Macro-économie / Taux / Baril / pétrole / Agence internationale de l'énergie
Macro-économie / Taux
Baril / pétrole / Agence internationale de l'énergie
La demande de pétrole n’est pas épargnée par la guerre au Moyen-Orient / Elle devrait diminuer cette année face à l’ampleur du choc
Les discussions au plus haut niveau n’y auront rien fait. Fatih Birol, le président exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est cantonné ce matin à remercier le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright pour leur « réunion productive » sur la situation des marchés de l’énergie. Il faut dire que les conséquences de la crise au Moyen-Orient sont présentes en nombre dans le rapport mensuel de l’AIE consacrée à la situation du pétrole.
Tout particulièrement concernant la tension palpable sur le marché de l’or noir, où le « répit bienvenu aux marchés pétroliers mondiaux » apporté par l’annonce d’un cessez-le-feu n’a pas éliminé toutes les craintes existantes. Le constat des équipes de Fatih Birol est celui d’un marché qui n’écarte pas la possibilité d’un regain de tension et d’importateurs qui se démènent toujours autant pour se procurer les barils dont ils ont besoin. Une partie de la demande a néanmoins pu être satisfaite par les stocks constitués auparavant.
Disparition
Ces derniers ont sérieusement diminué au fil des jours, les stocks de pétrole brut des pays importateurs d’Asie auraient ainsi diminué de 31 millions de barils, et « de nouvelles baisses sont attendues en avril » explique-t-on du côté de l’AIE. Au niveau mondial c’est un repli de quelque 85 millions de barils qui est constaté pour l’ensemble des stocks mondiaux. Piocher dans ces différentes réserves n’a pas suffi cependant à empêcher certains acteurs de se retrouver contraint de baisser la voilure.
C’est notamment le cas des producteurs pétrochimiques asiatiques, les équipes de Fatih Birol constatant qu’ils « ont réduit leur production face à la raréfaction des matières premières ». Entreprises et ménages ont subi de plein fouet la hausse du prix du GPL et ont adapté leur comportement. Le constat est similaire pour les compagnies aériennes, le marché du kérosène n’étant pas épargné et les annulations de vols de ces dernières semaines ont drastiquement réduit l’appétit pour ce dérivé du pétrole. Autant d’éléments ayant conduit les prévisions de demande à être bouleversées d’un mois à l’autre, une révision à la baisse de l’ordre de 730 000 barils ayant été opérée entre mars et avril concernant l’évolution de la demande journalière sur l’année 2026.
Étincelle
Pour trouver des espoirs de détente sur le marché, il faut aller regarder du côté des stocks pouvant l’alimenter dès lors que la navigation pourra s’opérer par le détroit d’Ormuz sans contraintes aucune. Les stocks flottants de pétrole brut et de produits pétroliers au Moyen-Orient ont largement augmenté, de l’ordre de 100 millions de barils et les stocks terrestres de pétrole brut dans la région ont quant à eux progressé de 20 millions de barils.
Pour autant l’optimisme reste mesuré chez les observateurs, à l’instar de Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale Asset Management, lequel insiste ce mardi sur le fait qu’une « ouverture du détroit d’Ormuz assez rapide est nécessaire pour éviter des effets trop négatifs pour l’économie mondiale, qui doit déjà faire face à des prix énergétiques et d’autres denrées circulant par cette voie maritime très élevée ». Un scénario favorable ne résoudrait pas pour autant tous les problèmes, l’économiste expliquant qu’on « sait que la croissance mondiale devrait porter les stigmates de cette crise au 1er-2e trimestre ».
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