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Chine; USA; Macquarie

Politique économique / cuivre / Donald Trump / Production

Politique économique
cuivre / Donald Trump / Production

Une autosuffisance américaine sur le cuivre loin d’être à portée de main / Donald Trump ne sera probablement plus à la Maison Blanche

Érigée en enjeu de souveraineté nationale, la fin de la dépendance américaine aux importations de cuivre nécessitera des années avant de devenir une réalité. De quoi laisser apparaître une voie intermédiaire mêlant des relations privilégiées avec certains partenaires et montée en puissance progressive des capacités de production américaines.
Cuivre dans un magasin américain. Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Cuivre dans un magasin américain. Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Il faudra prendre son mal en patience pour Donald Trump. Non pas qu’une moindre grande dépendance des États-Unis sur la question du cuivre soit une chimère, néanmoins il faudra attendre de long mois avant de voir ce souhait présidentiel devenir une réalité. D’autant plus que la production domestique avait diminué de près de 20 % lors des dix dernières années.

Extraire, fondre ou encore recycler. La question du cuivre est loin d’être une mince affaire et faisait arguer cet été à Alice Fox, stratégiste matières premières chez Macquarie Group, qu’il faudrait vraisemblablement attendre 2030 pour que les États-Unis soient en mesure d’atteindre l’autosuffisance en production de cuivre. L’expert expliquant que cela nécessitera une montée en puissance du traitement secondaire domestique qui doit se coupler "de l’ajout de 900 000 tonnes supplémentaires de capacité de fusion primaire sur le territoire américain".

 

Coupler

 

Les infrastructures locales n’étant pas pléthore – nous rappelions au début de l’été qu’uniquement deux fonderies étaient en fonctionnement outre Atlantique – il va falloir composer durant la montée en puissance des outils de production locaux. De quoi faire dire à Alice Fox "qu’il pourrait donc être nécessaire de recourir à des quotas d’importation ou à des exemptions spécifiques à certains pays afin d’alléger partiellement les importations soumises à des droits de douane et donc à des prix élevés du cuivre sur le CME (Chicago Mercantile Exchange ndlr) à moyen terme ", une stratégie à dérouler conjointement aux incitations à l’investissement dans l’industrie américaine en raison de la baisse des prix qui en découlera.

Cependant cette solution est celle plébiscitée par les équipes de Macquarie, étant donné qu’une interdiction des exportations de déchets (en vue de les transformer) serait certes "clairement efficace, mais cela prendrait du temps : selon nous, le délai minimum pour achever la construction d’une nouvelle usine serait d’au moins 12 mois " et ce sans compter les délais juridiques ou autre. Les deux ans à entendre avant que ces capacités supplémentaires entrent en action ne seraient pas sans conséquence et la surabondance associée de déchets aux États-Unis "entraînerait une augmentation des remises sur les déchets et une chute des taux de collecte" et ce avec 510 000 tonnes de cuivre qui seraient bloqués aux États-Unis sans moyen de les traiter.

 

Paradoxe

 

Des investissements qui permettraient à Donald Trump de mettre fin à une situation pour le moins étrange, les États-Unis ont aujourd’hui besoin de recourir à des importations de cuivre et ce alors même qu’ils "sont le plus grand exportateur mondial de déchets de cuivre, avec 959 kt de déchets en poids brut exportés en 2024. […] Les États-Unis représentaient 19 % des exportations mondiales de ferraille en 2024, dont environ 40 % étaient destinées à la Chine".

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