Macro-économie / Taux / pétrole / Chine / Macquarie
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Les matières premières semblent reparties pour un tour / La hausse récente devrait perdurer l’an prochain
Un problème parti pour durer. Les observateurs et le marché avec eux ont bien cru à plusieurs reprises que les tensions au Moyen-Orient s'apaiseraient. Pour l’heure il n’en est rien et ces dernières semaines n’ont toujours pas donné des signes d’accalmie, bien au contraire. De quoi pousser les experts de Macquarie à amender leurs scénarios pour l’année prochaine, une nécessité au vu des revirements successifs au fil des mois. Les équipes du géant australien expliquent être passées « d’une peur maximale en mars à un optimisme excessif en juin » et devoir « désormais faire face à un équilibre plus pragmatique et plus volatil pour le reste de l’année. »
L’apprentissage d’une vie quotidienne avec une forte incertitude macroéconomique et médiatique se retranscrit dans les prévisions révisées ces derniers jours. Où la vision d’un pétrole fort domine - avec une projection à 75 dollars en 2027 désormais, en hausse de 15 dollars – en raison d’un manque de près de 4 millions de barils par jour qui perdure. Chez Macquarie, on s’inquiète avant tout pour les marchés physiques et ce en raison des contraintes actuelles, tant en termes de capacité de raffinage que d’approvisionnement en brut. Les fournisseurs au Moyen-Orient et en Russie n’étant pas en mesure de tenir leurs rôles habituels.
Attendre
La donne est donc fondamentalement changée, d’autant plus que les rôles sont désormais parfois inversés. Habituellement gourmande en or noir, voici que la Chine disposerait désormais « d’une capacité de réserve lui permettant d’exporter. » Le fruit d’une stratégie de réduction de ses importations depuis le début de l’année combinée à la constitution d’importants stocks sur le temps long. Le pouls des marchés ne tient cependant pas uniquement aux différents hydrocarbures. Les analystes procèdent également à un relèvement de leur prévision de croissance de la demande mondiale de cuivre à + 2,6 % en 2026, contre + 1,8 % précédemment. Un changement qui ne doit cette fois rien à la géopolitique, mais est justifié par les nombreux investissements liés au secteur technologique, associés à la résilience de l’économie mondiale.
Le son de cloche n’est pas tout à fait le même concernant l’aluminium, les prévisions de prix n’y ont été que légèrement relevées à court terme. Il faut dire que pour l’heure le marché est vu comme redevenant excédentaire en 2027-2028 avant d’opérer « un possible resserrement à partir de 2029 sous l’effet de la demande liée à la transition énergétique. » A contre-courant de cette hausse on retrouve la baisse attendue de la production mondiale de nickel, de l’ordre de 2,5 % en 2026, et ce en raison de la baisse attendue de la production en Indonésie, où les quotas de productions ont diminué.
Diriger
Bien que l’Indonésie devienne un facteur déterminant tant pour les métaux que pour le charbon, cela ne détourne pas les équipes de Macquarie de leur conviction que « trois grandes tendances continuent de structurer les marchés : la recherche d’actifs alternatifs par les investisseurs, les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement et l’accélération des besoins en matières premières liés à la transition énergétique, à l’IA et aux data centers. » L’hiver est également redouté dans les bureaux de la firme australienne, laquelle pointe du doigt une « progression relativement lente du stockage de gaz en Europe », laquelle fait peser le risque d’une hausse des cours en l’absence d’un hiver clément. Une hypothèse qui pourrait survenir concomitamment à une dynamique haussière pour le charbon.
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