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prix; baril; PVM oil, Tamas Varga; courtier

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Agence internationale de l'énergie / pétrole / Ormuz

La demande du pétrole devrait attendre 2027 pour reprendre du poil de la bête / L’heure est à la prudence pour l’Agence internationale de l’énergie

L’arrêt des affrontements au Moyen-Orient n’empêche pas l’Agence internationale de l’énergie de tabler un marché pétrolier qui devrait faire le dos rond jusqu’à l’année prochaine. Les équipes de Fatih Birol expliquent que la destruction de demande provoquée par la crise énergétique n’empêche pas les stocks mondiaux de diminuer mois après mois. Il faudrait attendre 2027 pour voir l’offre d’or noir progresser significativement – de l’ordre de 8 millions de barils par jour.
Pétrolier ayant réussi à franchir le détroit d'Ormuz. Photo par HWAWON CECI LEE / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
Pétrolier ayant réussi à franchir le détroit d'Ormuz. Photo par HWAWON CECI LEE / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

La temporalité du pétrole n’est pas totalement synchronisée avec celle de la géopolitique. Du moins pas totalement à en croire les prévisions publiées ce mercredi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière indique en effet s’attendre à ce que la demande mondiale de pétrole diminue de quelque 1,1 million de barils par jour (mbj) en glissement annuel en 2026. Un repli qui s’est donc amplifié de quelque 700 000 barils par jour depuis les chiffres dévoilés le mois dernier.

Une diminution qui s’explique en partie par des acteurs bien obligés de composer avec une hausse des prix, des flux perturbés et également une diminution de l’offre mondiale. Cette dernière dynamique serait de l’ordre de 3,9 mbj en 2026, portant l’offre à quelque 102,4 mbj. Piocher dans les réserves ne suffisant pour compenser le recul de la production, rien que pour le mois de mai l’agence explique qu’elle n’est plus que de « 94,5 mbj, soit une baisse de 600 000 barils par mètre cube (kb/dm) et de 13,6 mbj par rapport aux niveaux d’avant le conflit ».

 

Mal en patience

 

Le fait qu’un accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran voie le jour n’est pas pour autant éludé, une telle situation rendant possible une reprise des exportations du Moyen-Orient. Cependant, quelque 20 % de l’offre mondiale qui transitaient par Ormuz n’y repasseront pas en un claquement de doigts, l’AIE rappelant même que « des contraintes opérationnelles et politiques, notamment la poursuite du déminage et l’absence de résolution des problèmes de transit, font peser des risques de détérioration sur les perspectives ».

D’autant que la situation de stocks mondiaux est loin d’être au beau fixe, avec le constat que depuis le début des affrontements avec l’Iran d’une baisse drastique. Rien que pour les stocks publics des pays de l’OCDE, ils auraient diminué de 163 millions de barils (soit -1,8 mbj), « atteignant leur niveau le plus bas depuis décembre 1990, en raison de l’accélération des prélèvements d’urgence ». Au niveau mondial, les stocks mondiaux ont perdu 143 millions de barils lors du mois de mai, là où ils en avaient uniquement perdu 74 millions en avril. Chaque journée passée depuis le début de la crise aura donc vu 2,4 mbj de pétrole brut être prélevée dans les réserves, ainsi que 1,4 mbj de produits raffinés.

 

Pas à pas

 

Pour autant l’optimisme fait son retour chez les observateurs, parmi eux Tamas Varga, analyste chez le courtier PVM Oil Associates, lequel explique « pour l’instant, cependant, il faut supposer le meilleur scénario, et on ne peut qu’espérer que la désescalade du week-end ne sera pas suivie d’une résurgence des hostilités dans la région ». Un scénario qui verrait la navigation reprendre peu à peu à travers le détroit d’Ormuz, cette reprise quand bien même elle serait extrêmement progressive est considéré comme devant avoir « un impact significatif sur le bilan pétrolier ».

L’analyste expliquant qu’il ne fait également « aucun doute que les opinions formées au cours des trois derniers jours seront révisées à mesure que de nouveaux développements émergeront ». Le retournement pourrait être aussi rapide que l’ont été les quatre dernières séances de trading – à date de mardi matin -, celles-ci ayant vu le Brent chuter de 17 dollars le baril. Un mouvement interprété comme n’étant « pas simplement une réduction de la prime de risque géopolitique ; Il s’agit d’une réévaluation du bilan pétrolier mondial pour les mois à venir ».

 

Division

 

Le calendrier demeure néanmoins largement sujet à caution, Tamas Varga expliquant que là où « certains analystes estiment que 80 % des flux d’avant-guerre seront rétablis d’ici la fin du troisième trimestre, plus tard que le calendrier prévu par les banques d’investissement. D’autres ne prévoient une normalisation complète qu’à la fin 2026, voire en 2027 ». Rejoignant ainsi les vues de l’AIE, un retour à la normale qui doit également prendre en compte la reconstitution des stocks, tant ces derniers ont été réduits à peau de chagrin au fil des semaines. Un facteur de soutien non négligeable pour les prix et par effet domino sur les anticipations d’inflation, dans la mesure où celles-ci peuvent diminuer dès lors que les prix des hydrocarbures diminuent durablement.

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