Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Inflation / croissance
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Banque Mondiale / Inflation / croissance
Les stigmates du conflit au Moyen-Orient commencent à apparaître / La Banque mondiale anticipe une hausse prononcée des prix de l’énergie
« La guerre frappe l’économie mondiale en vagues qui s’accumulent ». Le décryptage fourni ces dernières heures par Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement, penche pour la thèse d’un choc dont les conséquences se font peu à peu sentir sur l’ensemble de l’économie mondiale. Un phénomène qu’il décrit comme commençant par cette hausse des prix de l’énergie, avant de se propager à ceux de l’alimentaire puis d’engendrer une inflation plus conséquente. Un cocktail à même de faire grimper les taux d’intérêt et d’augmenter le coût de la dette.
Un enchaînement qui rappelle à l’économiste l’existence d’une « vérité implacable : la guerre, c’est le développement à l’envers ». Le renchérissement des produits de base induit par ces différentes secousses conduit d’ores et déjà les prévisions d’inflation pour les économies en développement à être révisées à la hausse. Le scénario de référence communiqué parle désormais d’un chiffre de 5,1 % en moyenne en 2026, ce qui est un point de pourcentage de plus qu’anticipé avant la guerre et nettement supérieur aux 4,7 % enregistrés l’année dernière.
Frein
Les dégâts sur la croissance vont de pair. Ces économies ne devraient plus croître que de 3,6 % cette année. Une révision à la baisse de l’ordre de 0,4 point de pourcentage lorsqu’on les ramène aux prévisions établies au mois de janvier. Autant de prévisions qui supposent que « les perturbations les plus aiguës prennent fin en mai et que le transport maritime par le détroit d’Ormuz retrouve progressivement ses niveaux d’avant la guerre d’ici la fin de 2026 ». Une temporalité permettant d’affirmer que le baril de Brent s’établirait en moyenne à 86 dollars en 2026, contre 69 dollars enregistrés en 2025.
Celle-ci n’est pas assurée pour autant et les équipes d’Indermit Gill ont également planché sur des scénarios moins favorables, parmi lesquels « les prix des matières premières pourraient grimper encore davantage si les hostilités s’intensifient ou si les perturbations de l’approvisionnement dues à la guerre persistent plus longtemps que prévu ». Dans ce cas, les prix du Brent « pourraient atteindre en moyenne 115 dollars le baril en 2026 dans un scénario où les infrastructures pétrolières et gazières critiques subiraient davantage de dommages et où les volumes d’exportation mettraient du temps à se redresser ». La même dynamique que décrite précédemment serait alors à l’œuvre via les effets en cascade sur les prix des engrais et des sources d’énergie alternatives telles que les biocarburants. De quoi voir l’inflation dans les économies en développement grimper jusqu’à 5,8 % en 2026. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2022.
Fragile
Un scénario d’autant plus à risque que la capacité à amortir un tel choc est réduite actuellement. Une thèse portée par Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, lequel considère que les traces des chocs passés ont « considérablement réduit les marges de manoeuvre budgétaires disponibles pour faire face à la crise d’approvisionnement énergétique historique qui sévit actuellement ». Une fois de plus, le message de l’importance de cibler efficacement d’éventuelles mesures de soutien a été souligné.
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