Macro-économie / Taux / Banque de France / bulletin / transition énergétique
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Banque de France / bulletin / transition énergétique
La balance commerciale tricolore bénéficie de la transition énergétique / L’ensemble des importateurs nets d'énergie fossile devrait en profiter
Un allié surprenant pour équilibrer la balance commerciale. Il se pourrait bien que les conséquences du réchauffement climatique contribuent à ce que la France soit moins dépendante de ses importations en énergie. Une thèse qu’on retrouve dans le dernier bulletin de la Banque de France qui y décrit une situation complexe, où la transition va certes rendre les importations d’énergies fossiles moins importantes pour un certain nombre de pays tout en nécessitant des investissements conséquents.
Le prix de la transition est pour le moins difficile à quantifier, une évidence apparaît cependant dans la publication de l’institut d’émission ; il y aurait une "baisse progressive de la consommation d’énergies fossiles améliorant la balance commerciale des pays importateurs comme la France, mais réduisant fortement les revenus des pays producteurs". Ce qui serait une bonne nouvelle pour l’Hexagone serait loin d’en être une pour un certain nombre d’économies. Les calculs dévoilés font état d’une hausse de la balance courante de la zone euro en 2050 de l’ordre de 0,5 point de PIB.
Revers de la médaille
La partie n’est pas gagnée pour autant avec comme nerf de la guerre la question des investissements nécessaires à la transition. Du côté des auteurs on redoute de se trouver dans le cas où "si ces investissements creusent le déficit public des pays avancés, leur balance courante pourrait diminuer". Les flux à allouer vers le verdissement des économies sont considérables et la Commission européenne les évaluait pour le Vieux continent entre 3 et 4 points de PIB chaque année. Un chiffrage qui mélange tant les financements privés que publics.
L’une des difficultés semble se situer à l’impulsion avec une proportion d’investissement public qui " devrait transitoirement être plus élevée, entre 20 et 50 % du total " avant de s’établir à 15 % sur longue période. Ce qui n’est pas une mince affaire au vu des contraintes budgétaires pesant sur un certain nombre de pays avancés. Renoncer à recourir à l’impôt pour obtenir l’investissement public européen nécessaire à la transition est considéré comme allant "creuser le déficit public de la zone euro, de 1,5 à 2 points de PIB à horizon 2030".
Déterminants
Un facteur devrait cependant continuer à bénéficier aux économies avancées ; bien que quel que soit le flux de capitaux il "existe un certain appétit pour les investissements verts", il est martelé que "les facteurs traditionnels d’allocation de portefeuille prédominent néanmoins". De quoi avantager les pays développés relativement aux pays en développement, puisque ces derniers souffrent d’un risque de crédit plus élevé, de leur poids plus faible dans les indices de référence ou encore sont sujets à une volatilité des rendements plus élevés.
Certains pays producteurs et exportateurs nets de pétrole ou de gaz peuvent essayer de minimiser le choc qu’ils subiront sur leur balance courante en diversifiant leurs investissements. Il n’en reste pas moins que la baisse de l’excédent commercial du Moyen‑Orient est estimé à 1,2 point de PIB en 2050. Le bulletin de la Banque de France explique en effet "qu’à l’exception notable des États‑Unis, les pays qui exportent des énergies fossiles ne sont pas les mêmes que ceux qui fournissent les technologies pour produire de l’énergie renouvelable ".
De quoi faire subir un choc simultané pour leur balance commerciale sous la forme d’une part de la baisse des exportations de pétrole et d’une progression de leurs importations de technologies bas carbone. Là où les mouvements seraient inverses pour les pays avancés. Néanmoins, il est probable qu’en l’absence de flux de capitaux privés en direction des secteurs verts des économies émergentes la transition se fasse de façon désordonnée. Le commerce mondial pourrait quant à lui se contracter quelque peu avec des flux liés aux énergies renouvelables qui auront du mal à prendre la même ampleur que ceux liés aux énergies fossiles.
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