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Les patrons plébiscitent la reconstitution du groupe d’études Industrie au Sénat /
Les demandes d’audition affluent
Le 20 janvier prochain se tiendra la toute première réunion du nouveau groupe d’études Industrie du Sénat, présidé par la sénatrice Union centriste de la Marne et membre de la délégation des entreprises, Anne-Sophie Romagny. Il s’agira même d’un démarrage sur les chapeaux de roues puisque ces travaux débuteront avec une audition de Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. Et d’autres auditions suivront rapidement. "Depuis l’annonce de la reconstitution du groupe d’études, les demandes d’audition sont nombreuses. Il est très intéressant de constater que les entreprises adhèrent à cette initiative. Cela nous conforte dans notre idée que cette reconstitution a du sens", se félicite Anne-Sophie Romagny auprès de WanSquare. Il faut dire aussi que, selon la direction générale des entreprises, la France a perdu pas moins de 82 usines sur les six premiers mois de l’année 2025, contre seulement 44 ouvertures, quand au second semestre 2024, Bercy avait dénombré 61 ouvertures de sites industriels, pour 60 fermetures. Et pas une semaine ne passe sans qu’une entreprise n’annonce sa mise en liquidation.
Etrangement aussi, cela faisait des années que le Sénat ne s’était pas penché officiellement sur le sujet. Certes, la Commission des affaires économiques, présidée par Dominique Estrosi Sassone, ou la délégation sénatoriale des entreprises pilotée par Olivier Rietmann, sans compter les différentes commissions d’enquête, abordent régulièrement cette problématique, mais un groupe d’études spécifique n’existait plus depuis des années, la dernière réunion datant de la fin des années 2010. "Dès mon élection en septembre 2023, j’ai discuté avec mon président de groupe, Hervé Marseille, le président du Sénat, Gérard Larcher, pour reconstituer le groupe d’études. En effet, les dossiers de défaillances progressent dangereusement, les entreprises souffrent malgré la politique de réindustrialisation et du fait d’une compétitivité internationale féroce. Aussi, il me semblait nécessaire qu’un groupe de travail ad hoc travaille plus en profondeur sur ce pan essentiel de l’activité économique et de notre souveraineté nationale, d’autant que l’on voit qu’avec l’instabilité réglementaire (aussi au niveau européen) et gouvernementale, le monde économique est complètement perdu ", explique la sénatrice.
Si toutes les entreprises ne pourront pas être auditionnées, une rencontre est prévue pour l’instant une fois par mois, avec des axes de travail déjà bien définis. "Sous l’angle de l’emploi et des compétences dans nos territoires, la stratégie nationale du ‘Fabriqué en France’, la question du commerce international, le financement de l’innovation, les mécanismes de production, mais aussi la transition énergétique avec les problématiques de décarbonation, le prix de l’énergie, l’économie circulaire, l’éco-conception, etc. Tout ce qui relève de la compétitivité et de l’avenir de notre industrie en résumé ", énumère-t-elle.
Les travaux seront menés en concertation avec la Commission des affaires économiques et devraient aboutir à des recommandations, voire des propositions de loi. "Notre objectif est de travailler les dossiers en profondeur afin d’aider le gouvernement à prendre les bonnes décisions, de manière à pouvoir accompagner une politique industrielle acceptable, acceptée, partagée et cohérente pour les entreprises ", conclut Anne-Sophie Romagny.
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