Macro-économie / Taux / Arabie saoudite / Afrique du Sud / transition énergétique
Macro-économie / Taux
Arabie saoudite / Afrique du Sud / transition énergétique
Des pays émergents très largement exposés à la transition énergétique / Les secteurs à forte intensité carbone prennent souvent une place importante dans leurs économies
Un virage qu’il serait bien coûteux de ne pas prendre. La transition énergétique a beau ne pas se cantonner à un groupe de pays en particulier, elle semble présenter des risques accrus pour certains. Tout particulièrement pour ceux qui sont pour l’heure dépendants de sources d’énergie fortement émettrices en carbone, il leur faudra opérer cette transition sans accroc pour ne pas voir leur Produit intérieur brut (PIB) s’effondrer rapidement.
Reprenant le concept de PIB à risque de transition développé par Bruegel, Global Sovereign Advisory (GSA) considère qu’au sein des économies émergentes du G20 c’est la Russie – 30 % - qui présente le PIB le plus à risque face à la transition énergétique, suivie de la Chine – 29 % - puis de l’Afrique du Sud – 28 %. D’autres pays sont bien moins exposés, qu’il s’agisse de l’Arabie saoudite – 11 % -, du Brésil – 13 % - ou encore le Mexique – 9 % -. Un résultat qui n’est pas nécessairement des plus intuitifs au vu de la spécialisation de ces États.
Préparer
Cette différence marquante va en effet à contrecourant de certains préjugés, les équipes de GSA expliquant que bien que l’économie sud-africaine soit "fortement orientée vers les services, généralement moins intensifs en carbone, ce qui suggérerait une vulnérabilité plus faible pourtant, le PIB à risque estimé est élevé ". À l’inverse, il semble que l’Arabie saoudite parvienne à faire fi de sa large dépendance à l’extraction d’hydrocarbures pour présenter une part plus congrue de son PIB comme étant à risque.
Les déterminants des écarts considérables ne dépendent pas tant de la composante liée à la taille des secteurs à fortes émissions mais également de la préparation de cette partie de l’économie à la transition énergétique. C’est sur ce dernier point que les mauvais élèves font la différence avec tant "l’Afrique du Sud (+ 12 %), la Russie (+ 6,7 %) et la Chine (+ 2,7 %) [qui] présentent un niveau de préparation contribuant à une hausse du PIB à risque". Là où c’est tout l’inverse pour l’Indonésie (–11,9 %), le Mexique (–12,7 %) et l’Arabie saoudite (–15,9 %) qui sont autant de pays qui en raison d’une préparation favorable réduisent la part de leur PIB à risque.
En pointe
Le royaume saoudien serait particulièrement en avance relativement à bon nombre d’économies émergentes grâce à des efforts qui semblent avoir porté leurs fruits. Ils lui auraient permis d’afficher des secteurs à fortes émissions du pays présentant " une intensité carbone inférieure à la moyenne des économies émergentes du G20, en partie grâce à un mix énergétique dominé par le pétrole (63,8 %) et le gaz (36,1 %), et par une utilisation quasi nulle du charbon ".
Là où d’autres pays sont bien plus gourmands concernant cette source d’énergie, la Chine voit son mix énergétique être très largement dominé par le charbon avec quelque 60,9 %.
L’Empire du milieu ne néglige pourtant pas ses efforts et mettrait depuis 2022 "chaque année aux enchères la plus grande capacité renouvelable du G20 destinée à la production d’électricité". Son marché du carbone s’est quant à lui élargi à de nouveaux secteurs, à la suite de réformes. L’accélération de sa décarbonation est également saluée par GSA tant pour les mesures de tarification du carbone que pour les financements ciblés.
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