Macro-économie / Taux / pétrole / OPEP / Russie
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Le baril de pétrole en pleine surchauffe / Les mauvaises nouvelles s’enchaînent
Une hydre à deux têtes. Le conflit en Ukraine et les affrontements dans le Golfe continuent de peser de tout leur poids sur le cours du baril. Une situation qui inquiète de nombreux observateurs, à l’instar de Tamas Varga - analyste chez PVM Oil - lequel ne voit aucun signe d’apaisement dans un horizon proche. Les récentes évolutions faisant ainsi état d’une nouvelle baisse de la production pétrolière en Russie, et ce pour le neuvième mois de suite.
Tantôt annoncé, tantôt repoussé, l’apaisement au Moyen-Orient ne semble pas imminent. John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, explique que le marché doit tenir compte du fait que l’Iran ait « annoncé qu’il poursuivrait ses représailles tant que les frappes américaines se prolongeraient, tandis que les Houthis menacent les infrastructures saoudiennes et les routes maritimes. » Dans le même temps les flux du géant saoudien s’amenuisent avec une production qui a reculé d’environ 1,9 million de barils par jour en août, à 6,238 millions de barils par jour. Un niveau aussi bas n’avait pas été enregistré depuis 1990.
Équilibre
L’offre d’or noir se réduit donc mécaniquement tant celle-ci ne dispose que de peu de leviers à actionner pour compenser les barils perdus. Paradoxalement, l’expert de Cité Gestion explique que la Chine vient de changer son fusil d’épaule, puisque « après avoir longtemps puisé dans ses stocks, elle est revenue plus fortement sur le marché avec 8,93 millions de barils par jour importés en août, soit 6,2 % de plus qu’en juillet. » Une situation difficile à décrypter qui voit les vues de l’Agence gouvernementale américaine d’information sur l’énergie (EIA) et celles de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole diverger.
Les divergences entre les deux sont jugées « stupéfiantes » par Tamas Varga, lequel considère que l’un « reste plus qu’optimiste quant à la consommation mondiale de pétrole cette année et l’année prochaine. Dans son dernier rapport mensuel sur le marché pétrolier, l’OPEP a revu à la hausse ses estimations de la demande pour 2026 et 2027. » Les chiffres sont parlants puisque là où « l’estimation de l’IEA table sur une contraction de [la demande de] 1,69 million de barils par jour cette année, l’OPEP prévoit une croissance de 330 000 barils par jour. » Les conséquences sont que là où les équipes installées à Vienne s’attendent à ce que les stocks mondiaux chutent à un rythme de 3,85 millions de barils par jour (mbj) cette année, celles basées à Washington parlent de 1,96 mbj.
Diverger
Les deux visions s’écartent encore davantage en 2027, puisque si l’EIA parle d’une hausse des stocks de 4,89 mbj, c’est sur une baisse moyenne de 100 000 bpj des stocks mondiaux de pétrole que table l’OPEP. L’essentiel de cette différence est dû à une offre qui n’évoluerait pas dans les mêmes proportions et qui finirait par se répercuter sur les estimations des stocks de l’OCDE pour 2027. Ces derniers sont attendus en fin d’année à 3,020 milliards de barils en fin d’année, là où l’OPEP parle plutôt de 2,495 milliards de barils.
Pour l’heure, malgré ces différences d’appréciation, Tamas Varga considère que « l’impact financier de la baisse de la production [de l’OPEP, ndlr] a été partiellement compensé par la hausse des prix. » Un rapide calcul de sa part suggère qu’au vu du produit de la production mensuelle et du prix du pétrole de l’OPEP, les recettes quotidiennes en pétrodollars « ont en réalité augmenté, passant de 1,95 milliard de dollars en février à 2,17 milliards en mai, pour s’établir encore à 2,08 milliards en août. » De quoi masquer une hétérogénéité au sein du cartel, puisque les recettes quotidiennes saoudiennes auraient diminué de 8 %, là où l’ensemble du groupe a vu les siennes progresser de 7 %.
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