Macro-économie / Taux / Moyen-Orient / Agence internationale de l'énergie / AIE
Macro-économie / Taux
Moyen-Orient / Agence internationale de l'énergie / AIE
Le conflit au Moyen-Orient n’en finit plus de remodeler le monde énergétique / Les plans d’investissements s’adaptent à la crise
Un conflit comme catalyseur des investissements. Comme de coutume l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est revenue sur les investissements énergétiques mondiaux. Le rapport annuel publié par les soins de l’institution témoigne des bouleversements provoqués par les affrontements au Moyen-Orient. De quoi amplifier le virage du renouvelable, lequel associé aux réseaux électriques, au nucléaire ou autre stockage parvient à attirer 2 200 milliards d’investissement au titre de cette année.
Un parallèle est dressé entre la situation actuelle et les chocs pétroliers des années 1970 par Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. Lequel considère que les évènements de ces derniers mois vont remodeler les stratégies d’investissement à l’échelle mondiale, à l’instar des bouleversements majeurs qu’avait connu le secteur de l’énergie lors de cet épisode. Ses équipes voient d’ores les conséquences avec une croissance des dépenses énergétiques essentiellement tirée par l’électricité et la diversification.
Redéployer
Le paysage décrit par le patron de l’agence est celui d’un monde dans lequel les dirigeants d’entreprises et de pays sont contraints de revoir rapidement leurs stratégies d’investissement énergétique face au constat des crises énergétiques à répétition. L’inflexion est cette fois bien plus conséquente qu’en 2022, étant donné que le choc est bien plus important, durable et que ce sont d’autres géographies qui seront les premières concernées. Le rapport estime en effet que ce seront avant tout l’Asie et le Moyen-Orient qui vont devoir repenser leurs investissements.
Les acteurs ne se contentent pas de diversifier leurs partenaires commerciaux pour limiter leurs dépendances, l’AIE explique observer un recours accru aux ressources nationales que ce soit les énergies renouvelables, le nucléaire en passant par le charbon, le pétrole ou encore le gaz. Cela explique que les investissements dans le gaz naturel « devraient atteindre 330 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis dix ans, soutenus par une vague de nouveaux projets d’exportation de GNL, notamment aux États-Unis et au Qatar ». Là où les prix élevés du pétrole n’empêchent pas les investissements pétroliers de passer sous la barre des 500 milliards de dollars.
Perdurer
Il n’est pas à exclure que le déclin des énergies fossiles ne soit quelque peu atténué par la géopolitique. Les investissements dans le charbon ont en effet atteint 180 milliards de dollars en 2026, soit leur plus haut niveau depuis 2012. Certains pays asiatiques pourraient bien envisager de « prolonger l’exploitation de leurs centrales à charbon existantes » pour faire face aux turbulences actuelles et se joindre à la Chine. Laquelle concentrent pour l’heure pas moins de 70 % des dépenses mondiales d’approvisionnement en charbon.
Le fossile n’est pas le seul à tirer parti de la situation actuelle, les politiques publiques en matière d’efficacité énergétique bénéficient quant à elle d’un regain d’intérêt. Alors que près de 350 milliards de dollars sont investis chaque année dans le monde pour améliorer l’efficacité énergétique, voici que ce sont une vingtaine de pays qui ont annoncé prendre nouvelles mesures ces derniers mois. Tout n’est pas rose pour autant rappelle l’agence installée à Paris, notamment étant donné que « ce conflit a engendré une forte volatilité sur les marchés financiers, ralentissant les décisions d’investissement à court terme et faisant grimper les coûts de financement à long terme » et ce alors même que les besoins énergétiques augmentent dans certaines régions du monde, en raison de l'essor des centres de données et de l’intelligence artificielle.
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