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Grise mine pour la production agricole tricolore / Baisse des prix et des volumes ont joué de concert
Un alignement particulièrement défavorable. L’année 2024 est loin d’être marquée d’une pierre blanche pour le secteur agricole en France. Le compte de l’agriculture, dont l’Insee rappelle qu’il "décrit les performances de l’agriculture en tant qu’activité économique", contient nombre d’indicateurs en baisse.
La production de la branche agricole, hors subventions sur les produits, est au niveau agrégé annoncé en baisse par l’Insee de 7,5 % en valeur après avoir "déjà diminué de 1,5 % en 2023, mettant fin à la forte augmentation des deux années précédentes, durant lesquelles les prix s’étaient fortement appréciés dans le contexte de sortie de crise sanitaire puis du déclenchement de la guerre en Ukraine". La dynamique des prix est-elle en droite ligne avec l’année précédente puisque le recul de 4,4 % en 2023 est suivi d’une baisse de 4,2 % cette année.
Figure de proue
Un des principaux facteurs de cette mauvaise année se trouve être pour "l’essentiel le fait de la production végétale, dont la valeur baisserait de 13,1 %, sous l’effet d’une diminution conjointe des prix (‑6,8 %) et des volumes (-6,8 %)". Combiné au fait que la production animale soit également dans une mauvaise passe puisqu’en repli de 1,4 % étant donné que le redressement des volumes (+ 0,9 %) est "plus qu’effacé par une diminution des prix (-2,3 %)".
L’institution constate que sur les quatre derniers exercices, l’effet des prix "domine nettement celui des volumes " et pour cause ils ont très fortement augmenté puisque les prix se sont élevés de 7,3 % en 2021 puis de 18,1 % en 2022 avant de connaître les baisses successives documentées précédemment. De quoi faire augmenter la production agricole de 9,2 % en valeur sur la période.
Détails
L’Hexagone reste encore largement tributaire des marchés mondiaux, les céréales avaient déjà vu leurs cours chuter de 30 % en 2023 et ce en raison de ce que l’Insee considère comme "une récolte mondiale à un niveau record". Une baisse qui se prolonge en 2024, dans une moindre mesure avec un repli de 4,9 %, "du fait de disponibilités toujours élevées ".
La légère reprise était attendue pour le volume de la production animale (hors subventions), puisque bénéficiant d’un effet de base très favorable en ce qui concerne la production de volailles (+ 13,8 % en 2024), "après une année 2023 encore marquée au premier trimestre par l’épizootie aviaire". Petite inversion de tendance pour le cheptel porcin qui remonte de 0,9 % faisant suite à près de deux décennies de baisses.
Domino
Par ricochet les consommations intermédiaires de la branche agricole ne sortent pas indemne de cette année 2024 et diminueraient de 8,0 % en valeur. L’Insee statue que la remontée des volumes (de 2,6 %) est presque entièrement écrasée par la baisse des prix de l’ordre de 10,2 %.
Une très large rupture est constatée par rapport à l’année 2022, où " la très forte élévation des prix (+ 20,4 %) avait conduit à une baisse inédite des consommations intermédiaires en volume (-4,1 %)".
Retour à la normale en ce qui concerne le prix des engrais et amendements lesquels "diminueraient de 35,1 %. Ils s’étaient appréciés de 19,0 % en 2023, et surtout de 82,1 % en 2022 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine ". Une baisse qui permet de voir le recours aux engrais augmenter en volume de 7,4 %, "alors qu’il avait chuté de 23,4 % en 2022 puis de 17,0 % en 2023". Le prix de l’énergie diminue quant à lui de 3,3 % en 2024, sous l’effet d’une baisse provenant "du gazole non routier utilisé pour les tracteurs (-13,0 % en 2024 après -9,9 % en 2023) et des autres carburants", compensant le fait que tant l’électricité que le gaz se seraient de nouveau renchéri.
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