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manufacturier; Hexagone; croissance

Macro-économie / Taux / économie française / industrie / Production

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économie française / industrie / Production

Le repli de la production industrielle tricolore en août cache une bonne nouvelle / Il s’explique par les bonnes performances des mois précédents

La production manufacturière en France vient certes d’être annoncée par l’Insee comme étant en baisse - en glissement mensuel - de 0,7 % lors du mois d’août, mais cette dynamique est à apprécier à l’aune des mois précédents. Les chiffres du mois de juillet viennent ainsi d’être révisés à la hausse passant à - 0,5 % en lieu et place des - 1,7 % initialement annoncés. La très forte progression de certains secteurs en juin explique en partie l’atonie constatée depuis.
Usine en France. Photo by Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Usine en France. Photo by Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un recul qui ne doit pas faire oublier la dynamique industrielle en 2025. Malgré deux mois consécutifs en recul, la production industrielle de l’Hexagone demeure supérieure de 1,1 % à son niveau moyen de janvier à mai. Certaines révisions viennent d’être prises en compte par l’Insee en ce qui concerne l’évolution de l’indice manufacturier entre juin et juillet 2025 et ce en raison de l’intégration de réponses tardives dans la construction aéronautique et spatiale.

De quoi entraîner, explique l’institution de Montrouge, que l’évolution de l’indice de l’ensemble de l’industrie soit "également révisée à la hausse, à ‑0,1 % au lieu de ‑1,1 % ". Une analyse partagée par Charlotte de Montpellier, économiste chez ING France, celle-ci constant qu’effectivement "les variations récentes s’expliquent en grande partie par le secteur aéronautique et spatial. Très dynamique en juin, il avait enregistré une envolée de la production (avec une hausse de la production du secteur des "autres matériels de transport de 17.3 % sur un mois), avant de revenir à des niveaux plus normaux en juillet et août". Le mois d’août a été marqué par une production manufacturière qui a enregistré - rapportée à juillet - une diminution sensible de la production de matériels de transport (en baisse de 4,5 % contre 3,9 % précédemment) et de celle de la cokéfaction et raffinage (-4,7 % alors qu’elle était en hausse de 4,2 % en juillet).

 

Retour à la normale

 

Dès lors, il est naturel à ses yeux que se produise un mouvement de balancier, lequel a " mécaniquement pesé sur les statistiques globales, qui ont diminué en juillet et août après la très forte hausse de juin". Elle n’exprime pas d’inquiétude outre mesure pour une industrie hexagonale qu’elle juge "mieux orientée qu’au début de l’année", pour autant cette bonne nouvelle relative ne suffit pas à écarter l’ensemble des nuages noirs au-dessus de l’économie tricolore.

L’économiste expliquant que "la demande intérieure française demeure très faible et les dépenses des ménages en biens stagnent". Pour ce même mois d’août, il s’avère que " la consommation de biens a stagné, en hausse d’un timide 0,1 %, après un recul plus important qu’estimé précédemment de 0,6 % au mois de juillet". La consommation est même qualifiée de léthargique par ses soins. Le taux d’épargne ne se contente pas de rester élevé mais progresse même jusqu’à atteindre un plus haut historique de 18,9 % à la fin du premier semestre.

 

Ne pas suffire

 

Une forte dynamique d’épargne qui fragilise à ses yeux "l’espoir d’un rebond de l’activité économique dans les prochains mois" et ce alors même que l’inflation est contenue - 1,2 % en septembre - tout en étant accompagnée par des gains de pouvoir d’achat non négligeables. On comprend aisément que la croissance française ne dépendra pas de la bonne santé de la seule industrie. Le passage à une prévision de croissance de 1 % pour 2025 par Matignon n’est pas en ligne avec ce que constate Charlotte de Montpellier ; elle considère que "ce chiffre pourrait encore être trop optimiste : nous tablons plutôt sur 0.8 % en 2026 après 0.6 % en 2025". Pas de quoi simplifier les arbitrages budgétaires à venir.

On avait vu récemment Patrick Artus, conseiller économique senior chez Ossiam, s’inquiéter de l’impasse hexagonale dont l’économie serait coincée dans un "cercle vicieux de croissance faible". L’expert arguant que " la faiblesse des recettes fiscales, et donc le niveau élevé du déficit public, expliquent que la politique budgétaire doit être constamment restrictive pour limiter la hausse du taux d’endettement public". Le bât ne blesserait donc pas tant au niveau industriel mais plutôt sur l’incapacité de la France à effectuer des investissements conséquents dans des domaines allant des nouvelles technologies à l’amélioration la formation et de l’éducation.

 

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