Macro-économie / Taux / Arabie saoudite / Moyen-Orient
Macro-économie / Taux
Arabie saoudite / Moyen-Orient
Quand les affrontements coûtent cher au Moyen-Orient / La croissance diminue là où le risque pays augmente
Un trio revu à la baisse simultanément. Il ne fait pas de doute que l’ensemble de l’économie fait les frais de la séquence au Moyen-Orient. Les économistes sont unanimes qu’ils soient situés à Bangkok, place de la Catalogne ou encore chez Coface. Les économistes de l’expert en assurance-crédit viennent de livrer un verdict attendu concernant plusieurs pays appartenant au Conseil de coopération du Golfe. Une organisation où est attendue une baisse de l’activité pour l’intégralité de ses membres, à commencer par l’Arabie saoudite.
Le pays dirigé par Mohammed ben Salmane est en effet dégradé de A3 à A4, une réévaluation de son risque pays qui s’explique par le fait que son économie est « exposée aux attaques contre ses infrastructures énergétiques » et voit une grande partie de ses voies d’exportation être exposées à cette menace. Le constat est moins exhaustif mais amène aux mêmes conséquences pour le Qatar et les Émirats arabes unis – passant respectivement de A3 à A3 et de A2 à A3 –, à chaque fois en raison de leur très forte dépendance à un détroit d’Ormuz loin d’être revenu au calme.
Cascade
Les dégradations touchent également des secteurs de plusieurs pays de la région, en l’occurrence l’agroalimentaire saoudien et émirati. Non pas en raison de considérations ayant trait à la production locale, mais de leur forte dépendance à des flux d’importations alimentaires, lesquels sont bel et bien sujets aux perturbations, conduisant également ces deux mêmes pays à subir un déclassement de leur secteur de transport.
Ils ne sont peut-être pas au bout de leur peine, étant donné les nuages noirs qui pointent à l’horizon pour l’ensemble de la région. Le plus important a même trait à l’ensemble du globe, puisque Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface, rappelle que « la prolongation du conflit au Moyen-Orient ravive le risque d’un nouveau choc inflationniste mondial. La hausse des prix de l’énergie, des matières premières et des coûts de transport contraint les banques centrales à maintenir des politiques monétaires restrictives, compliquant l’équation pour les États et les entreprises les plus fragiles. » Un constat d’autant plus prégnant pour cette partie du globe, qu’il s’agit d’économies s’étant pour la plupart lancées dans de vastes projets d’investissements pour diversifier leurs sources de revenus. Toute réduction de la manne pétrolière et gazière est dès lors une mauvaise nouvelle pour leur capacité à les financer et le recours au marché sera plus coûteux au vu de la séquence actuelle.
Gourmand
La question des émissions souveraines a attiré l’attention du Global Sovereign Advisory (GSA) en ce début de semaine, ses équipes dressant la liste des 20 plus grands émetteurs souverains des pays émergents et en développement sur les marchés internationaux. Il s’avère que sur les neuf premiers mois, bien que le Mexique arrive en tête avec 22 milliards de dollars, il se situe juste devant l’Arabie saoudite (15 milliards de dollars). Le Koweït figure également en bonne place avec un chiffre annoncé de 10 milliards de dollars.
Pas d’inquiètude toutefois pour l’heure, chez GSA on juge que le « début de l’année 2026 a confirmé la capacité du marché à absorber des volumes importants, malgré une période temporaire d’attentisme après le choc au Moyen-Orient. » L’activité ayant « rapidement repris, avant de ralentir de nouveau pendant l’été, période traditionnellement moins active sur le marché primaire. » La réouverture constatée du marché après le choc au Moyen-Orient a notamment bénéficié au Bahreïn au mois de juin, faisant partie d’une cohorte de pays notés « single B » à avoir eu recours au marché. Tandis que la notation souveraine d’Oman a quant à elle été relevée cette année, signe que la situation n’est pas encore critique sur tous les fronts.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

