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Iran; Moyen-Orient; cours

Macro-économie / Taux / Baril / pétrole / OPEP

Macro-économie / Taux
Baril / pétrole / OPEP

Le baril tient le coup pour l’instant / Une hausse durable des cours pourrait compliquer la tâche des banquiers centraux

L’or noir n’a pas attendu le regain de tensions entre Israël et l’Iran pour s’apprécier, le cours du Brent grimpant de 18 % depuis début juin. Pour autant il ne s’est pas subitement apprécié suite aux évènements de ces derniers jours. Reste à savoir si le mouvement haussier perdura ou non et ce en dehors de toute spéculation concernant le détroit d’Ormuz.
Plateforme pétrolière. Photo de Federico PARRA / AFP
Plateforme pétrolière. Photo de Federico PARRA / AFP

Après la détente, le retour des prix élevés. Tout en restant à bonne distance de la barre symbolique des 100 dollars le baril, voilà que le cours du brut est allé jusqu’à 80 dollars la semaine passée là où il était encore aux alentours des 60 dollars au début du mois de mai. La moindre incertitude supplémentaire est dès lors susceptible de faire grimper un peu plus les prix.

Une rhétorique défendue par Gregor MA Hirt, Global CIO Multi Asset chez Allianz Global Investors, lequel anticipe que "les prix du pétrole pourraient se maintenir dans une fourchette de 80 à 100 dollars le baril". Il insiste cependant sur le fait que certains risques géopolitiques soient déjà pris en compte par le marché. Sa principale inquiétude demeurant que peu importe les causes, il s’avère qu’une "période prolongée de hausse des prix du pétrole ajouterait un nouveau vent contraire potentiel à la croissance mondiale, en aggravant les effets des tensions commerciales et des négociations tarifaires en cours ".

 

Dos rond

 

Le spécialiste détaille également les capacités de résilience de chacun des grandes économies. Il expose que les différents pays de l’Union européenne détiennent près de 90 jours d’importations nettes moyennes, là où les États-Unis ne possèdent qu’environ 20 jours de demande de pétrole – une faiblesse compensée par une plus grande indépendance sur le plan énergétique – et en ce qui concerne les estimations des stocks chinois il est rapporté qu’ils seraient de l’ordre de 30 jours d’importations.

De précieuses réserves pour faire face à un choc sur le marché pétrolier, la perturbation du détroit d’Ormuz tenant la corde pour l’heure. Pour autant tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, Gregor MA Hirt martelant qu’une "hausse durable des prix du pétrole mettrait à rude épreuve les chaînes d’approvisionnement mondiales et raviverait les pressions inflationnistes, en particulier dans les économies dépendantes de l’énergie". La Chine étant particulièrement exposée au Moyen-Orient, d’où provient près de 30 % de son pétrole, et à la moindre perturbation. Là où l’Europe est moins dépendante de cette région du monde et où les États-Unis semblent à l’abri d’un embrasement de la région.

 

Bâton dans les roues


Le retour du baril à ses niveaux de début d’année n’est en pas jugé indolore pour autant, Bruno Cavalier, chef Économiste chez Oddo Bhf, arguant qu’une "tension plus prononcée (sur les cours du pétrole ndlr) pourrait compliquer la tâche des banques centrales, surtout de la Fed". Il faut dire que les différents d’instituts d’émissions s’échinent déjà suffisamment à faire rentrer l’inflation dans son lit, pour ne pas avoir besoin d’un nouvel élément perturbateur.

Une lueur d’espoir est cependant rapportée par Tamas Varga, analyste chez PVM Oil. Reprenant les chiffres d’Energy Intelligence, il avance que "l’OPEP + dispose d’environ 6,75 millions de barils par jour (mbpj) de capacité de réserve ajustée, une production qui pourrait être mise en service dans les 30 jours et maintenue pendant au moins trois mois". La seule faiblesse dans cette capacité salvatrice pour l’offre d’or noir réside dans sa dépendance au Moyen-Orient avec près de 80 % de la capacité associée qui y est installée. De quoi limiter la capacité à prendre le relais en cas d’embrasement de la région, néanmoins si tout se passe pour le mieux nous devrions voir prime de risque actuel "s’éroder progressivement, ce qui pourrait faire passer les prix du pétrole sous la barre des 70 $ le baril au cours de la deuxième moitié de l’année, surtout si un excédent d’offre se matérialise, comme prévu".

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