gouvernement du Royaume-Uni et le Fonds monétaire international, de recourir à l’utilisation d’engagements de marché anticipé (AMC) pour les vaccins et ainsi d’avoir contribué au lancement d’un AMC de 1,5 milliard de dollars pour un vaccin contre le pneumocoque avec Gavi et le Groupe de la Banque mondiale. Un autre succès se trouve être son travail sur l’agriculture numérique et les prévisions météorologiques agricoles basées sur l’IA, lequel aurait permis aux programmes gouvernementaux d’atteindre plus de 50 millions de personnes en Afrique et en Asie du Sud.

 

Ambition

 

Le moins que l'on puisse dire est que ce titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Harvard ne compte pas rester les bras croisés. Celui qui a également travaillé sur la croissance économique ou encore le changement technologique explique que « les défis à relever sont énormes, notamment la création d’emplois à grande échelle, le déblocage du capital privé nécessaire pour financer le développement et la garantie que les gens disposent de la santé, de l’éducation et d’autres services dont ils ont besoin pour prospérer. » Il compte bien mettre à profit son expertise pour aider tant les entreprises que les gouvernements.

Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, qui l’a choisi pour remplacer Indermit Gill, qui part à la retraite, aura l’occasion de le voir à l'oeuvre à compter du 1er octobre, date de sa prise de poste. De quoi lui laisser un peu de temps pour le rendez-vous de Bangkok, où auront lieu les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. C'est une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie pour Michael Kremer, membre de l’Académie nationale des sciences, membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, membre de la faculté présidentielle et également cofondateur du Bureau de recherche et d’analyse économique du développement.

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