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On est loin d’en avoir fini avec les prix bas du pétrole / L’OPEP pourrait bien à nouveau augmenter sa production
Un week-end à scruter de près pour les suiveurs du cours du baril. Ce dimanche l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) se réunit avec ses alliés et pourrait bien acter une nouvelle hausse de sa production à en croire Reuters. Il avait déjà été décidé de relever les objectifs de production de près 2,2 millions de barils par jour au printemps et ce jusqu’en septembre. Depuis, l’actualité avait largement été occupée par les menaces émanant de la Maison Blanche en direction des pays se fournissant en or noir auprès de Moscou.
Les prochains jours devraient voir les marchés suivre de près la communication de l’organisation installée à Vienne. Chez Tamas Varga, analyste chez le courtier PVM Oil Associates, on juge que le choix d’une hausse de la production serait " un signal fort indiquant que la reconquête de leur juste part du marché est prioritaire par rapport au soutien des prix à un moment où l’appétit mondial pour le pétrole n’est pas considéré comme vorace". Ce qui a déjà suffi pour l’heure à faire atteindre aux cours un plus bas lors des quinze derniers jours.
Appétit
Une des conséquences de cette détente sur les prix est au contraire haussière. C’est l’affirmation d’Alexander Bressers, analyste principal du marché pétrolier pour l’Agence internationale de l’énergie, ce dernier expliquant que "les prix du pétrole sont l’un des rares vents arrière en ce moment pour la consommation mondiale de pétrole face à un contexte macroéconomique difficile et à l’adoption croissante des véhicules électriques". Aujourd’hui le baril de pétrole brut est près de 15 dollars moins cher qu’au plus haut de 2025.
Un support au niveau des prix qui n’est pas négligeable alors que l’agence basée à Paris table sur une consommation mondiale de pétrole qui augmentera de moins de 700 000 barils par jour - entre 2024 et 2025 - soit une diminution de quelque 350 000 barils par jour par rapport à ce qui était prévu en début d’année. Les causes sont toutes trouvées pour l’analyste et " cette dégradation depuis le début de 2025 est presque entièrement attribuable à une demande inférieure aux attendues dans les économies émergentes et en développement ".
Corrélation
Le spécialiste expliquant que là où on pourrait s’attendre à ce que soient les pays moins développés qui augmentent sensiblement leur consommation, ce n’est pas le cas. Il constate pourtant que "comme l’énergie est une nécessité fondamentale, elle représente souvent une part relativement élevée des dépenses des ménages dans les pays moins riches ", un paradoxe à première vue qui trouve son explication dans la corrélation moyenne pondérée par la demande entre les prix mondiaux de l’essence et les prix à la pompe. Sur la période s’étalant de début 2022 à mai 2025, celle-ci était de 77 % parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et uniquement de 39 % dans les autres économies.
Les soubresauts du marché sont moins présents dans de nombreux pays où les prix sont fortement maintenus artificiellement bas, Alexander Bressers prenant l’exemple des " principaux producteurs de pétrole et de gaz au Moyen-Orient. En Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, les prix de l’essence à la pompe sont restés essentiellement inchangés pendant des années ". À l’inverse les économies avancées ont tendance à amplifier les mouvements de marché en déployant de nombreuses taxes sur les carburants. La fin du mouvement de balancier entre le dollar et le pétrole est aussi avancé par l’expert de l’AIE étant donné que "les marchés pétroliers mondiaux sont évalués en dollars, un dollar plus faible réduit le coût du pétrole dans les devises locales pour les pays importateurs, ce qui incite la demande". Ce qui ne semble pas avoir eu de prise en dehors des économies avancées. De quoi expliquer que l’Europe avec un euro ragaillardi soit l’un des seules régions à voir sa prévision de croissance de la demande être révisée à la hausse pour 2025.
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