Macro-économie / Taux / pétrole / OPEP / AIE
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L’heure est propice à la reconstitution des stocks d’or noir / Certains producteurs sont à la merci d’une nouvelle baisse des cours
Le récent appel entre les présidents américain et russe n’a pas aidé à soutenir le cours du pétrole. Les "grands progrès" évoqués à propos de cette réunion par Donald Trump ont en effet laissé entrevoir de plus grandes chances qu’un accord de paix entre Moscou et Kiev émerge. Ce qui est loin d’être neutre lorsqu’on connaît l’activité que déploie Donald Trump pour dissuader différents pays d’importer l’or noir russe.
La question du conflit ukrainien n’est pas la seule dynamique à l’œuvre pour le cours du baril, loin de là à en écouter Toril Bosoni, responsable de la division Industrie et marchés pétroliers à l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Celle-ci explique que l’actuelle "abondance des réserves offre aux industriels et aux gouvernements l’opportunité de reconstituer leurs réserves épuisées". Ce qui serait une bonne nouvelle à ses yeux dans un environnement de tensions géopolitiques.
Équilibres
Une reconstitution qui est déjà en cours avec des stocks mondiaux de pétrole ayant augmenté de 225 millions de barils entre janvier et août, atteignant selon les données de l’AIE un plus haut en quatre ans à quelque 7,9 milliards de barils. La responsable des marchés pétroliers expliquant que "plus d’un tiers de cette augmentation est imputable aux stocks de brut chinois, qui dépassent désormais de 30 % leur niveau de 2019".
Une nouvelle loi chinoise portant sur l’énergie est à l’origine de cette hausse considérable ; pour combler le manque d’installations publiques, il s’avère que "les compagnies pétrolières sont désormais tenues d’augmenter leurs stocks de pétrole dans leurs propres installations de stockage commercial". Le stockage à long terme n’est plus uniquement une prérogative gouvernementale. Un appétit bienvenu alors qu’aux yeux de Toril Bosoni, il s’avère que "l’augmentation des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient et des Amériques laisse présager un excédent intenable de près de 4 mb/j en 2026, ce qui rend de plus en plus évident la nécessité de faire des concessions". Il est en effet argué que dans le même temps les stocks de pétrole sur plusieurs marchés clés, tel que les États-Unis, sont à des niveaux historiquement bas soutenant les cours. Une situation qui évoluera quelque peu lorsque les 102 millions de barils de pétrole transporté ou stocké sur l’eau actuellement commenceront à décharger, ce qui devrait induire que "les stocks de brut terrestres hors de Chine augmenteront, ce qui pourrait accentuer la pression sur les prix".
Inertie
Le rééquilibrage nécessaire du marché devrait venir de l’offre d’or et sans doute de la part d’un Cartel qui s’est montré très loquace ces dernières années concernant sa volonté de stabiliser le marché. Se montrant capable d’augmenter ou de réduire sa production au gré des dynamiques. Il y a peu à attendre de la demande pour rééquilibrer étant donné qu’elle est relativement peu élastique, Toril Bosoni argue ainsi que "des fluctuations importantes des prix du pétrole sont nécessaires pour avoir un impact significatif sur la demande à court terme. Par exemple, une hausse durable de 10 % des prix du pétrole réduirait la consommation mondiale de pétrole d’environ 0,3 %".
A contrario, certains producteurs disposant des coûts de production parmi les plus élevés pourraient faire grise mine si le nouvel équilibre met du temps à être atteint. C’est ce qu’on retrouve chez certains exploitants, notamment de pétrole de schiste américain. Le point mort de ce dernier étant situé autour de 60 dollars le baril, et du côté de l’AIE on explique "qu’en cas de baisse des prix à 50 dollars le baril, 90 % des exploitants prévoient une baisse de leur production".
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