Macro-économie / Taux / pétrole / tanker / Chine
Macro-économie / Taux
pétrole / tanker / Chine
L’AIE se veut rassurante sur le pétrole / La fin du conflit au Moyen-Orient n’en demeure pas moins essentielle
Un optimisme à toute épreuve ou presque. Confronté à l’une des plus graves crises énergétiques de l’histoire récente, voici que Fatih Birol - directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) - tient le cap mois après mois. Les efforts entrepris pour trouver des alternatives aux quelque 20 % du pétrole brut transitant habituellement par le détroit d’Ormuz sont loin d’être vains, a-t-il fait valoir à nouveau.
Loin de nier les difficultés créées par l’arrêt de l’essentiel des flux transitant au large de l’Iran, il souligne que les données récentes établissent que « les exportations du Golfe sont [certes] inférieures à leurs sommets de fin juin, mais restent nettement supérieures aux niveaux observés entre début mars et mi-juin ». Une amélioration qui doit largement aux approvisionnements saoudiens et émiratis empruntant des voies alternatives. Ces dernières ne sont pas pour autant à l’abri et Fatih Birol a fait part de sa préoccupation face aux menaces pesant sur le détroit de Bab El-Mandeb, dont la perturbation serait d’autant plus regrettable qu’elle est une voie de contournement essentielle.
Salutaire
Les autres vents favorables listés par ses soins comprennent la substitution des sources d’approvisionnements habituelles par d’autres. Ce qui a été permis au prix d’une hausse des exportations depuis d’autres géographies - au premier rang desquelles on retrouve les États-Unis et le Brésil - ou bien grâce aux prélèvements sur les stocks d’urgence des pays membres de l’AIE. Une décision qui continue d’apporter un soulagement significatif aux marchés confie Fatih Birol et qui pourrait se poursuivre ; étant donné que seuls 290 millions de barils ont été pour l’heure prélevés sur les 400 millions mis à disposition du marché. Un milliard de barils demeure placé en réserve et pourrait être débloqué, si le besoin s’en fait sentir.
Des destructions de demande sont également à noter, notamment en Chine. Un pays dont l’AIE explique qu’il a permis de stabiliser en partie les marchés et ce « en réduisant ses importations de pétrole brut de près de 50 % par rapport aux niveaux d’avant la guerre ». Thomas Giudici, directeur de la gestion obligataire chez Auris Gestion, explique quant à lui que bien que « le pétrole, qui avait dans un premier temps relativement bien résisté à la reprise des hostilités, a certes regagné une dizaine de dollars au cours de la semaine. Pour autant, les scénarios qui dominaient au printemps, fondés sur une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz et ses conséquences sur les approvisionnements mondiaux, n’ont pas refait surface ».
Abri
Les différents investisseurs seraient désormais davantage focalisés sur les capacités de contournement développées par les pays du Golfe ou autre marges de production encore disponibles et les autres facteurs diminuant la possibilité d’un choc pétrolier à court terme. Fatih Birol avertit pourtant qu’il faut garder à l’esprit les dangers apportés par « l’escalade des hostilités et de la diminution continue des stocks commerciaux disponibles ».
L’activité des raffineries et l’approvisionnement en produits pétroliers le préoccupent particulièrement, étant donné qu’elle n’a pas progressé, ce qui se signifie qu’il y a une décorrélation notable entre les produits pétroliers raffinés et le pétrole brut. La tension étant nettement plus forte sur les premiers cités.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

