WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
sanctions; Arabie Saoudite; AIE; Fatih Birol

Macro-économie / Taux / pétrole / OPEP / Russie / Agence internationale de l'énergie

Macro-économie / Taux
pétrole / OPEP / Russie / Agence internationale de l'énergie

Le pétrole ne redécolle toujours pas / Les perspectives sont cependant plus favorables à moyen terme

Un déclin retardé des usages du fossile imaginé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui ne change pas grand-chose pour le cours de l’or noir dans l’immédiat. Après avoir dévoilé ses scénarios pour les années à venir hier, voilà que l’AIE partage – dans son rapport mensuel sur l’or noir – sa crainte de voir le déséquilibre entre la demande et l’offre de pétrole se creuser de plus en plus sur les marchés. Il est désormais question que cette dernière dépasse la première nommée de près de 4 millions de barils par jour en 2026.
Lukoil. Photo by SEFA KARACAN / Anadolu via AFP
Lukoil. Photo by SEFA KARACAN / Anadolu via AFP

Un sursis qui n’affecte que peu le cours du baril dans l’immédiat. Bien que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ait laissé entendre que le pic de consommation en pétrole pourrait attendre 2050, ce message n’a pas trouvé pour l’heure d’écho dans les prix. Les équipes de l’institution insistent néanmoins – à l’instar de ce qu’elles ont fait pour le moyen terme – sur les nombreux aléas qui existent dans le court terme. Elles font notamment état des conséquences des nouvelles sanctions décidées contre la Russie ou encore de l’impact des conflits douaniers.

La difficulté à atteindre un équilibre entre la demande et l’offre fait quant à elle moins de doute concernant son origine, l’AIE expliquant "que l’offre mondiale de pétrole progresse tandis que la croissance de la demande reste modeste par rapport aux normes historiques". L’agence ayant souligné pas plus tard qu’en septembre, à quel point la baisse des prix de l’or noir était un des rares facteurs de soutien à sa demande.

 

Réactions

 

John Evans, analyste chez le courtier pétrolier PVM, explique que le marché a bien intégré que l’AIE avait modifié ses prévisions, indiquant qu’en l’état actuel des choses " le pétrole n’atteindrait pas un plateau en 2030 et que la demande atteindrait 113 millions de barils par jour en 2050, soit une hausse de 13 % par rapport à 2024. Ce revirement a plus d’importance que ses effets actuels ". L’autre évènement de la semaine est à trouver selon lui dans une publication du cartel pétrolier, qui "a admis qu’il considérait désormais que l’offre et la demande en 2026 seraient très proches".

De quoi priver les partisans d’une hausse des cours de l’un de leurs soutiens traditionnellement des plus optimistes pour la demande. D’autant plus que les autres éléments conjoncturels ne parviennent pas à réveiller l’appétit pour l’or noir. Commentant les possibilités de pourparlers entre Moscou et Kiev, l’analyste a considéré "qu’aussi creuse que soit cette offre, elle a accéléré la tendance baissière". La signature par Donald Trump d’un projet de loi mettant fin à la plus longue fermeture du gouvernement américain de l’histoire ne parvient pas non "à susciter une réaction haussière significative". Ce qui se répercute dans les données avec – selon les dernières données disponibles – une progression de 1,3 million de barils des stocks de brut américain.

 

Scruter

 

La question russe sera probablement cruciale pour l’équilibre, aussi précaire soit-il, du marché pétrolier dans les prochains mois. John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, relève que "les sanctions américaines contre les majors russes commencent à produire leurs effets, Lukoil ayant déclaré un cas de force majeure sur un champ pétrolier en Irak". Les données publiées par l’AIE pour la période allant de janvier à octobre témoignent également de l’impact de ces sanctions avec une production russe qui n’a progressé qu’uniquement de quelque 120 000 barils par jour entre janvier et octobre.

Une des locomotives du cartel pétrolier qu’est l’Arabie saoudite ayant quant à elle réussi à la faire augmenter de pas moins de 1,5 million de barils par jour durant le même laps de temps. Les équipes de Fatih Birol expliquant l’incertitude qui réside quant à "ces nouvelles sanctions [qui] entreront en vigueur le 21 novembre", par le fait que "jusqu’à présent, les exportations russes se sont poursuivies sans grande interruption, malgré l’accumulation des volumes bloqués, les acheteurs évaluant les risques de non-conformité et les solutions de contournement possibles".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article