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Jean-Luc Tavernier; 2035; 2050

Macro-économie / Taux / Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan / Clément Beaune / Xavier Ragpt / OFCE / INSEE

Macro-économie / Taux
Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan / Clément Beaune / Xavier Ragpt / OFCE / INSEE

La capacité à produire peut encore faire son retour sur le Vieux continent / Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan se projette à l’horizon 2050

Une série de propositions pour redresser la barre à l’horizon 2035 et à celui de 2050. Le deuxième volet de l’exercice de prospective lancé par le Haut-commissariat à la stratégie et au plan l’an passé vient d’être dévoilé. Il y est question de réformer en profondeur la politique de l’innovation en France. Le recours systématique à des études d’impact normées et une plus grande intégration européenne sont à l’ordre du jour.
Usine. Photo par VALENTINE CHAPUIS / POOL / AFP
Usine. Photo par VALENTINE CHAPUIS / POOL / AFP

Une feuille de route en deux temps. Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan imagine un chemin pour que la France et l’Europe retrouvent une capacité à produire. Un exercice de prospective piloté ici par Xavier Ragot, président de l’OFCE, et Jean-Luc Tavernier, inspecteur général des finances et ancien directeur général de l’Insee, qui fixe un premier objectif de renforcement de la résilience du tissu productif à l’horizon 2035, puis un second visant à retrouver une prospérité d’ici 2050.

Le constat d’un immobilisme sur un certain nombre de sujets ne date pas d’aujourd’hui, il n’en a pas moins été à nouveau martelé ce lundi matin. Notamment par Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, lequel a alerté sur le « risque de faire de Draghi un conférencier de luxe, le rapport il est là mais l’agenda n’avance pas. » De quoi voir l’une des trois propositions du focus publié par le Haut-Commissariat insister sur la nécessité d’une plus grande intégration productive européenne. Celle-ci est imaginée comme « dépassant la politique du juste retour au profit d’une politique de puissance collective. »

 

Impératif

 

Un véritable plaidoyer en faveur d’une politique industrielle européenne coordonnée, que ce soit via « les politiques industrielles nationales autour de priorités stratégiques communes définies dans le cadre financier pluriannuel », un programme d’investissements intitulé « d’avenir européen » et enfin un endettement commun. Un des nerfs de la guerre est bien entendu ce volet financier et les auteurs conviennent qu’il faudra que la France parvienne à se dégager des marges de manœuvre pour parvenir à investir dans la transition climatique.

C’est au regard de l’histoire de l’Union européenne que cette intégration renforcée est suggérée, la publication suggérant de s’inspirer de la Communauté européenne du charbon et de l’acier au siècle dernier. Une inspiration pour faire émerger de « nouvelles formes de mutualisation à quelques-uns (six ou douze États) », notamment « autour des matières premières critiques, des semi-conducteurs ou des technologies avancées. » Pas de quoi exonérer néanmoins une profonde refonte de la politique d’innovation tricolore, la voie suggérée étant celle d’une centralisation plus forte avec « un pilotage continu de la recherche amont à la mise en production, en concentrant le choix de l’État sur la définition des priorités stratégiques. »

 

Normer

 

Dernière proposition clé et pas des moindres, une systématisation des études d’impact précédant tout changement normatif. Un comité indépendant rattaché au Premier ministre étant chargé de contrôler le bon déroulé de ce dispositif visant à mesurer les impacts, que ce soit sur l’emploi ou encore l’investissement. Une plus grande clarté qui pourrait peut-être aider la France à ne plus être un des champions de la lenteur administrative en Europe. Les auteurs expliquent que l’implantation d’une usine y nécessite aujourd’hui « des délais de procédures jusqu’à quatre fois supérieurs à ceux observés en Allemagne ou en Pologne (où les délais réels sont souvent inférieurs aux délais théoriques), du fait du poids des demandes de compléments et des temps de coordination entre acteurs. »

Pour autant, s’attaquer aux seules faiblesses historiques de la France pourrait ne pas suffire, certains points forts auraient eu tendance à s’éroder ces dernières années. Conséquence directe d’un investissement dans la recherche et le développement ne pesant que 2,2 % du PIB en 2023 pour la France, contre 3,1 % en Allemagne, 3,5 % aux États-Unis ou encore 5,0 % en Corée du Sud. Un déficit certain qui se traduit par un recul de la France dans la production scientifique mondiale, face auquel il est suggéré une réorientation des efforts en faveur des disciplines les plus dynamiques. Tout en s’attelant à réconcilier la recherche avec le secteur privé ; les pistes sont nombreuses, allant du développement des thèses cofinancées avec les entreprises, à l’augmentation des laboratoires public-privé ou encore aux « incitations aux allers-retours entre recherche, industrie et acteurs financiers capables de financer l’innovation. » L’ambition proposée n'est ni plus ni moins que de parvenir à un « véritable changement de logiciel rapprochant durablement le monde de la recherche du tissu productif et financier. »

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