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Macro-économie / Taux / INSEE / démographie

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Une pyramide des âges qui ne va pas s’améliorer dans l’Hexagone / La population française connaîtrait un tournant en 2037

Une bascule qui s’effectuerait dans un peu plus de dix ans, le paysage dessiné par les projections de population à l’horizon 2070 de l’Insee voit celle de l’Hexagone se réduire à compter de 2037. La conséquence d’un solde migratoire qui ne suffira plus à enrayer un solde naturel devenu négatif en 2025.
Insee. Photo par SEBASTIEN DUPUY / AFP
Insee. Photo par SEBASTIEN DUPUY / AFP

Pour l’instant tout va bien. La lecture des projections démographiques de l’Insee peut à première vue donner l’impression d’une France toujours davantage peuplée. Malheureusement, l’Insee vient d’expliquer en ce début de semaine que la population française serait « probablement moins nombreuse » en 2070 qu’en 2026 et à coup sûr plus âgée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Le prolongement des tendances actuelles verrait la France compter 69,9 millions d’habitants en 2037, avant de diminuer au fil des années.

La principale problématique est celle d’un fort déséquilibre au sein de la population, le nombre d’habitants de moins de 45 ans devrait baisser de 8,9 millions et celui de ceux âgés de 65 ans ou plus progresser de quelque 5,8 millions. La tranche d’âge intermédiaire devrait quant à elle rester stable. Les estimations sont assez affirmatives jusqu’en 2040 et avancent que l’Hexagone comptera « 49 personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans, contre 40 en 2026 ». Un différentiel qui se creuserait avec le temps, avec un rapport de dépendance démographique qui demeure cependant incertain jusqu’en 2070. L’Insee tablant néanmoins sur un scénario central de 62 pour 100.

 

Balancier

 

Les équipes de l’Insee insistent cependant sur le fait que la décrue de la population tricolore n’est pas gravée dans le marbre. Leurs projections vont en effet de 61 à 71 millions de personnes en France à cet horizon, suivant une baisse ou une hausse de l’hypothèse de fécondité – 1.45 enfant par femme à compter de 2028 - ou de celle du solde migratoire - de + 150 000 entrées nettes chaque année. Le scénario central s’accompagne uniquement d’une hausse des 65 ans et plus, au sein de cette tranche d’âge ce sont les 80 ans ou plus qui vont devenir bien plus nombreux – avec une hausse de quelque 4,6 millions – tandis que les centenaires ne seraient pas en reste – leur nombre serait multiplié par 4 d’ici 2070.

Un monde est cependant imaginé dans lequel on connaîtrait des « hypothèses de mortalité et de migrations fixées à leur valeur centrale et avec une fécondité haute (ICF à 1,70 enfant par femme) », de quoi voir la population continuer de croître jusqu’en 2052 contre 2037 dans le scénario central. Ce qui engendrerait une population de 70,8 millions d’habitants en 2070, soit 4,9 millions de plus que le chiffre évoqué précédemment. Le solde migratoire pourrait jouer de la même ampleur – 5 millions d’habitants - que ce soit à la hausse où à la baisse, l’Insee imaginant un scénario de solde migratoire haut (+ 230 000 personnes par an) et un de solde migratoire bas (+ 70 000 personnes par an).

 

Équilibre

 

Autant d’hypothèses qui sont susceptibles de peser sur le financement du modèle de protection sociale hexagonal : plus le nombre d’actifs se réduit à peau de chagrin, plus sa soutenabilité souffrira. L’Insee a également commenté l’élargissement à venir du sommet de la pyramide des âges, indiquant que celle-ci s’expliquait « notamment par les progrès passés et à venir de l’espérance de vie, ainsi que, dans une moindre mesure, par le solde migratoire positif ». Revenant sur la progression conséquente anticipée des personnes ayant 80 ans et plus, la publication explique que celles-ci sont encore peu nombreuses à date puisqu’il s’agit de personnes nées avant le baby-boom. La part des hommes dans le sommet de cette pyramide – les 80 ans et plus - devrait également devenir plus conséquente, passant de 36 % actuellement à 44 % en 2070.

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