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FAO / agriculture / AMIS
Les produits alimentaires échappent pour l’heure au tumulte du Moyen-Orient / Le sujet des engrais reste sensible
Le calme avant la possible tempête. C’est en substance ce que voit venir Boubaker Ben-Belhassen, directeur de la Division des marchés et du commerce de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), celui-ci appelant à ne pas s’arrêter au constat de la résilience des dernières semaines. Derrière cette dynamique, il faut bien distinguer que c’est une baisse des cours des huiles végétales qui a compensé la hausse des cours du sucre et des céréales.
Ces dernières l’inquiétant au premier plan, étant donné qu’elles ont mis « évidence une vulnérabilité aux risques météorologiques et aux perturbations qui touchent les marchés de l’énergie et des intrants ». Commentant l’actualité, il a estimé que « l’incertitude persistante qui pèse sur les principales routes commerciales, y compris le détroit d’Ormuz, pourrait faire diminuer l’utilisation des engrais et exercer une pression supplémentaire sur les prix des denrées alimentaires ». L’analyse des conséquences des turbulences géopolitiques qu’avait livrée à WanSquare Thomas Mélonio, le chef économiste de l’AFD, s’inquiétait déjà le mois dernier des conséquences à venir sur la question des engrais.
Amplifier
Les problèmes de disponibilité et autre hausse de coût étant susceptibles de s’amplifier au fil du temps et ce d’autant plus que ce sont essentiellement les récoltes futures qui ne pourront pas être semées. Les chiffres communiqués par le système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) évoquent qu’au sein de l’Union européenne « l’indice moyen du coût des engrais pour le blé a clôturé le mois inchangé par rapport à fin avril, se maintenant à son plus haut niveau depuis trois ans ». Même son de cloche pour les États-Unis, ou bien que le prix des engrais pour le maïs se soit éloigné de son pic de mi-avril – suivant les mouvements de l’azote – il n’en reste pas moins que cet indicateur reste deux fois supérieur à sa moyenne de 2019. La baisse des coûts des engrais pour le soja au Brésil n’empêche pas non plus ceux-ci d’être deux fois plus onéreux qu’ils ne l’étaient en 2019.
Les perspectives ne sont pas non plus au beau fixe en ce qui concerne la production céréalière mondiale, cette dernière étant annoncée comme devant « fléchir de 2 pour cent en glissement annuel et s’établir à 2 982 millions de tonnes, essentiellement en raison d’une baisse des récoltes de blé ». Il faut dire que la campagne record de l’an passé est considérée comme ayant permis aux stocks de progresser de 9,5 pour cent. Un amortisseur pour d’éventuelles tensions futures à venir, l’usage de céréales devant uniquement d’augmenter de 0,6 pour cent en 2026-2027.
Prévenir
Un certain nombre de pays ne reste pas les bras croisés et a pris des choix de politique qui expliquent une partie des évolutions récentes. Parmi eux l’AMIS distingue « l’assouplissement par la Chine des restrictions à l’exportation d’urée, la suspension par l’Union européenne des droits de douane sur les engrais et le soutien aux agriculteurs, ainsi que le développement de l’utilisation des biocarburants en Inde grâce à une augmentation des quotas de riz alloués à la production d’éthanol ». L’Argentine a quant à elle fait le choix de diminuer les taxes à l’exportation de blé.
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