Macro-économie / Taux / Ajay Banga / Banque Mondiale / croissance
Macro-économie / Taux
Ajay Banga / Banque Mondiale / croissance
Une croissance mondiale qui ralentit pour mieux rebondir / La Banque mondiale demeure optimiste pour les années à venir
Un contretemps plutôt qu’un arrêt définitif. La marche de la croissance mondiale ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, bien que la Banque mondiale table sur un ralentissement à 2,5 % en 2026, celui-ci serait vite oublié. Les conséquences de cette révision à la baisse des prévisions sont avant tout liées à un triptyque composé de la hausse des prix de l’énergie associée au conflit au Moyen-Orient, à une inflation revigorée et enfin à des anticipations de durcissement de la politique monétaire.
Ce qui ne veut pas dire que la situation est entièrement sous contrôle, l’institution est malheureusement obligée de constater que les aléas sont essentiellement baissiers. Elle évoque le fait que l’escalade des hostilités, d’éventuelles perturbations sur les marchés des produits de base ou encore l’incertitude des politiques économiques puissent amplifier le ralentissement attendu. Ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour la région Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dont la Banque mondiale juge qu’elle est la plus durement touchée par la conjoncture. À l’inverse, c’est l’Asie du Sud qui est pour l’heure la région la plus dynamique, et ce quand bien même elle a perdu une partie de ses approvisionnements énergétiques avec le conflit.
Vent favorable
Un autre constat prime également à en écouter la Banque mondiale, celui de pressions budgétaires communes à de nombreux États. Pesant fort logiquement à la fois sur la capacité des États à réduire la pauvreté et également à créer des emplois. Ce qui pèse dans la balance tel un risque supplémentaire sur les projections de croissance, d’autant plus que les perturbations actuelles des marchés des produits de base seront prolongées. Un scénario catastrophe dans lequel des tensions financières s’ajouteraient est imaginé et verrait la croissance mondiale potentiellement tomber à seulement 1,3 % en 2026, et l’inflation grimper à 4,4 % dans le même temps.
On ne sombre pas non plus dans le pessimisme chez l’institution, où on rappelle qu’une « adoption plus large de l’intelligence artificielle pourrait dynamiser l’activité ». Il est également rappelé que les gouvernants ne vont pas rester les bras croisés, la Banque mondiale leur souffle « d’investir dans les infrastructures physiques, humaines et numériques, de favoriser un environnement propice à l’entreprise et de mobiliser l’investissement privé ». Ajay Banga, le président du Groupe de la Banque mondiale, a abondé en ce sens, exposant que bien que chaque pays soit « touché différemment, l’enjeu est le même pour tous : protéger les populations et préserver la stabilité aujourd’hui, sans hypothéquer la croissance et l’emploi de demain ».
Marge
La question déjà évoquée précédemment de l’endettement est également largement abordée. Un signe de la préoccupation que représente le sujet, tout particulièrement pour les pays en développement dont la dette publique est passée de moins de 40 % du PIB en 2010 à plus de 70 % aujourd’hui. Une spirale négative qui induit que les coûts d’emprunt ne font que progresser pour ces États, alors même qu’il est essentiel pour eux d’arriver à se dégager des marges de manœuvre afin de parvenir à investir dans leur croissance future. Celle-ci ne tenant pas à la charge de la dette mais aux sommes allouées à l’éducation ou autres infrastructures.
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